(Interscope 2009)

It’s Blitz ! donc… où l’histoire d’un disque au titre antinomique à son contenu dans lequel Yeah Yeah Yeahs abandonnent leurs instruments d’origine pour n’utiliser que claviers et autres batteries synthétiques. L’arrière-plan électro devant lequel Karen O chante durant tout l’album semble tout droit sorti des années 90 et brille par son manque d’imagination (à l’image de “Heads Will Roll”, sur lequel le groupe essaie de s’accrocher au wagon dance de Klaxons). Les morceaux, interminables, flirtent tous avec la barre des 4 minutes et s’enchaînent sans passion. La grandiloquence de certains prête à sourire (“Runaway”), le sérieux et l’application avec lequel Karen O en interprète d’autres est digne d’un contestant de la Nouvelle Star (“Soft Shock”, soit “Maps” revisité pour la énième fois par le groupe). Quand le groupe tente des grooves hypnotiques dans “Shame And Fortune”, il accouche d’un truc mille fois entendu, sans intérêt.

La seule chose qui ressemble à un morceau rock ici est “Dull Life”, qui rompt avec la léthargie du premier quart d’heure de l’album. Pas le morceau de l’année, mais le signe qu’il y a encore un peu de vie chez les Yeah Yeah Yeahs. Pour le reste, il n’y a plus que le nom du groupe qui ait encore quoi que ce soit de rock’n’roll ici. It’s Blitz ! se veut synthétique façon New Order mais tombe à plat… Le virage électronique du groupe, potentiellement intéressant, ne fonctionne pas.

Parmi les responsables de cette débâcle, citons le producteur Dave Sitek qui a eu l’idée de génie de demander au guitariste Nick Zinner de ne pas jouer de guitare sur l’album. On imagine qu’à l’écoute des premières démos il s’est dit “bon, ce disque est parti pour être pourri alors faisons en sorte que ce soit vraiment un désastre total, et voyons jusqu’où on peut repousser les limites de la laideur”. Se priver du jeu de Zinner est une décision qui devrait faire parler longtemps les fans outrés du groupe (s’il en existe, mais au vu des critiques élogieuses de la presse anglaise, il y a l’air d’en avoir pas mal). Voir un guitariste doué se faire honte au clavier est toujours désolant (les amateurs de Dylan en savent quelque chose).

Sur la pochette on peut voir une main casser un œuf. Sans vouloir faire de mauvais jeu de mot, cette photo représente assez bien l’effet que produit cet album sur l’auditeur. It’s Blitz ! est un album à oublier, de la part d’un groupe qui ne fut pertinent que le temps d’un album et de quelques EPs.

  

 

Tracklisting :  

1. Zero
2. Heads Will Roll
3. Soft Shock
4. Skeletons
5. Dull Life
6. Shame And Fortune
7. Runaway
8. Dragon Queen
9. Hysteric
10. Little Shadow

  

La vidéo de “Zero”