THE EIGHTIES MATCHBOX B-LINE DISASTER – Blood & Fire Saignant

(Black Records  2010)

Cinq ans après son précédent album (The Royal Society, sorti par Island Records), le groupe de Brighton emmené par le sombre Guy McKnight vient de publier son troisième album. Cette relative faible productivité avait été légèrement compensée par la sortie d’un EP de quatre chansons, accompagné d’un CD enregistré en concert (In the Garden EP). Depuis ses débuts, les Eighties Matchbox B-Line Disaster ont connu de nombreux départs et n’ont jamais dépassé le stade du groupe semi-confidentiel, qui a marqué ceux qui ont eu la chance de voir le groupe en concert ou d’écouter leurs albums.

Blood & Fire présente quelques nouvelles versions de morceaux que la demi-douzaine de fans hardcore du groupe connaissait déjà : « Love turns to hate », « I hate the blues ». Au moment où l’on redécouvre ces pistes, on regrette un instant de ne pas pouvoir profiter d’une nouvelle version studio de « Turkish Delight of the devil », autre piste immense qui n’a été publiée sur aucun album.

En raison des multiples changements dans la composition du groupe, le son des Eighties Matchobx B-Line Disaster évolue : l’ambiance gothique qui avait fait le charme du deuxième album est moins prégnante sur ce disque. Cependant, les morceaux du groupe conservent souvent les mêmes moyens : une rythmique puissante et rapide, un jeu de guitares cinglants et solos bruitistes, et le chant de McKnight, identifiable entre tous. Le groupe possède toujours la recette qui provoque l’enthousiasme de tout auditeur de rock assez ouvert : un mélange de moyens souvent caricaturaux, dont l’intro de « So long goodnight » est un bon exemple : sur un arpège hésitant, le chant est déclamé de façon sentencieuse par une voix basse entourée d’écho, avant que les autres instruments n’apparaissent et ne fassent décoller la chanson. En fin d’album, des morceaux étonnants par leur construction et leur réalisation apparaissent : « Are you living » voit le groupe alterner musique pop bancale avec chant de fausset et des passages plus dynamique où le chant de McKnight revient scander le texte dans son style habituel. 

Blood & Fire est un excellent album : ses morceaux sont variés, et apportent de nouvelles raisons d’apprécier ce groupe attachant, entre clins d’œil à ses fans et prises de risques : « Under my chin », « Man for all seasons » et « Monsieur Cutts » sont trois morceaux courts et efficaces, qui renouent avec l’immédiateté des morceaux de Hörse of the Dög : le dernier de ces trois morceaux est une piste de sauvagerie totale, dans la lignée de Mötorhead. Ailleurs, le groupe s’éloigne de son style caractéristique et livre des pistes plus aventureuses, notamment « Are you living ? », qui clôt l’album. 

Malgré une discographie irréprochable et de nouvelles pistes incroyables comme « I hate the Blues », l’avenir du groupe semble malheureusement s’écrire plus que jamais en pointillés. Les prochains concerts et le nombre de ventes de cet album devraient décider si l’aventure continue pour les Eighties Matchbox B-Line Disaster.

 

 

Liste des chansons :

  1. Love turns to hate *
  2. Mission from God *
  3. So long goodnight *
  4. Under my chin
  5. Riptin
  6. Monsieur Cutts *
  7. I Hate the blues *
  8. Man for all seasons *
  9. Don’t ask me to love you
  10. Homemade
  11. Never be the same
  12. Are you living *

Le MySpace du groupe : www.myspace.com/eightiesmatchboxblinedisaster

 

Vidéo :

« Love Turns To Hate »

 

Vinyle :

Le disque possède une pâte transparente avec des taches rouges et jaunes. L’album est livré avec un poster qui reprend le dessin de couverture.

The eighties Matchbox B-Line Disaster - Bood & Fire

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

5 Comments

  1. J’ai bien aimé le 1er et ai été conquis par le 2ème dont certaines chansons étaient vraiment bien.

    Je n’ai pas eut le temps d’écouter encore cet album ni le EP, mais la critique donne sacrément envie d’écouter et même d’acheter tout cela !

    Félicitations Rémi

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