COSMONAUTS – If You Wanna Die Then I Wanna Die Into an other dimension

(Burger Records 2012)

Nouvelle sortie d’un des groupes les plus excitants de sa génération, ce disque démarre sur des bases incroyables : l’enchaînement « Motorcycle #1 »« Please don’t make me blue » permet au groupe de montrer toute l’étendue de son talent dans un registre qui ne surprendra pas tous ceux qui ont déjà écouté le premier album des Cosmonauts (sorti en cassette en 2010). « Entre shoegaze et garage », écrivions-nous au moment de chroniquer le premier album des Cosmonauts : cette description du style du groupe est toujours valable, « Flowerbomb » faisant pencher la balance plutôt du côté garage (on pense à des groupes contemporains comme Thee Oh Sees par exemple, pendant toute la première partie de la chanson), mais des pistes telles que « Super Reverb » équilibrent les débats, alors que d’autres comme « Motorcycle #1 » donnent à ce disque une coloration stoner importante dans le style du groupe.

Les premières secondes de l’album entraînent l’auditeur dans une expérience musicale prenante, qui ne laisse pas une seconde de repos : la musique jouée par Cosmonauts est lourde et entêtante ; elle enveloppe l’espace sonore de façon hermétique et commande une attention de chaque instant. L’introduction de « Motorcycle #1 » est portée par une ligne de basse digne du « Feel good hit of the summer » de Queens of the Stone Age (sur l’album Rated R) : les Cosmonauts possèdent avec ce titre un morceau qu’ils peuvent porter en étendard sur toutes les scènes du monde.

D’un morceau mémorable à un autre (« Please don’t make me blue », « Psychic Denim »« Emerald Green »…), le disque passe sans perdre en qualité : le son distendu et saturé des guitares donnant de l’acidité et du relief à un groove délibérément lourd. Une des forces des Cosmonauts réside aussi en leur capacité à insérer à l’intérieur de leurs chansons quelques passages musicaux impromptus, des ruptures de rythme bienvenues qui empêchent la lassitude et l’overdose de riffs de basse saturés associés à une frappe de batterie répétitive. « California Dreaming » est une nouvelle piste extraordinaire sur laquelle le rythme est assez lent, ce qui permet de constater la maîtrise du groupe dans des contextes différents, et où le chant plein d’écho scande des paroles marquantes.

Quasiment la moitié des chansons de cet LP avaient été déjà été publiées en 2011 (Psychic Denim, sur cassette, à 250 exemplaires) : les Cosmonauts poursuivent ainsi leur discographie assez complexe (pour exemple, chacun de leurs 7’’ sortis à ce jour a été publié sur un label différent). Quoi qu’il en soit, une question revient régulièrement, à la réécoute de cet exceptionnel album : et si les Cosmonauts avaient enregistré le meilleur disque de l’année 2012 ? Moins médiatisés et bien meilleurs que bon nombre de leurs contemporains, les Cosmonauts se bâtissent peu à peu une discographie extraordinaire. Quant au rock’n’roll américain, il se porte bien, merci pour lui : ces dernières années, les seules sorties du label Burger Records suffisent à faire pâlir d’envie le reste du monde.

 

 

Liste des chansons :

  1. Motorcycle #1 *
  2. Please don’t make me blue *
  3. Flowerbomb
  4. Super Reverb *
  5. Gillian
  6. Caroline
  7. California Dreaming *
  8. Psychic Denim *
  9. Dreamboat
  10. Two Dollars & Fifty Cents *
  11. Emerald Green *

L’album est en écoute sur Bandcamp :

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Vinyle :

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Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

2 Comments

  1. Merci ! Meilleur disque de 2012 oui, c’est bien mon avis.

    Cette chronique arrive à point (et ce n’est certainement pas un hasard) pour rappeler qu’ils jouent à Paris vendredi 8 Mars – et peut-être ailleurs, je n’en sais rien.

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