THE NICE – The Thoughts of Emerlist Davjack Bach 67'

(Immediate 1967)

Première chose : le titre de l’album, synthèse des noms des membres du groupe (Emerson, Davison, Jackson, O’List) est nul. The Nice a publié ce premier album en décembre 1967 en pleine explosion psychédélique londonienne (leur nom, inspiré de « Here Comes The Nice » des Small Faces, en témoigne). La particularité de ce groupe dans la scène de l’époque est qu’il contenait un certain Keith Emerson, futur membre de l’affligeant combo rock progressif Emerson, Lake & Palmer, virtuose du clavier à l’éducation musicale classique. Le son du groupe s’en ressent fortement.

Si l’album contient plusieurs morceaux typiques de l’époque tels « Bonnie K » au riff blues, le psyché « War And Peace » ou un « Tantalising Maggie » manifestement très inspiré des comptines de Syd Barrett, l’influence d’Emerson se fait lourdement sentir dans des morceaux où son jeu de clavier virevoltant relègue les autres membres du groupe au second plan.

Le morceau éponyme – le meilleur de l’album – possède un refrain accrocheur et des phrases de clavier sonnant très classique qui donnent beaucoup de charme à la chanson (on ne parlera pas du pont d’orgue de cathédrale). A l’opposé, les 8 minutes 25 de « Rondo » sont un peu dures à avaler aujourd’hui. ce morceau, « mythique » pour certains, annonce le pire à venir : des musiciens surdoués se vautrant dans des excès de virtuosité, puisant leur inspiration dans le classique et s’en servant de prétexte pour placer des soli interminables (30 ans de rock prog). « Rondo » commence sur un riff plutôt agréable et part rapidement en free à la manière de Pink Floyd sur « Interstellar Overdrive ». Le morceau est très efficace jusqu’au moment où Emerson bave sa culture classique et étale son doigté en reprenant la célèbre « Toccata et fugue en ré mineur » de Bach de façon aussi inutile que tape-à-l’oeil… Ce morceau servira de détonateur, provocant la première fusion rock / musique classique, pour le meilleur comme pour le pire (le plus souvent).

L’album est néanmoins écoutable – surtout les morceaux courts au format pop – et reste aujourd’hui considéré comme un des meilleurs albums de la période psychédélique anglaise. On n’ira pas jusque là. Simplement, The Thoughts Of Emerlist Davjack est une pierre angulaire du rock progressif et de la musique prétentieuse des années 70 (leur chiantissime second album s’appelle quand même Ars Longa Vita Brevis). Heureusement, des jeunes gens braillards et incapables d’aligner trois notes viendront bouleverser tout cela en 77.

 

 

Tracklisting : 

1. Flower king of flies
2. Thoughts of Emerlist Davjack  *
3. Bonnie K
4. Rondo
5. War and peace  *
6. Tantalizing Maggie  *
7. Dawn
8. The cry of Eugene

 

Vidéos :

« The Thoughts Of Emerlist Davjack »

 
« Rondo »
 
 
Un morceau de l’époque, non présent dans l’album car sorti uniquement en single, une reprise d' »America » de la comédie musicale West Side Story.
 
 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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