SUDDEN DEATH OF STARS – Sudden Death Of Stars

(Close Up 2011)

La pochette est superbe, le nom du groupe intriguant, et les dix morceaux que contient cet album évoquent une troupe de spationautes californiens gobant des sucres dans les chaudes nuits de San Francisco que décrivait Eric Burdon. C’est pourtant d’un autre far west que viennent les excellents Sudden Death Of Stars, de Rennes plus précisément, où la scène musicale semble plus dynamique que jamais en ce moment. Le groupe avait forte impression en début d’année avec un premier EP psychédélique qui dévoilait une belle palette de possibilités : entre ballades à la Brian Jonestown Massacre, trips sitaristiques et morceaux à la rythmique trippante, le groupe montrait alors un gros potentiel.

Leur album, toujours publié par les excellents Close Up fait étrangement abstraction des morceaux de l’EP (pourtant « Don’t » ou « Whirligig » n’auraient pas fait tâche dans cette collection) et l’orientation du groupe semble désormais se concentrer sur ses titres les plus planants. D’où le seul reproche qu’on ferait à cet album : sa trop grande linéarité. Là où le premier EP du groupe surprenait par sa variété et la diversité de ses morceaux, l’album repose trop souvent sur la même formule et manque parfois de nerf (rendez nous « Uniforms » !). Pourtant « Supernovae » est le morceau d’ouverture idéal : sur une rythmique martiale qui sonne comme un appel aux armes, les instruments se superposent les uns après les autres, jusqu’aux voix des musiciens en chœur. Cet enchaînement magnifique lance l’album de la meilleure des manières et les morceaux s’enchaînent ensuite, tous mélodiques et immédiats, à l’image de la ritournelle « Free & Easy », irrésistible en tous points… ou presque. Car il apparaît très vite au cours de l’album que le groupe manque d’un véritable chanteur à la personnalité forte (un sentiment qui s’est d’ailleurs confirmé ensuite quand on a vu le groupe sur scène, malgré quatre chanteurs différents).

Les formidables ballades psyché que sont « I’ll Be There » ou « Goodbye » n’en pâtissent que très peu, les mélodistes excellant dans le registre le plus calme et délicat. Non, c’est plutôt dès que le morceau nécessiterait un frontman un peu poseur et frondeur que le groupe touche ses limites. Le morceau « Two », voisin de ce que peut produite un groupe tel que The Dolly Rocker Movement, aurait gagné à être chanté par un chanteur aussi flamboyant que Daniel « Dandelion » Poulter, l’excentrique leader de ces derniers. Peut-être qu’avec un peu plus de bouteille et l’assurance apportée par les concerts à venir, un véritable leader se révélera parmi les membres de Sudden Death Of Stars. Pour l’instant, leur relative timidité ne nuit que très peu à cet excellent album au son superbe, dans lequel chaque morceau est meilleur que le précédent, et qui reste une belle réussite.

 

 

Tracklisting :

1. Supernovae *
2. Free & easy *
3. I’ll Be There
4. Two
5. Song For Laika
6. Goodbye
7.Deeds Beyond The Hints *
8.Chilling Out A Set Time
9. I’m Not Among Believers

L’album est en écoute et en téléchargement gratuit via Bandcamp:

 

Vinyle :

Sans doute la plus belle pochette de l’année 2011.

Sudden Death Of Stars

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

15 Comments

  1. rah je suis pas d’accord avec votre critique!!

    c’est un choix, et il est complétement assumé et réussi, cette album est hyper cohérent et finalement c’est mieux qu’il n’ai pas mis les « tubes » de l’EP,

    c’est ambitieux d’avoir fait de la sorte, mais l’album est un « tout » du coup, et ça parait évident à l’écoute, je pense que ça aurait été une erreur de faire collection des meilleurs morceaux et
    c’est tout à leur honneur!

  2. j’vous trouve globalement dur quand même,

    pour un groupe et album ayant aucun équivalent français de par la finesse qu’il dégage, vous réussissez à faire plus de 50% de l’article à vocation plutôt « négative », ça méritait mieux je pense
    (en tous cas d’autres ont connu plus d’indulgence en ces pages ),

    mais bon l’excellence appelle l’exigence j’en convient…

     

    bon c’était la petite bougonnerie ratelienne du matin!

  3. moi il me transporte…évidemment tu dis qu’il est excellent à la fin et tu as bien le droit de donner ton avis, sur ton blog

    mais tu parles plus de ce qui te déplait de ce qui te plait au final,

    et on peut surtout mentionner le vrai morceau d’anthologie de ce disque, ce superbe « song for laika » !!

  4. L’analyse sur l’abence de front-man est pertinente je trouve.

    Quand à la linéarité, ben c’est cohérent de la part des rédacteurs, cf les chroniques Psychic Ills ou White Noise Sound, Planetgong s’ennuie vite – et n’aime pas Spacemen 3 à mon avis 🙂

  5. Ben de ce que je connais de Soft machine ou Pink Floyd c’est moins linéaire et massif que les disques dont on parle. Et ça me parait pas aberrant ou insultant de dire que vous aimez distinguer
    les disques qui ont le truc en plus qui rompt une forme de monotonie assez récurrente en wock’n’woll

    C’est vrai qu’on te cherche sinon – elles sont très bien ces chroniques !

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