BRING YOUR OWN POISON – The Rhythm Factory Sessions For fans only

(Snapper 2004)

Cette compilation, évidemment réalisée pour capitaliser sur la fulgurante ascension des Libertines, célèbre l’apogée de la scène punk londonienne en 2004. Bar insalubre de l’est de Londres, la Rhythm Factory se mue tous les weekend en club indie-punk. Les Libertines habitant à quelques pas de là, cette salle modeste est rapidement devenue le repaire de leurs concerts secrets et celui des groupes du coin. Ce disque sorti il y a deux ans était censé représenter l’avenir du punk britannique. Peu de groupes ont percé depuis, pour des raisons évidentes à l’écoute de ce disque : The Lams, The Rocks, Tigermoth, Electricity Comes From Other Planets sont juste mauvais. Les autres groupes s’en tirent mieux mais le son – digne d’un mauvais pirate – des enregistrements ne fait justice à personne. Art Brut est ici représenté par « Moving To LA », morceau excellent certes, mais loin de représenter le véritable visage punk du groupe.

Groupes protégés de Pete Doherty, les Paddingtons rament avec « Tommy’s Disease » tandis que Thee Unstrung beuglent plus qu’il n’est permis. Evidemment, la grosse affaire ici, ce sont les morceaux des Libertines. Le disque s’ouvre sur un « Up The Bracket » à peine différent des dizaines (et meilleures) versions live qui existent de ce morceau (tous les pirates du groupe sont gratuitement disponibles sur www.albionarks.com) mais qui satisfera le novice. Plus loin, la première mouture de Babyshambles interprète un « Killamangiro » encore en cours de développement (la chanson ici s’intitule « Kill A Man For His Giro » et ne possède pas la ligne de guitare particulière et le solo de Patrick Walden) tandis que Pete Doherty clôt l’album en solo avec une très belle version acoustique de « Back From The Dead ». Ces deux chansons étant inédites à la sortie de l’album, elle furent la motivation principale de son achat pour nombre d’entre nous (même si, là encore, de nombreux pirates existaient déjà). En chanson cachée se trouve un bonus de choix : les Libertines jouent « Another Girl, Another Planet » des Only Ones avec l’auteur et chanteur de la chanson, Peter Perret (certainement le meilleur moment du disque).

Quatre morceaux des Libertines (ou ex-Libertines) sont donc ici présents, cela révèle la supercherie de l’affaire qui consiste plus à surfer sur une vague qu’à véritablement fêter la nouvelle scène punk britannique ou même une salle en particulier. Le son particulièrement mauvais et la médiocrité de la plupart des groupes présents incite à déconseiller ce disque uniquement réservé aux fans absolus (et collecteurs) des Libertines. Plutôt maigre… belle pochette, néanmoins.

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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