RADIO MOSCOW – Radio Moscow Le retour du blues

(Alive 2007)

L’Amérique du rock regorge de bonnes surprises. Alors que l’Angleterre traverse une phase d’uniformisation désespérante (tous à faire de la new-rave avec le chauffage de dancefloor comme seul objectif), son vieux rival nord-atlantique se renouvelle sans cesse. L’immensité des USA est son salut. Loin des grandes villes et des scènes surexposées, des jeunes gens sans avenir font vivre la musique de la terre dans des coins reculés. Dans la grisaille de Detroit, au fin fond du Texas (Black Angels), dans la rudesse du Nebraska (Brimstone Howl) ou au beau milieu de la Géorgie (Black Lips), une musique intemporelle refuse de mourir. Il y aura toujours du blues et du rock’n’roll pur jus aux Etats-Unis.

Radio Moscow viennent de l’Iowa, Ames pour être précis, ils n’ont pas 20 ans et semblent détenir les clefs du temple blues. Leur musique rustre respire le terroir, leur blues est radical, à l’image des premiers White Stripes ou Black Keys. Le hasard n’existant pas dans ce bas monde, c’est à l’issue d’un concert de ces derniers que le guitariste/bassiste/batteur/chanteur Parker Griggs a donné une démo au guitariste Dan Auerbach. Impressionné, ce dernier a décidé d’enregistrer le jeune homme dans son propre studio. De là à voir en cela un passage de témoin entre deux générations de bluesmen…

Sur Radio Moscow, Parker Griggs joue de tous les instruments, à l’exception de la basse, tenue par Luke Duff. Sur scène, il cache sa frimousse de teenager élevé au McDo derrière une longue chevelure qui lui recouvre entièrement le visage. Il ne se découvre que pour chanter, c’est-à-dire très rarement, l’essentiel du répertoire du groupe étant instrumental. Attention ! On n’imagine pas un seul instant passer disque en musique de fond : Radio Moscow est un groupe explosif aux racines zeppeliniennes, un power trio à la Cream. L’addition du batteur des Gore Gore Girls pour l’exercice scénique en fait un groupe dynamite.
 
Griggs cache sa timidité derrière un jeu de guitare virtuose : changements de tempo surprenants, rythmique groovy, bottleneck à tout va, soli héroïques. Avec lui, la notion de guitar hero reprend tout son sens. Il insuffle à Radio Moscow un son heavy metal 70s monstrueux qui n’hésite pas à vagabonder dans des territoires psychédéliques. L’album oscille ainsi entre blues roots («Lickskillet », qui n’est pas sans rappeler les White Stripes reprenant Son House) ou blues au groove puissant (« Luckydutch » ), hard rock aux contours blues («Whatever Happened », « Mistreated Queen »), blues psychédélique façon Cream (« Frustrating Sound »). Bref, du blues, du blues, du blues.

 

 

Tracklisting

1. Introduction
2. Frustrating Sound  *
3. Luckydutch  *
4. Lickskillet
5. Mistreating Queen  *
6. Whatever Happened
7. Timebomb
8. Deep Blue Sea
9. Ordovician Fauna
10. Fuse 

Le Myspace du groupe : www.myspace.com/radiomoscow

 

Vidéos :

« Mistreated Queen »

 
« Frustrating Sound »
 

 

Vinyle :

Comme c’est souvent le cas chez Alive Records, la pâte de l’album est colorée.

Radio Moscow - Radio Moscow

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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