EDDY CURRENT SUPPRESSION RING – Rush To Relax Hypnotique

(Goner Records 2010)

D’après la légende, les membres d’Eddy Current Suppression Ring se seraient rencontrés alors qu’ils travaillaient dans l’usine de vinyles de Corduroy à Melbourne, en Australie. La formation du groupe ne serait due qu’à une soirée trop arrosée où les employés auraient empoigné des instruments et se seraient découvert une certaine alchimie. Soit. Ce qui compte vraiment, c’est qu’à la suite de cela, ECSR ont décidé de continuer à jouer ensemble, pour le grand plaisir des amateurs de garage autour du monde.

Après deux albums nerveux aux pochettes monochromes (le noir, éponyme, en 2006, et Primary Colours, le rouge, en 2008), le groupe sort sur Goner son troisième album, son meilleur à ce jour. Côté son, le disque est à rapprocher de celui de Soft Pack : le chanteur parle plus qu’il ne chante tandis que le groupe derrière lui déploie un rock concis aux guitares tranchantes et précises. Essentiellement punk, l’album oscille entre indie-rock anguleux (la superbe « Anxiety », digne de The Fall,  « Burn » qui évoque Pavement) et morceaux rapides durant moins d’une minute (« Walked Into A Corner », « Isn’t It Nice »). 

Là où le groupe surprend vraiment, c’est lorsqu’il s’aventure dans quelques morceaux longs qui dépassent la barre symbolique des 6 minutes. Le premier, « Tuning Out », s’évade dans un solo de guitare intrigant et erratique sur lequel souffle l’esprit de Marquee Moon. L’autre morceau, « Second Guessing », plus relevé, enfonce le clou dans un genre différent. Sur une rythmique à la Neu!, le chanteur Brendan Suppression parle avec un détachement digne du Jonathan Richman de « She Cracked » et envoûte l’auditeur dans un tourbillon de claviers saturés. Le troisième morceau dans cette veine est encore plus surprenant : « Rush To Relax » dure 24 minutes dans sa version CD (6 minutes de chanson et 18 de bruits de vagues). Très intense – le guitariste et le batteur martèlent leur instrument tandis que le chanteur hurle « rush to relax! » en guise de refrain –, mais incroyablement hypnotique, le morceau se fond progressivement au son des vagues en arrière-plan. Une fin d’album qui touche au génie.

Equilibré par sa façon d’alterner pistes lentes et rapides sans heurt, Rush To Relax est un des disques les plus marquant de l’année 2010 au moment où on écrit ces lignes. Le groupe ne quittant jamais l’Australie, il est quasiment impossible à voir en concert. On vous conseille donc de jeter une oreille à cet album ainsi qu’aux autres, il serait dommage de passer à côté de cet excellent groupe.

 

 

Tracklisting : 

1    Anxiety *
2    I Got a Feeling
3    Tuning Out *
4    Gentleman
5    Walked into a Corner *
6    Second Guessing *
7    I Can Be a Jerk
8    Burn
9    Isn’t It Nice
10    Rush to Relax *

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/eddycurrentsuppressionring
Le site officiel du groupe : www.ecsr.com.au

 

Vidéo :

« Rush To Relax »

 
« Anxiety » (avec des images de surf)
 

 

Vinyle :

Le nom du groupe apparaît sur une banderole qui a été tirée par un avion en arrière-plan : pas de Photoshop pour ECSR !

Eddie Current Suppression Ring - Rush To Relax

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

3 Comments

  1. même si je n’ai que survolé ce troisième LP je rejoins ton entousiasme pour ce groupe

    j’ai beaucoup écouté le second et je le trouve vraiment excellent, c’est surtout le guitariste qui m’impressionne totalement en roue libre et sauvage

    bref j’ai vraiment adoré ce disque que j’ai découvert par hasard puisqu’ils étaient entrain de l’écouter à born bad

    j’ai écrit un truc dessus sur mon blog il y a qq mois , maintenant ça serait bien que j’écoute mieux les autres albums!

     

    http://www.requiempouruntwister.com/2010/03/eddy-current-suppression-ring-memory.html

     

    je les ai peut être pris en MP3 tiens, à voir (à noter qu’avec le vinyle on a un bon pour les mp3)

  2. Le riff de Tuning Out rappelle tellement celui de Memory Lane sur le précédent album qu’à la première écoute ça m’a gêné ! Aujourd’hui je n’arrive pas à me décider si les prises de risque sur
    Rush To Relax le rendent meilleur que Primary Colors, plus classique mais plus efficace. Mais il est certain que la chanson-titre est un coup de maître.

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