TAME IMPALA – Innerspeaker Voyage psychédélique

(Modular  2010)

Après un EP remarqué sorti en 2008 (Tame Impala, déjà sorti par Modular), le trio australien emmené par Kevin Parker livre enfin son premier album. Le groupe avait réalisé un véritable tour de force avec cet EP, recueil dynamique de morceaux pop inspirés marqués par un souffle psychédélique. Tame Impala semble avoir pris son temps dans le but de publier un album parfaitement contrôlé. Si l’on considère l’écriture, la maîtrise instrumentale et celles des moyens de production, il faut reconnaître que ce pari est parfaitement réussi : ce groupe est déjà parfaitement rodé à la composition et à la réalisation de chansons.

Cependant, cette maturation relativement longue a également un effet un peu négatif : le groupe semble s’être déjà sensiblement éloigné de l’approche qui était la sienne pour les morceaux de leur EP. Le tempo est généralement plus lent, et la musique paraît moins dense et immédiate que sur Tame Impala EP : ce disque ne possède pas de morceau aussi fort que « Half glass full of wine », sur lequel le couple basse/batterie apportait une dynamique infaillible. « Runaway houses city clouds » est une piste symptomatique de ce changement : lorsque Tame Impala délaisse un peu les aspects pop et heavy-psych de ses chansons, il a tendance à se lancer dans de longues compositions psychédéliques qui, lorsqu’elles ne sont pas soutenues par une base rythmique forte, se révèlent malheureusement sans grand intérêt.

Les morceaux de cet album sont relativement longs : Parker aime bâtir les structures de ses morceaux en plusieurs étapes, et donner aux chansons du groupe des tempos différents. Innerspeaker montre que Parker n’est pas que le sosie vocal de John Lennon, mais qu’il possède aussi un talent d’écriture hors du commun… Le disque propose plusieurs fulgurances musicales évidentes, depuis la première chanson de l’album, « It is not meant to be » et son riff de guitare, jusqu’à la dernière « I don’t really mind » et son break de batterie d’une parfaite simplicité. La nouvelle version de « Desire be desire go », les chansons « Lucidity », « Bold Arrow of time »  ou les envolées de « Jeremy’s Storm » et de « Expectations » sont autant de moments à faire pâlir d’envie la plupart des groupes contemporains, et font de ce disque une des plus intéressantes sorties de l’année.  

Plus aérien que la plupart des précédents morceaux de Tame Impala, Innerspeaker présente une musique inspirée et originale, qui montre la voie à suivre à tous les groupes de rock influencés par la musique post-psychédélique.

 

 

Liste des chansons :

  1. It is not meant to be *
  2. Desire be desire go *
  3. Alter ego
  4. Lucidity *
  5. Make up your mind
  6. Solitude is bliss
  7. Jeremy’s Storm
  8. Expectations
  9. Bold arrow of time *
  10. Runaway houses city clouds
  11. I don’t really mind *

Le MySpace du groupe :www.myspace.com/tameimpala

 

Vidéos :

« Solitude Is Bliss »

 
« Lucidity »
 

 

Vinyle :

L’album est un double vinyle dans une pochette gatefold superbe.

Tame Impala - Innerspeaker

 

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

5 Comments

    • Je confirme ! Je crois que Tame Impala a fait le bon choix en prenant cette direction, cet album sort vraiment de l’ordinaire.

  1. Finalement… Comme Beat4less, il m’avait déçu de prime abord, il m’aura bien fallu 3 écoutes pour rentrer dedans, mais en fait il est vraiment bon, ce disque. Très maîtrisé, vraiment fin dans
    les compos (et j’aime les virages pris en fin de morceau, comme la coda de Solitude is bliss, qui rappelle le meilleur de Air)

    C’est marrant, je sais que vous ne pouvez pas blairer ce groupe, mais la mélodie de Jeremy’s storm me semble bien inspirée par David Pajo de… Tortoise. Je dis ça comme ça ^^

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