CHICKEN DIAMOND – Chicken Diamond Raw Blues

(Beast Records  2011)

Ce disque est le premier album de Chicken Diamond, un one-man-band français qui écrit et compose seul d’excellents morceaux de rawblues. L’album a été entièrement réalisé (enregistré et produit) par Chicken Diamond dans son grenier, en l’espace de quelques mois : une moitié de l’album en 2009 et la suite l’année suivante, pour une sortie finale assurée par le label rennais Beast Records au début de l’année 2011. Pour ceux qui n’auraient pas eu l’occasion de croiser Chicken Diamond sur un des ses nombreux concerts, autant prévenir tout de suite : dès les premières mesures, cet album est extrêmement sombre et lourd.

Si la pochette du disque laissait présager une ambiance de ce type et semblait proscrire toute ambiance pastorale, les premières mesures de « Damn Old Sun » sont tout de même réellement frappantes, et placent l’auditeur en présence d’une musique dense et profonde. Immédiatement, le riff de guitare s’imprime dans le crâne de l’auditeur, alors que le jeu de batterie sonne aussi brut que possible, avant que ne surgisse la voix de Chicken Diamond, caractéristique s’il en est. Puissante et rauque, elle semble venir très loin, et apporte encore un peu de noirceur à une musique déjà oppressante. Sur les deuxièmes et troisième chansons (« Power of the Ancient People » et « Bones »), le chant est plus éraillé que jamais, la rythmique obsédante semble une pulsation et le jeu de guitare, d’abord minimaliste, se libère peu à peu pour parfaire un remarquable enchaînement de pistes.

Sur cet album, Chicken Diamond propose deux reprises (et non des moindres) : « Sister Ray », (du Velvet Underground) placée en fin de face A, et « Teenage Werewolf » (des Cramps) qui ouvre la face B. Chicken Diamond offre à ces deux classiques un traitement très personnel ; il parvient à marquer de son style l’hypnotique « Sister Ray »  et à dépecer « Teenage Werewolf » avec un jeu de guitare plus acéré que jamais. Parmi les influences que Chicken Diamond reconnaît, on trouve en premier lieu des bluesmen au style caractéristique (Junior Kimbrough, RL Burnside et Fred McDowell), mais aussi des influences plus larges de la scène protopunk et/ou bruitiste (Stooges, Velvet Underground, Sonics…), et quelques inévitables poids-lourds du rock (Rolling Stones, Led Zeppelin). Sur ce disque, ces influences apparaissent comme parfaitement assimilées ; les morceaux de Chicken Diamond sont à rapprocher de ceux enregistrés depuis quelques années par des groupes tels que Left Lane Cruiser, The Black Keys (pour leurs premiers albums) et dernièrement Black Pistol Fire.

L’ensemble du disque apparaît comme une splendide réussite : impressionnant par le savoir-faire et la maîtrise de son auteur – aucune approximation d’amateur n’est visible ici – l’album présente une écriture inspirée (« Damn old Sun »« Bones »« Me & my 44 ») belle variété de styles, particulièrement en face B. Si la plupart des chansons se concentrent sur des riffs de guitare et une frappe puissante, l’album laisse entrevoir de nouvelles possibilités dans un style sensiblement différent (« Civilized » et « Come Home », des chansons plus ouvertement mélodiques).

 

 

Liste des chansons :

  1. Damn Old Sun *
  2. Factory Smoke *
  3. Power of the Ancient people
  4. Bones *
  5. Sister Ray
  6. Teenage Werewolf
  7. Civilized *
  8. Come Home
  9. Whisky + Coke
  10. Me and my 44

Le meilleur endroit pour acheter l’album : chez nos amis de Nayati Dreams.

 

Vidéo :

« Whiskey + Coke »

 
Chicken Diamond live au Folk Blues Festival de Binic
 

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

7 Comments

  1. Ce disque est méchamment RAW, ça groove grave et on en prend plein la gueule- que ce soit enfanté par un francophone est tout bonnement miraculeux.

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