THE BLUES MAGOOS – Psychedelic Lollipop Sucreries garage

(Mercury 1966)

…ou comment enchaîner un des morceaux garage les plus percutants qui soient (« (We Ain’t Got) Nothing Yet ») avec une ballade sentimentale d’une mièvrerie dégoulinante. Tout le paradoxe des Blues Magoos est résumé dans les deux premiers morceaux de ce Psychedelic Lollipop. Après un morceau au son superbe et à la mélodie envoûtante (dont Deep Purple s’est fortement inspiré pour écrire un de ses plus gros tubes, « Black Night »), le groupe lance une ballade plate (au son horriblement daté aujourd’hui) digne des sucreries de Gerry & The Pacemakers. Ce fait, assez récurrent chez les disques garage sixties, provient du fait que les groupes (et surtout leurs managers) essayaient toujours de trouver un angle apte à s’attirer un public féminin.
 

Psychedelic Lollipop est donc une drôle de montagne russe ou s’alternent morceau emballants et ballades pop larmoyantes. Cette deuxième catégorie de morceaux est totalement insignifiante tout au long de l’album qui ne brille que lorsque le groupe joue du rock’n’roll. « (We Ain’t Got) Nothing Yet », cette reprise inspirée de « Tobacco Road », « I’ll Go Crazy » sont aujourd’hui des classiques garage, présents dans de nombreuses compilations, grâce à la vitalité et la fraîcheur avec laquelle ils sont interprétés. Dans un registre plus pop, « Gotta Get Away » est un morceau d’une évidence incroyable, qu’on se retrouve à siffloter quelques minutes seulement après sa première écoute. Les Blues Magoos avaient un talent fou.

Sur certains morceaux, le son de clavier Farfisa et l’interprétation du chanteur Ron Scala apparentent le groupe aux Animals, mais aussi aux Doors, groupe qui ne sortit son premier album que l’année suivante. Si « Worried Life Blues » n’a pas la profondeur d’un « Soul Kitchen », il est indéniable que ce morceau préfigurait des choses à venir. Le titre de l’album n’est-il pas un des premiers (après les 13th Floor Elevators) à porter la mention psychedelic ?

Avec ce Psychedelic Lollipop contenant des morceaux imparables tels que « She’s Coming Home », les Blues Magoos se sont assurés une place dans le panthéon de rock garage des années 60. Leur deuxième album, Electric Comic Book, épuré de ces ballades sans intérêt, est encore meilleur, même s’il ne contient aucun tube du niveau de ce « (We Ain’t Got) Nothing Yet » immortel.

 

 

Tracklisting

1. (We Ain’t Got) Nothin’ Yet  *
2. Love Seems Doomed
3. Tobacco Road  *
4. Queen of My Nights
5. I’ll Go Crazy
6. Gotta Get Away  *
7. Sometimes I Think About
8. One by One
9. Worried Life Blues
10. She’s Coming Home  *

 

Vidéos : 

« (We Ain’t Got) Nothing Yet »

 
« Gotta Get Away »
 

 

Vinyle :

Blues Magoos - Psychedelic Lollipop

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. Argh! J’adore ce disque! Les Blues Magoos ont pour eux d’avoir réussi, à la différence de la plupart des groupes de la collection Nuggets, deux très bons albums!

    Je souscris complètement à ton point de vue : Electric Comic Book est meilleur que Psychedelic Lollipop mais sans qu’un morceau sorte du lot.

    Par contre gare au 3e opus Basic Blues Magoos assez quelconque (on est gentil) mais qui contient un morceau assez dément « Subliminal Sonic Laxative »… Ai-je besoin de traduire?

    ;-)))

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