ADAM GREEN. Live Paris, La Maroquinerie - 14 avril 2008

Qu’on aime ou pas certains de ses albums, il est impossible de résister au charme d’Adam Green lorsqu’il monte sur scène. Dans la foulée de son dernier album schizophrène – 50% show à l’américaine, 50% ballades acoustiques immaculées – le crooner de l’improbable a monté un spectacle à la fois touchant et hilarant.
 

Vêtu d’un sweat-shirt noir orné de franges argentées façon Ozzy Osbourne, Green a offert le 14 avril dernier un show mémorable aux spectateurs extatiques du Trabendo. Accompagné de son groupe habituel – Steven Mertens à la basse, Nathan Brown au clavier, Chris Egan à la batterie, Jon Wiley à la guitare – augmenté de deux choristes noires en tenue légère, Adam Green a tout d’abord mis évidence la qualité des morceaux de Sixes & Sevens en ouvrant sur  un « Festival Song » tonitruant.

La suite ne fut qu’une longue série d’enchantements, Green alternant morceaux récents et plus anciens en dressant une set-list proche de la perfection, enchaînant les morceaux les uns aux autres avec des transitions audacieuses et en refusant la facilité. Les meilleurs passages de Sixes & Sevens ont été bien accueillis (« Getting Led », « Homelife », « Leaky Flask », la géniale « You Get So Lucky » et même les décriées « Midnight After Midnight » et « Broadcast Beach » irrésistibles lorsqu’Adam Green y ajoute sa dimension de showman décalé et ses chorégraphies improbables), tandis que ses tubes ont déclenché une vague d’enthousiasme débordante (« Bluebirds », « Gemstones », « Emily », « Dance With Me », « The Prince’s Bed », « Hollywood Bowl », l’immense « Chubby Princess », le fabuleux « Friends Of Mine » ou encore « Carolina »…pfff la liste est longue).

A l’aise sur ses morceaux les plus festifs, Adam Green touche au génie quand il se présente seul avec sa guitare pour livrer ses ballades acoustiques. « Tropical Island », « Losing On A Tuesday » et les désormais classiques « Mozzarella Swastikas » (une des meilleures chansons de l’histoire de l’humanité), « Can You See Me », « Hard To Be A Girl », « I Wanna Die » ont fait frémir le public au plus profond de leur être. On reste plus circonspect quant à la présence incongrue de la petite amie du chanteur (qui a bien eu du mal à garder le tempo et à chanter juste)  sur « Drowning Head First ».

Certains idiots ont passé la soirée à crier « Jessicaaaa ! » entre les morceaux – à notre irritation. Adam Green les a superbement ignorés tout au long de la soirée. Au final, ce morceaux mineur mais populaire n’aura pas été joué (ni la reprise de « What A Waster » ou « It’s A Fine »), mais le concert, long d’une trentaine de chansons, n’en aura été que meilleur. Un grand moment.

  

Adam Green – Mozzarella Swastikas :

 

P.S. : un petit mot sur la première partie assurée par le folkeux Turner Cody. Cet artiste mérite qu’on aille fouiner dans les rayons d’un disquaire. Son set d’une vingtaine de minutes nous a enthousiasmé, son timbre rappelant Neil Young et son humour contagieux en font un artiste dont on reparlera à coup sûr. 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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