THE SWEET – Ballroom Blitz Les outrageux du glam, épisode 3

  

« Rebels Rule : la Chanson glam? » (B.du Fuzz, Caveaux – Outrageux du glam n°1)

Qu’est-ce qu’il ne faut pas lire comme bêtises parfois. Chacun sait que le glam se résume en quatre minutes : « Ballroom Blitz ».

On s’en doute, la vie quotidienne du glammeux n’est pas une sinécure. Sa dégaine chamarrée, parfois ingrate, et son goût vestimentaire à tout le moins peu consensuel prête au quolibet, sinon à l’agressivité chagrine. Imagine-t-on Alice Cooper acheter une baguette chez le boulanger ? Slade au pressing ? C’est ainsi que les très visuels The Sweet se sont fait recevoir à coups de bouteilles dans la gueule, un soir de concert en 1973 ; trop de paillettes et maquillage au goût de l’assistance?

Qu’à cela ne tienne, les enfants prodiges du bubble-glam chapeautés par le tandem de producteurs marionnettistes Chapman et Chinn, feront leur miel de cette avanie et en tireront une de ces mirifiques formules magiques en forme de 45 tours qui depuis quelques années leur valaient succès sur succès (« Hellraiser », « Blockbuster »,…).

On avancera l’hypothèse vraisemblable que « Ballroom Blitz » a modifié l’histoire de l’humanité. Combien de gosses ont changé de vie, entendant un beau matin sur les ondes ces roulements de tambour impatients, ces éclats jaillis de guitares rutilo-pétillantes, ce dialogue de voix suaves et survoltées, et la montée inégalée vers un refrain affolant à s’en casser la tête contre les murs d’excitation frustrative : cette décharge d’adrénaline pure ?

Les séquelles s’en sont senti dans toute l’Angleterre des quinze années suivantes au moins, pour le meilleur et – sans regret – pour le pire : de The Clash (selon un aveu de Joe Strummer) à Judas Priest (vérifiez avec le LP hard pompier Sweet Fanny Adams). Qui dit mieux ?

 

 

Vidéos : 

 « Ballroom Blitz »

 
Reprise pétillante où The Sweet déploie tout son talent pour la surboum : « Peppermint Twist »
 
 
En complément, étonnante prestation d’un The Sweet hurlant métal lourd en diable (cette basse!), et de la plus convaincante façon: « Turn It Down »
 

 

À écouter :

Le délectable de The Sweet, c’est la floppée de 45 tours sous l’obédience donc de ces Nicky Chinn et Mike Chapman que nous aurons l’occasion de recroiser: « Hellraiser », « Blockbuster », « Wig-Wam Bam », « Teenage Rampage », « The Six Teens »… Toujours à peu près la même chansonnette, même refrain pompier, même rythme militaire à taper dans les mains en secouant ses couettes, du bubblegum incroyablement jovial et lustré à grosses guitares. Et leur talent pour rejouer les tables de la loi juvéniles American Graffiti : « Rebel Rouser », « Peppermint Twist »! À partir de 1975, le groupe secoue la tutelle de ses producteurs, et vole de ses propres ailes vers les contrées du hard et du heavy, qui feront peut-être moins l’unanimité, même si les preux du mauvais goût y trouveront de quoi pâturer. Jamais leurs albums n’ont marqué le score de leurs singles, mais le groupe, malgré séparations, décès, scissions et recompositions emberlificotées, tourne encore aujourd’hui.

 

Béroalde de Fuzz

Béroalde de Fuzz : plume flamboyante, garagiste nanardais, exhumeur de syntagmes.

3 Comments

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.