GRAHAM COXON – The Spinning Top Sérénité

(Transcopic 2009)

On se souvient avoir réellement découvert Graham Coxon à la sortie de son premier album solo en 1998, enregistré après l’album éponyme de Blur. Folk et acoustique, The Sky Is Too High nous faisait découvrait un auteur subtil, à la voix fragile et à la timidité non feinte. A l’époque Coxon s’essayait juste à l’exercice du chant (après un premier « You’re So Great » avec Blur qu’il n’avait réussi à extérioriser que complètement saoul). L’expérience aidant, Coxon a pris de l’assurance à chaque nouvel album solo au point de se construire une discographie admirable, qui tournait de plus en plus punk à chaque album.

Alors que Blur s’est brièvement reformé pour une poignée de concerts qui ont bouleversé les gens qui y ont assisté, The Spinning Top voit le guitariste à lunettes revenir au son de ses débuts en solo, folk et acoustique. L’album possède tous les ingrédients qui font les bons disques folk : une écriture inspirée, des instrumentations lumineuses, une interprétation sobre. A l’écoute de « Look Into The Light », « In The Morning » ou « If You Want Me »,  il apparaît que Coxon a du Nick Drake en lui (rien d’étonnant si on se souvient qu’il chantait en 1998 sur « I Wish » : « I wish I could bring Nick Drake back to life »). Ses arpèges cristallins et ses mélodies en mode mineur rendent la filiation évidente, les morceaux sont magnifiques.

Long de 15 morceaux (quasiment tous durant plus de 4 minutes), l’album pêche par sa durée, qui dépasse allègrement l’heure d’écoute. Si la qualité était constante, cela ne poserait pas de problème, mais après un début d’album idéal, la face B faiblit franchement, s’égarant dans une quiétude proche de la somnolence. Si quelques réussites comme « Humble Man » ou « Caspian Sea » maintiennent l’auditeur éveillé, on vous met au défi de tenir durant les 4 minutes de guitare espagnole de « Far From Everything » sans commencer à piquer du nez.

En vérité, tout aussi bon qu’il soit, le plus intéressant avec The Spinning Top concerne le timing de sa sortie. Alors qu’il vient récemment d’enrichir l’album solo de Pete Doherty de ses traits de guitare acoustique, et qu’il a retrouvé ses vieux comparses de Blur pour une tournée qui – on l’espère – débouchera peut-être sur une reformation complète du groupe, Graham Coxon a décidé de laisser tomber ses aspirations punk (cf le bruyant Love Travels At Illegal Speeds) et de revenir à des chansons simples, dépouillées. Comme s’il n’avait plus rien à prouver, comme s’il avait bouclé la boucle. Pour la première fois peut-être, Graham Coxon semble en paix avec lui-même, sa musique reflète cette sérénité.

 

 

Tracklisting :

  1. Look Into The Light  *
  2. This House
  3. In The Morning  *
  4. If You Want Me
  5. Perfect Love  *
  6. Brave The Storm
  7. Dead Bees
  8. Sorrow’s Army  *
  9. Caspian Sea
  10. Home
  11. Humble Man
  12. Feel Alright
  13. Far From Everything
  14. Tripping Over
  15. November

 

Vidéos :

« In The Morning »

 
« Sorrow’s Army »
 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

9 Comments

  1. Je suis complétement d’accord avec vous, cette album est géniale mais les 5 dernières morceaux sont de trop. J’ai lu dans le Rock & Folk que Coxon avait passé 5 ans à s’entrainer 5 heures par jour sur « jubilation » de Davy Graham et le résultat est tout simplement hallucinant : certaines compositions sont extraordinaires en témoigne la vidéo ci-dessus de Sorrow’s Army ou son jeu arpègé ne peux que laisser pantois.
    Cette album se doit de passer entre toutes les oreilles des amateurs de folk.

  2. Je suis complétement d’accord avec vous, cette album est géniale mais les 5 dernières morceaux sont de trop. J’ai lu dans le Rock & Folk que Coxon avait passé 5 ans à s’entrainer 5 heures par jour sur « jubilation » de Davy Graham et le résultat est tout simplement hallucinant : certaines compositions sont extraordinaires en témoigne la vidéo ci-dessus de Sorrow’s Army ou son jeu arpègé ne peux que laisser pantois.
    Cette album se doit de passer entre toutes les oreilles des amateurs de folk.

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