THE BEACH BOYS – Surf’s Up Dernier sursaut

8 février 2012 Eric 6

(Brothers / Reprise 1971) Nombreux sont ceux qui considèrent Pet Sounds des Beach Boys comme le meilleur album de tous les temps. On ne partage pas cet avis (voir ici) mais ce n’est pas pourtant qu’on a une dent contre la fratrie d’Hawthorne. Lorsqu’on parle de Pet Sounds, il est souvent amusant de constater que parmi ceux qui s’offusquent quand on critique la vache sacrée symphonique de Brian Wilson, nombre d’entre eux connaissent très mal la discographie du groupe. On les comprend : entre 1962 et 1966, sous l’impulsion de leur leader à demi-sourd, les Beach Boys ont sorti plusieurs albums par […]

PAUL McCARTNEY – Ram Admirable

29 juillet 2010 Eric 7

(Apple 1971) Nous sommes en 1971. Les Beatles ont splitté depuis un an, George Harrison et John Lennon viennent d’obtenir un certain succès critique avec leurs premiers albums solo post-Beatles (All Things Must Pass et Plastic Ono Band). Celui de Paul McCartney s’est méchamment ramassé, éclipsé par la sortie quasi-simultanée de Let It Be (avril 70 pour McCartney, mai 1970 pour l’ultime album des Beatles). Après 15 années de collaboration fructueuse avec Lennon, Paul éprouve toujours des difficultés à écrire en solitaire – ou à se convaincre qu’il l’est, car certains de ses morceaux avec les Fab Four étaient déjà de son […]

GRAHAM NASH – Songs For Beginners Une certaine idée de l’élégance

12 octobre 2009 Rémi 0

(Atlantic ; 1971) Archétype du songwriter de pop classieuse, Graham Nash est à notre époque relativement peu considéré. Il a cependant écrit (en solo ou dans les groupes auxquels il participait) pléthore de morceaux prodigieux. Sa carrière a connu une accélération extraordinaire et un point d’orgue au tournant des décennies 1960-1970, après son départ des Hollies en 1968 pour former avec David Crosby et Stephen Stills (puis Neil Young) les groupes qui seront considérés comme des porte-drapeaux du mouvement hippie : Crosby, Stills & Nash, puis Crosby, Stills, Nash & Young. Graham Nash avait pour lui une élégance rare, un timbre de voix aisément […]

The WHO – Who’s Next Pour en finir avec le jugement des vieux...

28 avril 2008 Rémi 50

(Polydor 1971)   Comment la décennie 1970 allait-elle se passer pour les Who ? Le groupe le plus bruyant d’Angleterre pendant les années soixante, qui avait laissé pendant quelque temps les attributs mods de leurs débuts pour adopter la mode psychédélique (comme le monde entier en 1967, et la France en 1975), devait se renouveler. Après le succès de l’ambitieux Tommy – dont on ne rappellera jamais assez qu’il n’est pas le meilleur album du groupe (cf. par exemple The Who Sell Out), les Who sont passés au rang de superstars. Ayant compris – il n’avait pas le choix – que son groupe […]

ALICE COOPER – Killer Epique

15 mars 2008 Eric 3

(Warner 1971) Alice Cooper apparaît en 2008 comme un vieux type bedonnant, aux yeux maquillés à la façon d’oncle Fétide, portant un marcel filet de pêche, un cycliste noir et la cape de Dracula. Et il chante du heavy metal lourdingue. Il est grand temps de mettre fin au cliché. N’oublions pas qu’avant de devenir ce croque-mitaines de carnaval, Alice Cooper n’était pas un chanteur, mais un groupe : The Alice Cooper Band. Bien sûr, celui qui s’appelait jadis Vincent Furnier était déjà spectaculaire sur scène, avec ses pythons, sa guillotine et sa tenue théâtrale, mais ce qui faisait parler avant toute chose […]

DASHIELL HEDAYAT – Obsolete Sans équivalent en France

4 février 2008 Rémi 15

(1971, Shandar) De ce disque devenu légendaire, tout a déjà été dit, ou presque… La galette originale, qui propose quatre pistes seulement, fut sortie sous une pochette gaufrée rose par le label Shandar, dont les notes indiquent : « Warning : this record must be played as loud as possible, must be heard as stoned as impossible and thank-you everybody ». Derrière le pseudonyme de Dashiell Hedayat se cache en réalité Daniel Théron – écrivain contemporain plus connu sous un autre de ses pseudonymes, Jack-Alain Léger. Dashiell Hedayat a affirmé à tous ceux qui voulaient l’écouter que Gong n’avait pas un […]

