(Bad Afro 2009)

Publié sur l’excellent label Bad Afro, le dernier album des danois Baby Woodrose devrait ravir les amateurs de pop heavy et planante. Ceux qui suivent le trio depuis quelques années seront surpris d’apprendre que cet album est l’œuvre du seul Lorenzo Woodrose qui s’est séparé des autres membres du groupe et a concocté cet album en studio en compagnie du producteur Johan Gellett.

Le résultat, contre toute attente, n’est pas l’œuvre auto-complaisante d’un artiste livré seul à son propre jugement, mais un vrai festival de mélodies pop livrées dans un écrin psychédélique. Souvent basées autour d’une guitare acoustique enrichie d’effets divers – guitares inversées, voix distordue, sitar occasionnel, chœurs distants, fuzz en arrière plan – les chansons de Lorenzo (Guf Lorentzen de son vrai nom) prennent leur envol lentement dans un brouillard psychédélique qui évoque les 13th Floor Elevators d’Easter Everywhere (la voix brisée de Lorenzo, jumelle de celle de Roky Erickson y est sans doute pour beaucoup). On croit ainsi parfois entendre un pastiche des texans, une impression qui se dissipe rapidement devant l’évidente qualité des morceaux. Si « Open Up Your Heart » impressionne, les ballades « Countdown To Breakdown », « Mikita » et « Hollow Grove » sont tout à fait renversantes de beauté.

L’album contient quelques trips délectables, comme « Laughing Stock » qui lorgne du côté du shoegaze et donne un peu de noirceur à cet album coloré. En contrepoint, « Secret Of The Twisted Flower », avec sa ligne de basse hypnotique (sortie tout droit de « 69 année érotique ») achève l’album dans une ambiance patchouli digne du Ladbroke Grove de 1967. 

Étonnamment, le groupe déçoit lorsqu’il revient au son garage qui l’avait fait connaître. « Fortune Teller » ouvre l’album de façon idéale mais la teigneuse « No Mas » ou « Take It » et ses trois accords éculés, sont efficaces mais pas d’une grande originalité. Baby Woodrose est meilleur quand il joue des morceaux plus mélancoliques et s’appuie sur des belles mélodies. L’exemple type demeure « Emily » (un prénom qui sied aux grands morceaux psychédéliques), qui, avec ses bandes inversées, ses chœurs irréels, son solo de guitare sobre et sa construction  limpide, devrait convaincre sans peine tout amateur de pop sixties. Recommandé !

 

 

Tracklisting : 

1. Fortune Teller *
2. Take It
3. Open Up Your Heart *
4. Emily *
5. Laughing Stock
6. Countdown To Breakdown *
7. Changes Everywhere
8. Hollow Grove *
9. No Mas
10. Mikita *
11. Scorpio
12. Secret Of The Twisted Flower

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/babywoodrose

 

Vidéos :  

« Countdown To Breakdown »