RACE HORSES – Goodbye Falkenburg Freak out !

(Fantastic Plastic Records 2010)

Race Horses est un groupe gallois basé depuis quelques temps à Cardiff. Goodbye Falkenburg, sorti au début de l’année, est un album délirant et enthousiasmant, aux influences diverses, qui mérite d’être écouté. Le premier titre du disque est exceptionnel, et lance l’album sur des bases impressionnantes : des chœurs joyeux débutent « Man in my mind », avant qu’une foule d’instruments ne dessine une piste pop-rock implacable, inventive et dynamique, qui s’achève sur une ligne de basse qui aurait pu servir de base à un excellent morceau. Sur « Cake », le morceau choisi pour être le premier single tiré de l’album, la période psychédélique sixties est largement honorée, notamment par « Cake » qui rappelle étrangement « My Friend Jack » de The Smoke.

Le disque commence sur des bases délirantes, et la question qui se pose après les deux premiers morceaux et la suivante : le groupe pourra-t-il enchaîner un album entier à ce niveau, et dans cette veine pop-psyché ? Si le groupe utilise à foison le révolutionnaire effet de la bande inversée (« Cake », « Isle of Ewe »), il dispose aussi d’une orchestration importante, quoique souvent classique pour un disque de pop britannique (trompettes sur « Cacen Mamgu », mais aussi après des violons sur « Disco Pig », etc.)   

D’une certaine façon, le chant maniéré de « Pony » et la mélodie volontairement naïve répondent à la question : Race Horses ne sont pas seulement un groupe nourri au sein des sixties britanniques. D’autre part, le chant de Meilyr Jones est suffisamment aventureux et reconnaissable pour assurer au groupe une place particulière dans le paysage musical contemporain. Pour leur premier album, ces Gallois font preuve d’une maîtrise délirante sur des morceaux comme « Cacen Mamgu », où on peut entendre de mémorables solos de trompettes.

« Glo Ac Aren » est une ballade délicate, inspirée et parfaitement interprétée, chantée en gallois. Plus loin dans l’album, une nouvelle ballade semble vouloir se faire une place avant le retour de la première chanson du groupe, qui sera elle-même interrompue (« Man in my mind / A party near you »). La fin du disque est bâtie autour d’une logique délirante, qui a pour effet de faire se côtoyer des morceaux « Captain Penelope Smith » qui pourrait être tiré d’une anthologie des chansons de marins, et « Scooter », piste de rock simple et festive qui sonne comme les Libertines reprenant les Small Faces. Loin de la traditionnelle et risible pose rock, le groupe n’oublie jamais de s’amuser et de livrer des plaisanteries sonores (l’interlude constitué par « Voyage to Saint Louiscious » ou celui rétro-futuriste de « Intergalactic Rebellion », mais aussi l’intro exotique de l’ambitieuse « Disco Pig »). Race Horses sont un groupe qui gagne à être connu, et qui s’est imposé avec ce Goddbye Falkenburg dans la catégorie des groupes à suivre.

  

 

Liste des chansons :

  1. Man in my mind *
  2. Cake *
  3. Pony
  4. Isle of Ewe
  5. Cacen Mamgu *
  6. Glo Ac Oren
  7. Disco Pig
  8. Voyage to SaintLouiscious
  9. Man in my mind / In a party near you
  10. Scooter *
  11. Intergalactic Rebellion
  12. Captain Penelope Smith
  13. Marged Wedi Blino
  14. Bonus :Daughter nowhere

Le groupe sur MySpace : www.myspace.com/racehorsesmusic

  

Vidéos : 

« Man In My Mind »

 
« Cake »
 
 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

7 Comments

  1. Qui tombe en pamoison devant cet album et ce style musical devrait retourner immédiatement aux sources de Gorky’s Zygotic Mynci, les grands-papas gallois de Race Horses…

    Par moments, à quinze ans de distance, cela ressemble à du mimétisme…

    • Oui, c’est toute la tradition galloise Gorky / Super Furry Animals qui nourrit cet album. Race Horses et El Goodo – dont le deuxième album est fantastique – en sont les héritiers (et les protégés).

  2. Pas fan de pop, commencer l’album m’a un peu énervé mais très vite on entend que l’on a affaire à une pointure. Comme le souligne la chronique on se dit que cela ne va pas tenir l’album, et bien
    si. Un regret qu’il ne soit pas un peu plus rock mais énorme, gros talent, générosité d’écriture cad pas mesquin à réutiliser les donnes idées, au contraire. Et, indispensable, excellent style,
    de la force (le chanteur est une pointure), pas de mièvreries. Mais surtout il a ce qu’il faut de d’humour, impertinence et excentricité pour épicer le tout.

    Parfois le chant m’a rappelé quelque chose, mais je n’ai pas mis le doigt dessus, serait-ce les Undertones? Si oui, c’est étonnant car un aspect trop doux chez les Undertones me rend difficile
    l’écoute de leurs albums pourtant excellents. Or ici je n’ai pas du tout ce problème avec ce Race Horses.

    Sinon on se demande c’est quoi ce bordel, ni Magic ni les Inrocks n’ont dit un mot sur cet album? Il n’y a rien dans Deezer. Me dite pas que R&F aussi serait passé à côté de cette évidence.
    Cet album ne semble pas avoir rencontré son public, si c’est vrai c’est triste, sans doute, un peu comme les souvent excellents Nits, manque-t-il le gimmick qui rend unique et surtout qui attire
    l’attention, cf. Anna Calvi 😛

    Ce ne serait probablement pas mon album de 2010 car la pop n’est pas mon truc, cependant il y a une évidence et si le disquaire n’a pas l’album je fou le feu à sa boutique pour avoir autant de
    mauvais gout. 😛 (vi vi je suis pas sérieux, juste de l’humour débile).

    Belle sélection et jolie chronique, peut-être un peu plus ramassée serait mieux mais pour cet album j’imagine qu’il le mérite et surtout il donne l’envie de s’attarder. 🙂

  3. Ooops érata, quand j’écrivais cf. Anna Calvi il fallait bien sûr lire cf. la géniale, brillantissime, hors du commun Anna Calvi et son gigantesque premier album. Et zou. 😀

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