CAN – Tago Mago Incontournable

18 octobre 2007 Rémi 0

(Spoon 1971) CAN était un groupe allemand (sans doute le plus célèbre du mouvement Krautrock) qui a livré au début des années 1970 quelques disques prodigieux : ce Tago Mago, mais aussi Ege Bamyasi et Future Days (dont l’intro de la chanson-titre a été allègrement pillée par Air sur Moon Safari). Pour composer et enregistrer ses morceaux, le groupe s’enfermait en studio pour une durée indéterminée ; puis, en s’appuyant sur un début de mélodie ou sur un rythme prédéfini, le groupe se lançait dans de longues improvisations : le travail de découpage et de sélection était fait dans un second […]

CAPTAIN BEEFHEART – Lick My Decals Off, Baby Oubli réparé

27 avril 2007 Rémi 2

(1971 – Straight Records) John Peel : « If there has ever been such a thing as a genius in the history of popular music, it’s Beefheart. » Alors que certains chantent les louanges de Trout Mask Replica sans l’avoir écouté, et que d’autres (bien qu’il ne connaissent aucun artiste de Post-War Blues) affirment vénérer Safe As Milk, personne ne vante jamais les mérites de Lick My Decals Off, Baby, un disque presque totalement oublié, mais néanmoins excellent. Apparemment, ce disque n’est pas hype, ce qui semble parfois l’aspect primordial de certaines chroniques musicales1. Pour l’enregistrement de cet album, Don Van Vliet s’entoure […]

BLACK SABBATH – Master of Reality Lourd et efficace

11 mars 2007 Rémi 5

Sortie UK 1971 (Vertigo)  Black Sabbath est un groupe anglais, formé à Birmingham en 1969 par Ozzy Osbourne (chant), Tony Iommi (guitare), Terry ‘Geezer’ Butler (basse) et Bill Ward (batterie), qui est resté plus célèbre à cause du folklore et des légendes qui ont entouré la groupe que grâce à la musique. Le groupe, dont le chanteur est encore l’un des plus déjantés de l’histoire du rock, fut accusé de satanisme et même poursuivi en justice (après les suicides de quelques adolescents pendant les années ’70 aux Etats-Unis)… Le folklore sataniste, qui a apporté au groupe une immense publicité, a […]

GONG – Camembert Electrique De la planète Gong

6 avril 2006 Rémi 14

(BYG Records, 1971) « Bonsoir, c’est une émission planète Gong par Radio Gnome Invisible direct de la planète Gong »; ainsi commence Camembert électrique, qui fut sorti à la fin de l’année 1971 par Gong, le groupe de l’australien Daevid Allen (attention, ce disque a changé la vie de 100% des chroniqueurs de disques de ce site). Au début des années soixante, après un séjour de quelques mois à Paris -en compagnie de William Burroughs et d’Allen Ginsberg-, Daevid Allen prit la direction de l’Angleterre. Il trouva pour se loger une chambre dans la maison de la famille Wyatt. Le jeune fils, un […]

GONG – Continental Circus Décoiffant

5 juin 2005 Eric 0

(Philips 1971) Cet album n’en est pas vraiment un. Bande originale d’un documentaire de Jérome Lapperousaz sur le « Continental Circus », course de motos itinérante faisant le tour des circuits d’Europe, ce disque est composé de quatre pistes dont deux morceaux originaux (les deux autres sont des extraits du film et une version instrumentale du morceau « Blues For Findlay »). Cet album est resté dans les mémoires pour plusieurs raisons : d’abord, il s’agit du premier disque officiel de Gong (l’excellent Magick Brother, premier album de Daevid Allen après son départ de Soft Machine était signé Daevid Allen & Gilli Smyth et […]

QUINCY JONES – Dollars $uperbe

22 mai 2005 Eric 0

(WEA 1971)  La bande originale de Dollars délivre quelques perles. Le premier morceau « Money is » chanté par un Little Richard en grande forme envoie quelques breaks bien sentis, portée par une ligne de basse fiévreuse, un piano virevoltant et des trompettes omniprésentes. Plus loin, « Red Eye Running Train » propose un duel basse/violon époustouflant d’intensité et de beauté pour évoquer un train lancé à plaine vitesse. Efficace. La tension monte jusqu’à l’explosion lors de ce superbe morceau qui envoie la country vers de nouveaux horizons. En huitième position, Little Richard revient s’égosiller sur un « Do it – to it » très rockabilly mais dispensable […]