THE BELLRAYS – Hard, Sweet & Sticky Inégal

(2008)
 
En cette période de déprime musicale où, pour ne rien arranger, la Bretagne semble avoir imposé son climat au reste de l’hexagone, l’arrivée d’un nouvel album des BellRays est une nouvelle qui rassure. En effet, les groupes qui apparaissent en ce moment ont une certaine tendance à puer des pieds, et les groupes connus se déchirent lamentablement en sortant des disques inaudibles1. Dans ce contexte, on attend beaucoup de ce disque des BellRays.
 

Depuis une bonne dizaine d’année, les BellRays, emmenés par leur incroyable chanteuse Lisa Kekaula, enchaînent les enregistrements de morceaux rock sans compromis. En 2002, leur morceau « Fire On The Moon » leur avait valu un succès relatif. Le groupe avait pour habitude d’enregistrer des morceaux d’une énergie folle, mais avait aussi parfois tendance à oublier de composer des chansons. Pour ce Hard, Sweet & Sticky, les choses sont différentes : le groupe a clairement ralenti le tempo ; et les premières chansons n’ont rien d’extraordinaire : sur « The Fire Next Time » et « Infection », la batterie sonne presque comme sur les albums de Bloc Party, ce qui n’est pas un compliment. Après quelques premières secondes d’introduction – à peine – lourdingue, « The Same Way » devient une chanson quelconque, plus proche de ce que pourrait être un mauvais morceau des Detroit Cobras que du style des BellRays. La ressemblance avec le groupe de Rachel Nagy est encore frappante sur les deux ballades « Footprints on the Water » et « Blue Again The Sky », deux chansons agréables, mais qui ne suffisent pas à masquer un début d’album qui n’est pas loin d’être complètement raté… A moins de vénérer les solos de guitares estampillés seventies, l’écoute de « Coming Down » sera sans doute douloureuse.

Heureusement, Lisa Kekaula est toujours l’extraordinaire chanteuse qu’elle était ; ses performances vocales sont hallucinantes du début à la fin du disque… L’amateur des BellRays regrettera seulement que le groupe ait voulu rendre cela évident en enregistrant des ballades où leur chanteuse montre l’étendue de son immense talent (sur « Wedding Bells », par exemple), plutôt que des morceaux rock. Après un début d’album aussi faible, la suite est légèrement mieux : les deux chansons où le groupe se décide à jouer du rock restent ainsi comme deux bons moments de l’album (« Psychotic Hate Man » et « Pinball City », pas les meilleurs morceaux de l’histoire, mais bon…). « That’s not the way that it should be » est aussi une bonne chanson, qui possède un riff de guitare puissant, sur laquelle le groupe se montre solide et impliqué, et où Lisa Kekaula survole le tout avec une classe extraordinaire.

Hard, Sweet & Sticky est un album inégal, très différent des productions antérieures des BellRays, qui ont fait évoluer leur son de façon surprenante et radicale. Certains morceaux du disque sont excellents, d’autres sont franchement inutiles… On attendait mieux de ce groupe.

  

 

Liste des chansons :

1. The Same Way
2. One Big Party
3. Infection
4. Coming Down
5. Footprints On Water
6. Blue Against The Sky
7. Psychotic Hate Man *
8. The Fire Next Time
9. That’s Not The Way It Should Be *
10. Wedding Bells *
11. Pinball City *

1 Cette remarque n’inclut pas les intouchables Coldplay, qui ont sorti cette année un nouvel album prodigieux et révolutionnaire, Viva Zapata or Bono and all his friends.

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

4 Comments

  1. Un album qui m’a furieusement donné envie de remettre les deux derniere productions de Nathaniel Mayer (monsieur Village of Love). Semblablement agréable par le son (un alliage assez fin de rock garage et de voix soul/funk), et ce de bout en bout, mais infiniment inferieur par les compositions, l’album des Bellrays fait office d’erzatz innutile quoi que jamais déplaisant.
    Alors écoutez « I Just Want to Be Held » et « Why Don’t You Give It to Me » et laissez tomber les jeunes. Même si c’est du gachi ils n’auront qu’à s’en prendre à eux mêmes.

  2. Taper sur les bellrays ne sert à rien. On pouvait aisément deviner le virage abordé sur cette album depuis l’avant dernier. Déja, juste avant la sortie de celui-ci, le départ du guitariste Tony Fate était un (mauvais ?) signe de changement. C’est lui qui semblait apporter le plus de radicalisme sonore au groupe. Cela se vérifie, malheureusement. Reste que le groupe demeure une putain de machine de scène à ne louper sous aucun prétexte.

  3. Ce qui est sympa avec les Bellrays c’est qu’ils étaient un groupe de rock-punk de seconde zone et qu’en changeant de style ils sont restés dans la même zone 🙂
    Je le trouve bien moi, ce disque. Sans plus, mais pas désagréable en guise de musique de fond quand on reçoit du monde (j’ai testé mardi soir). Et puis les chansons les plus soul sont de toute façon moins insupportables que du Duffy (même si elles le sont quand même un peu, ok, vous avez remarqué ? Les rockers ne connaissent apparemment que deux albums de « soul » – et encore il y en a un de Sam Cooke… – qu’ils déclinent à l’infini…)
    D’un autre côté je n’ai jamais attendu autre chose des Bellrays qu’un album sympa avec quatre bonnes chansons tous les trois ans, plus deux concerts excitants et on oublie tout. Pas sûr qu’il faille en attendre beaucoup plus…

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