THE MUGGS – On With The Show Le retour du Heavy Rock

(2008)

Ce disque est le deuxième album du trio de Detroit – autoproclamé « Ugliest band in the world »[1], qui est composé par Danny Methric (guitare, chant), Tony Denardo (basse) et Matt Rost (batterie). A l’origine, le groupe est formé en 2000, commence à enregistrer et à faire quelques concerts à Detroit, quelque temps avant la grande vague des groupes de la ville ne déferle sur la planète. Malheureusement pour les Muggs, le rendez-vous avec l’histoire va être remis à plus tard : le bassiste va en effet être victime d’un accident vasculaire cérébral : le groupe ne reprend son chemin qu’après la rééducation – qui aura duré deux ans au total. Tony Denardo joue maintenant ses parties de basse sur un clavier (à la manière de Ray Manzarek pour les Doors).

Un premier album remarquable[2], imprégné de blues, sort en 2005 (la prodigieuse chanson « Should’ve learned my lesson » était le point d’orgue du disque). Trois ans plus tard arrive enfin le second album du groupe, l’excellent On with the show. L’esprit qui habitait le premier album est toujours le même, les compositions sont excellentes, et le groupe fait preuve d’une maîtrise infaillible. Dans la veine du premier – et unique – album de Wolfmother, qui avait fait l’effet d’une bombe à sa sortie (en 2005), On with the show est un disque impressionnant. Ses onze pistes sont en effet d’une efficacité remarquable : marqués par les premiers albums de Led Zeppelin, de Black Sabbath, mais certainement aussi par ceux de Cream et de Deep Purple, le groupe livre ici des chansons rock implacables.

Le côté épique, qui est parfaitement assumé – notamment sur la chanson titre et sur « Somewhere down the line », appesantit parfois un peu les morceaux… Danny Methric est un guitariste extraordinaire, et nous le montre de façon ostensible. Si certains reprocheront peut-être aux Muggs de ne pas inventer grand-chose, il serait idiot de passer à côté d’un groupe qui livre des morceaux excellents de façon directe ; le trio sait parfaitement ce qu’il veut faire, et y parvient avec un brio déconcertant. L’intro de l’album est géniale : dès les premières mesures de Motown Blues, il est évident que ce groupe connaît son répertoire blues sur le bout des doigts… La construction se met rapidement en place : ligne de basse, guitare qui dessine des suites d’accords retenus, et la batterie qui assure le minimum, d’une frappe puissante de caisse claire. La voix égrène les paroles avec assurance: « It’s not what we’ve seen, it’s not what we’re shown, it’s the tunes we carry on, that make it home. » Le terrain est préparé pour l’explosion, qui arrive avec « Slow Curve », qui montre un groupe absolument dément.

The Muggs sont un groupe qui joue du rock’n’roll : simplement, avec talent et application. Tant pis pour les grincheux ou ceux qui trouvent quelque chose à redire : ce trio sait où il va. Les premières lignes de « Somewhere down the line » résument parfaitement la philosophie du groupe : « Say what you’re gonna say, it doesn’t matter ‘cos I feel I’m on my way ». Tant qu’il y aura des groupes aussi bons avec cette attitude, il y aura de l’espoir.   

 

 

Liste des chansons :

  1. Motown Blues *
  2. Slow Curve *
  3. Just another fool *
  4. All around you
  5. On with the show *
  6. Somewhere down the line *
  7. Curbside constellation Blues
  8. Down below
  9. Never know why
  10. Get it on *
  11. Motown Blues (reprise)

Pour découvrir The Muggs : www.myspace.com/themuggs

 

Vidéo :

« Slow Curve »

 

[1] Il est possible de voir dans ce surnom (le groupe le plus moche du monde) une référence aux Pretty Things, qui se présentaient comme « the Rolling Stones’ ugly cousins » (de façon plus prosaïque, on peut aussi considérer qu’ils sont seulement repoussants et conscients de cela).
[2] Quelques morceaux du premier album des Muggs sont disponibles en écoute et en téléchargement gratuit à la page Internet suivante : http://www.themuggs.com/music/

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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