HARLEM – Free Drugs ;-) Before they were famous

(Female Fantasy 2008)

Lorsqu’un  groupe underground commence à percer avec son premier album distribué en dehors de son état ou de sa région d’origine, il se trouve toujours des gens pour vous expliquer que « c’était mieux avant », que  » maintenant ils sont trop connus » ou que leur premier EP enregistré dans leur cuisine était meilleur que l’album que célèbre toute la presse spécialisée… Si tous les gens qui sont plongés jusqu’au cou dans la recherche de nouvelles sensations garage-rock ne sont pas tous des snobs de la sorte, il faut bien avouer qu’on entend souvent cette petite musique.

C’est exactement le genre de chose qu’on a pu lire à gauche et à droite après le succès de Hippies des géniaux mais erratiques Harlem. Leur premier album Free Drugs 😉 serait le vrai bon album du groupe, et Hippies une compromission sans nom. Mettons les choses au point une fois pour toutes : si le fait de connaître un album méconnu peut être agréable (on a ainsi l’impression de connaître un secret, presque  de posséder son groupe à soi), l’obscurité n’est pas gage de qualité. A l’inverse, le succès n’est pas un argument valable pour dédaigner un groupe. Ça semble tomber sous le sens mais nombreuses sont les fois où on s’est vu reprocher un certain élitisme, de ne pas aimer tel groupe en raison soi-disant de sa trop grande popularité (alors que les chansons d’U2 et Coldplay sont assez mauvaises pour que tout le monde s’en rende compte) et de prendre une pose prétentieuse en privilégiant des artistes méconnus éloignés du mainstream.

Harlem semble donc glisser dangereusement vers une reconnaissance internationale selon certains,  et ce qu’ils font depuis qu’ils ont signé sur Matador serait le début de leur fin. Cessons là ces bêtises. Free Drugs 😉 est un très bon album mais reste moins bien enregistré, moins bien écrit que son successeur,  un brouillon de ce qui a fonctionné sur Hippies. Au milieu de morceaux attachants mais ordinaires, Harlem ne frappent vraiment qu’à trois reprises : lors de l’ouverture « Witchgreens » au pont renversant, sur les descentes kinksiennes de « Psychedelic Tits » et durant les trois minutes de « South Of France », morceau parfait qui justifie presque à lui seul l’achat de l’album. Le reste n’est qu’une collection de morceaux amusants, aux textes gentiment potaches, que le groupe a pour la plupart retravaillé pour Hippies (« Irresistable » pour « Number One », « Caroline » pour « Spray Paint ») et qui montrent un groupe plein de promesses mais encore en gestation.

 

  

Tracklisting : 

1    Witchgreens *
2    Caroline
3    South of France *
4    Irresistable Beautiful & Very Smart
5    Psychedelic Tits *
6    Think Im
7    Thinkin Bout Disneyland
8    Little Black
9    Cowboy
10    I’m on Drugs
11    Red Herring *
12    Hundred A Dollar A Night Man

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/harlemduh

 

Vidéos :

« Witchgreens »

 
« South Of France »
 

 

Vinyle :

 Harlem - Free Drugs ;-)

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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