THE VINES – Highly Evolved Seattle revisited

(Capitol 2002)

« Highly Evolved est il le meilleur premier album de tous les temps? » Voilà la question que posait le toujours mesuré NME au milieu de l’été 2002. La question peut sembler saugrenue et appelle une réflexion. On tente de dresser une liste… The Velvet Underground & Nico, The Doors, My Generation, Marquee Moon, The Piper At The Gates Of Dawn sont les premiers disques qui viennent en tête. La concurrence est rude. Le premier album des Vines se hisse-t-il au niveau de ces chefs d’oeuvre du rock’n’roll? Certainement pas. A vrai dire, Highly Evolved n’est même pas le meilleur premier album de 2002 – on lui préfère The Coral et surtout l’inusable Up The Bracket des Libertines, véritable album d’une génération, pour lequel la question mérite d’être posée.

Au même titre que les Strokes, Coral et Libertines, les Vines ont pondu un premier album qui a secoué le cocotier rock’n’roll et incité des milliers de jeunes gens à investir dans une guitare, la grosse différence avec ces groupes étant qu’Highly Evolved a connu un succès international immédiat (l’album atteignant la 11ème place du Billboard US et la 3ème des charts UK quand leurs concurrents végétaient autour de la 30ème position), faisant des Vines les leaders de la nouvelle vague garage-rock.

Ce succès tient surtout à la qualité des singles tirés de cet album plus qu’à celle de l’album lui-même. « Get Free » est un morceau extraordinaire, un classique instantané, un cri de révolte adolescent porté par un riff génial. Cette chanson, plus qu’aucune autre en 2002 a réconcilié le rock’n’roll et la jeunesse du monde entier, éloignant l’ado qui écoutait les disques de Nirvana de son grand frère du skate-punk californien et du métal lourdingue. « Highly Evolved » et « Outtathaway! » sont de la même trempe, remettant larsen, hurlement et riffs lourds à la mode. Pour autant, le reste de l’album vaut la peine d’être écouté. On y trouve des ballades inspirées – et par la même occasion l’autre facette de l’insaisissable Craig Nicholls – telles « Autumn Shade », « Country Yard », « Mary Jane » et même un ska dans la lignée des Specials, l’étonnant « Factory » (que le groupe a malheureusement renié et banni de ses concerts depuis). La fin de l’album est magnifique, grâce à deux compositions convaincantes, un « Ain’t No Room » musclé et l’épopée psychédélique de « 1969 » dans laquelle le chanteur déclame « It’s 1969 in my head« .

On peut comprendre les raisons qui ont poussé la presse à s’enflammer sur les Vines : chanteur charismatique un brin perché, premier album convaincant qui réveille le fantôme de Nirvana, succès auprès du grand public… N’allons pas trop loin tout de même; Highly Evolved contient quelques chansons de remplissage (« Homesick » est la ballade de trop tandis que « Sunshinin' » et « In The Jungle » se veulent pop mais agacent) et le groupe s’est rapidement taillé une réputation désastreuse en concert, leurs prestations tournant la plupart du temps à un grand n’importe quoi. De plus, la hype démesurée autour du groupe et l’attitude de la diva Craig Nicholls en ont agacé plus d’un, créant une controverse autour des Vines (on aime ou on déteste) et faisant d’eux une cible privilégiée. Quoi qu’il en soit, la valeur de cet album assure au groupe une place dans la postérité, non pas comme « meilleur premier album de tous les temps » mais simplement comme un des disques qui a remis le rock à la radio, ouvrant la voie à des dizaines de groupes en vogue aujourd’hui. Cela mérite le respect.

 

 

Tracklisting :

1. Highly evolved  *
2. Autumn shade
3. Outtathaway  *
4. Sunshinin
5. Homesick
6. Get free  *
7. Country yard  *
8. Factory  *
9. In the jungle
10. Mary jane
11. Ain’t no room 12. 1969  *

  

Quelques vidéos :

« Get Free »

 
« Outtathaway »
 
 
Le meilleur moment de la carrière du groupe :
 
 
 
 

Vinyle :

Seul fait notable concernant cette pochette : le chanteur Craig Nicholls l’a dessinée.

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

3 Comments

  1. Il est bien ce disque, et se reécoute toujours aujourd’hui avec plaisir.
    J’aime particulièrement l’alternance schizophrénique entre morceau punk et ballades psyché.
    Ainsi que les choeurs, très réussis (dans un style « hurlés à la mort » sur les morceaux punk, efficace ça…)

    • C’est marrant, je l’ai réécouté l’autre jour, en tombant dessus dans ma collec de vinyles. Il est bien foutu, les morceaux sont variés (« Factory »!!!), les ballades tiennent la route. Un ou deux tubes pour caler tout ça (« Get Free » et « Outtathaway ») et on obtient un album très plaisant, qui n’a pas trop mal vieilli, c’est vrai.

      Bon, pas l’album du siècle non plus…

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