THE VIEW – Which Bitch Ce mortel ennui

(1965 Records 2009)

Après une année 2007 où tout leur a réussi – gravissant les sommets des charts avec insolence, The View ont vendu des centaines de milliers d’unités de leur premier album -, il est temps pour les quatre jeunes écossais de Dundee de subir le contrecoup de leur exubérant succès. Hats Off To The Buskers, imparfait mais attachant soulevait déjà quelques interrogations quant à la capacité du groupe à sortir de son image de groupe post-Libertines juvénile. La sortie d’un deuxième album propose toujours la même équation classique pour tous les groupes dont le premier a touché le public : confirmation ou déception. Malheureusement pour The View, Which Bitch, sans être fondamentalement mauvais, tombe à chaque occasion dans les clichés auxquels on espérait voir le groupe échapper.

On espérait les voir s’affranchir de l’influence de Pete Doherty, The View pastichent BabyShambles dès qu’ils en ont l’occasion : avec « One Off Pretender » d’abord, qui contient une espèce de rap risible, « Temptation Dice » digne des Libertines de 2004, ou encore « Realisation ». On espérait voir le groupe proposer des morceaux power-pop énergiques comme ils en prodiguaient dans Hats Off To The Buskers (« Posh Boys », « Comin’ Down »), le groupe semble avoir oublié d’être punk. Les morceaux les plus énervés sont plutôt inoffensifs avec leur production rutilante (« 5 Rebeccas » le single insipide empli d’écho, ou « Glass Smash »), l’essentiel de l’album n’est qu’une succession de chansons pop grand public. On croise Paolo Nuttini au détour d’un morceau anecdotique décoré de cuivres jazzy (« Covers »), on s’ennuie ferme lors du morceau pop-rock mou « Give Back The Sun » et de cet « Unexpected » couvert de cordes dégoulinantes.

Le groupe réussit à surprendre une paire de fois néanmoins, lorsqu’il tente des choses inattendues, comme cette mini-symphonie « Distant Doublon », plus proche de Yann Tiersen que de Johnny Rotten, et qui possède un côté sympathique malgré son final pompier. Avec la ballade « A Gem Of A Bird », c’est sans doute le morceau de l’album qui possède la mélodie la plus immédiate, un des rares à sauver du naufrage.

Avec les moyens mis à sa disposition après le succès de son premier album, The View aurait pu tenter de faire un grand album de rock’n’roll, réveiller le rock britannique et perpétuer l’esprit punk. Hélas, le groupe, ayant goûté au succès, a choisi la voie facile, celle de la gloire immédiate et éphémère, celle d’une musique calibrée pour passer sur BBC Radio 1 et Virgin Radio.

Which Bitch n’est pas une grande déception car on s’attendait à ce que le groupe évolue dans cette direction. The View devraient connaître un certain succès avec cet album taillé pour les masses. En ce qui nous concerne, on continuera à se tourner vers les USA si on veut écouter du rock’n’roll.

 

 

Tracklisting

  1. Typical Time 2
  2. 5Rebbeccas
  3. One Off Pretender
  4. Unexpected
  5. Temptation Dice
  6. Glass Smash
  7. Distant Doubloon
  8. Jimmy’s Crazy Conspiracy
  9. Covers
  10. Double Yellow Lines
  11. Shock Horror
  12. Realisation
  13. Give Back The Sun
  14. Gem Of A Bird

On peut écouter quelques morceaux du groupe sur MySpace : www.myspace.com/dryburgh

 

Vidéo : 

« 5 Rebeccas »

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

3 Comments

  1. Oui c’est vrai je me remets à peine des disques de chez Alive Records : Buffalo Killers, Brimstone Howl, Black Diamond Heavies, Left Lane Cruiser (et j’attends ma commande du Hacienda…).
    Et j’ai reçu l’album de The Revellions : excellent !

    Donc forcément The View… Mais je pense que la palme du désastre ça va être les Von Bondies…

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