THE ENEMY – We’ll live and die in these towns 21st Century Rubbish

(Warner 2007)

* Préambule *  Régulièrement, l’hebdomadaire britannique NME (New Musical Express) s’enthousiasme pour un groupe médiocre, de façon aussi spectaculaire qu’injustifiée. Il y a quelques années, le lamentable groupe The Music a bénéficié de ce traitement de faveur avant de replonger dans un juste oubli, après deux albums honteux. Cette année, c’est un nouveau groupe, The Enemy (dont l’opportunisme et l’originalité dans le choix du nom laissent encore rêveur), qui a profité de ce matraquage médiatique.

Côté musique, pas grand-chose à dire : une rythmique post-Franz Ferdinand sans imagination, une voix juvénile et nasillarde qui surnage péniblement au-dessus des guitares tout juste assez aiguisées pour éviter de classer le groupe dans la catégorie Rock FM, mais qui restent le plus souvent désespérément inoffensives. Reconnaissons tout de même une qualité à ce disque : placée en quatrième position du disque, la chanson « Had Enough » traduit bien le sentiment de l’auditeur à ce moment de l’album . Néanmoins, professionnalisme oblige, on laisse le disque tourner… On en est vite récompensé : la chanson-titre (pour ceux qui ne suivraient pas, il s’agit de « We’ll live and die in these towns ») résume parfaitement le style du groupe. Le morceau est en effet aussi ambitieux que raté : trompettes, violons, carillons, guitare acoustique, chœurs larmoyants ; rien ne nous sera épargné… La voix baignée d’écho nous balance en sus des paroles de réconfort « we’ll live and die / we’ll live and die in these towns / don’t let it drag you down / don’t let it drag you down ». Nouvel exploit pour le morceau suivant, « You’re not alone », qui parvient à être encore plus mauvais ; on pense à du sous-Kings of Leon qui joueraient une mauvaise chanson, un jour où leur chanteur serait resté coincé dans la salle de bain et où leur batteur aurait été remplacé par une boite à rythme des années 80.
 
Arrive enfin le single qui a lancé le raz-de-marée médiatique au début de cette année, « It’s Not OK » : le morceau aurait pu être réellement excellent (bon, peut-être pas « excellent », mais en tout cas meilleur que les autres). La chanson est énergique, le riff de guitare intéressant… Pourtant, la production générale (la piste est trop longue, la voix ne ressemble à rien, etc.) et le populisme des paroles (on se souvient d’un Dominic Masters assez doué dans ce domaine) parviennent assez rapidement à rendre ce morceau insupportable. Avec le disque qui avance, il devient de plus en plus difficile de ne pas se lever et l’envoyer par la fenêtre. Les morceaux rivalisent d’inanité : « Technodance Phobia » et « 40 days & 40 nights » sont moins que médiocres ; elles sont mauvaises. Quant à « This song » et à « Happy Birthday Jane », ce sont probablement les ballades les plus gonflantes de l’année. Au second degré pourtant, les paroles du dernier morceau sont extraordinaires et nous rappellent que les chanteurs français ne sont pas les seuls à écrire des textes aussi plats que le dos de la main : « Good Morning Jane, Happy Birthday once again. / What would we do / What would we do without you, without you ? / Wake up, the sun is shining / shining for you / to take all your troubles away just for a day / to take all your troooooubles away just for a dayayayayay / for a dayayayay ». Ajoutez à ces textes brillants une voix (au lyrisme à peine exagéré) noyée dans un écho lourdingue, des kilomètres de violons et des chœurs en « whoooooohoooooooo », vous obtiendrez une des pires chansons de l’année (ce qui fait tout de même une bonne raison de l’écouter). 
 

* Conclusion *   The Enemy est un groupe sans âme, qui n’a pas d’autre but que celui de devenir le nouveau U2 ; ceci apparaît particulièrement lamentable pour un groupe qui vient de sortir son premier album, et dont les membres n’ont pas vingt ans. The Enemy est au rock britannique contemporain ce que Offspring est au punk-rock californien : une mauvaise blague qui fatigue.

 

 

Liste des chansons :

1. Aggro
2. Away From Here
3. Pressure
4. Had Enough
5. We’ll live and die in these towns
6. You’re not alone
7. It’s not OK
8. Technodance Phobia
9. 40 days and 40 nights
10. This Song
11. Happy Birthday Jane

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

5 Comments

  1. J’avais pas spécialement prévu d’être gentille avec ce groupe… mais j’avais pas non plus prévu de le saquer comme ça… C’est sûr que euh… C’est pas le disque de l’année, « Had enough » est super laide, y en a une encore pire qui ressemble à du A-Ha, j’en passe et des meilleures…
    Par contre, la première est pas mal dans le sens où il s’agit d’un succédané plutôt correct de « Lyla »…

  2. The Offspring a sorti son lot de bonne chansons qd même ! « Come Out And Play » / « Self Esteem » et « The Kids Aren’t Alright » (moins bonne celle la) faut pas le nier 🙂

    Apres oui le reste c’est de la daube mechante !

  3. Je viens de découvrire cette catégorie de chroniques assez marrantes que je trouve très intéressante et qui me permet de découvrire des groupes dont je ne connais que de nom (ou peut-être une chanson entendu distraitement a la radio… et dont je ne regrette pas de ne pas avoir dans ma disquoteque XD). En écoutant Had Enough, le début est presque le même que Bank Holiday Monday de Stereophonics aussi sorti en 2007, lol. Pas non plus un album memorable, bien qu’il y a des chansons que j’apprécie.  Je l’ai mis en morceau préféré si vous voulais comparer, lol.

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