(Third Side Records 2010)

Premier volume d’une série thématique lancée par le label parisien Third Side, cet EP du groupe au nom amusant de La Femme est indubitablement le disque le plus cool du moment. En un quart d’heure de pop synthétique sombre et flamboyante, ce jeune groupe français a relégué la concurrence locale très loin.

Ces mecs ont tout compris : jouant sur leur image de frenchies-provocateurs à grands coup de clips et pochettes pornographiques, ils ont séduit les américains (une tournée outre-Atlantique en fin d’année dernière avec les fabuleux Crystal Stilts notamment) et se sont donné la crédibilité rock’n’roll nécessaire pour poser avec classe. Cette saine attitude de branleurs, doublée de leur talent insolent, fait de leur premier EP un véritable événement, d’autant que les quatre morceaux de cet EP ne ressemblent à rien de connu dans le monde du rock actuel. Surf-rock mais synthetique façon Taxi Girl, débordant d’énergie mais minimaliste, glacial mais aventureux, avec des textes simplistes mais accrocheurs, le son de La Femme repose sur en ensemble de contradictions dont la collision génère une dynamique folle.

De cet EP à la pochette inspirée de l’Origine Du Monde de Courbet (et dont la mention évoquant une censure à laquelle on ne croit guère contient une jolie faute d’anglais), la face A est la plus fiévreuse, la plus immédiate. “Sur La Plage” et son irrésistible ligne de basse disco ouvre le bal. La batterie et le chant, minimalistes, rythment le morceau tandis qu’une guitare surf émerge de la pénombre dans un halo de lumière phosphorescente. Tout au long de ce morceau fantastique, le groupe parvient à échapper à la tentation du clinquant et à éviter les débordements flashy. “Télégraphe” répète la même formule hypnotique avec succès, un tourniquet hanté de claviers en arrière-plan donne au morceau une dimension inquiétante.

La face B est moins frénétique mais plus fascinante. Elle montre le groupe capable d’évoluer dans le domaine plus audacieux d’une musique électronique quasiment instrumentale. “La Femme Ressort” convainc, avec sa mélodie tournoyante, mais c’est “Françoise” qui marque vraiment avec son alliage de synthés et de guitares qui évoque Air période Virgin Suicides. C’est la musique d’un film qui n’existe pas mais qu’on imagine superbe, un grand morceau de pop instrumentale qui dévoile le potentiel incroyable de ce groupe à l’avenir doré.

Alors que le tout-Paris n’a d’yeux que pour eux aujourd’hui, on espère que La Femme ne s’égareront pas en route. Ce premier EP est un disque qu’on aurait jamais imaginé écouter il y a quelques mois mais qui s’est imposé par son évidence, sa cohérence et sa perfection. Un grand disque, ni plus ni moins.

 

 

Tracklisting :

1. Sur La Planche *
2. Télégraphe *
3. La Femme Ressort
4. Françoise *

Pour écouter le disque : http://lafemme.bandcamp.com/album/le-podium-1-la-femme

 

Vidéos :

“Sur la planche”

 
“Télégraphe” (une version différente de celle de l’EP)
 

 

Vinyle :

PENTAX Image

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