DYLANOLOGIE. Subterranean Homesick Blues En toute modestie

27 septembre 2016 Denis 0
Ceci est l'article 13 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Bringing it all back home : un titre d’album en forme de programme, voire de manifeste. Il ne s’agit en toute modestie que de rapatrier, de se réapproprier l’héritage musical national. Le blues est bluesy et souffre du mal du pays (homesick) et Dylan ne laissera à personne d’autre le soin de le ramener à la maison. Au moment où des blancs-becs plus ou moins hirsutes qui ne jurent que par Muddy Waters et Chuck Berry déclenchent l’hystérie de l’autre côté de l’Atlantique, le professseur Zimmerman prépare son cocktail maison. Son élixir électrique. Preparing the medicine. Dans le sombre secret […]

DYLANOLOGIE. Maggie’s Farm Affirmation de soi

10 septembre 2016 Denis 0
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La ferme de Maggie, c’est l’usine, le bureau, le lieu de l’aliénation et de l’exploitation absolues, de l’enfermement (« His bedroom window / It is made out of bricks ») et de l’absurde. On y trouve un Dylan réduit en esclavage contraint de se mettre à quatre pattes pour laver le sol (« It’s a shame the way she makes me scrub the floor ») sous le regard amusé de la patronne des lieux, qui rappellerait presque la matronne de Cendrillon (une figure qui apparaît dans la galerie de personnages de « Desolation Row »), de son frère et de […]

DYLANOLOGIE. Chimes Of Freedom Un nouveau Dylan

9 juin 2016 Denis 0
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Les sept minutes de « Chimes of Freedom » marquent une étape fondamentale dans l’évolution de l’écriture dylanienne à la fois vers le romantisme et une forme plus libérée des règles et des contraintes (free verse). On a beaucoup cité William Blake et évidemment Arthur Rimbaud[1] comme de possibles influences, mais il faut peut-être aussi aller chercher du côté des transcendentalistes (l’idée de la nature comme porte d’accès à une vérité dont l’évidence s’impose d’elle-même) et même de Whitman, le grand barde national (peut-être avait-il jeté un œil à « Proud Music of the Sea Storm »). On veut trop faire de Dylan l’héritier […]

DYLANOLOGIE. Motorpsycho Nightmare En territoire inconnu

8 septembre 2015 Denis 0
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Si beaucoup de titres dylaniens comportent le mot « dream », comme nous avons déjà eu par ailleurs l’occasion de le faire remarquer (le sujet de la prochaine interro est parti à la repro), celui-ci est le seul qui fasse référence à un mauvais rêve. Point de créatures malfaisantes, de harpies déchaînées ou de visions fantasmatiques à la Edgar Allan Poe pour autant ici. Chez Dylan, le cauchemar absolu s’incarne dans la figure du redneck, ignorant, prompt à sortir le flingue, naturellement méfiant et viscéralement anti-communiste (même si stricto sensu le terme ne devrait s’appliquer qu’aux individus vaguement en mesure de définir […]

DYLANOLOGIE. I Shall Be Free Déclaration d'indépendance

11 juin 2015 Denis 0
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Chanson au titre programmatique, « I Shall Be Free » est une déclaration d’indépendance pleine de facétie, d’autodérision et d’un très dylanien sens de l’absurde. Encore une fois, les empêcheurs de chanter en rond qui veulent faire de Dylan le Pete Seeger des années soixante en sont pour leurs frais: le jeune homme est bien décidé à laisser libre cours à sa fantaisie joyeusement frondeuse, et il ne faut surtout pas compter sur lui pour jouer les parangons de vertu (« Well, I took me a woman last night / I was three-fourths drunk, she looked uptight »). On est d’ailleurs plus près de […]

DYLANOLOGIE. My back pages. Rien n'est sacré

11 mai 2014 Denis 2
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Another side of Bob Dylan: le titre du quatrième album annonce la couleur et clame au grand jour, déjà, une envie de tourner la page. Le succès est passé par là: désormais considéré comme une icône par le public, une poule aux œufs d’or par sa maison de disques et une référence par ses pairs, Dylan a changé de statut grâce ou à cause de son dernier disque, The times they are a-changin’. Nous sommes à l’été 1964. Seulement trois ans auparavant, un gamin du Minnesota débarquait à New York avec son étui à guitare et les chansons de Guthrie […]

DYLANOLOGIE. Only a pawn in their game. Libre pensée

11 avril 2014 Denis 0
Ceci est l'article 7 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Dans « The lonesome death of Hattie Carroll », c’est un Dylan moraliste et scandalisé par l’injustice et l’inégalité qui prend sa guitare pour chanter une élégie à l’innocence sacrifiée. Ici, en construisant une nouvelle fois sa composition autour d’un crime raciste (l’assassinat de Medgar Evers, militant pour les droits civiques affilié au NAACP, à Jackson, dans le Mississippi, par un membre du Ku Klux Klan), il se fait analyste politique et met à jour les rouages d’un système qui exploite à son profit les tensions raciales et les inégalités. Robert Zimmerman, issu d’une famille de commerçants juifs du Minnesota, produit de […]

DYLANOLOGIE. With God On Our Side Episode 6

28 janvier 2014 Denis 1
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« With God On Our Side », que l’on pourrait rebaptiser ou sous-titrer « American history revisited », démontre à quel point on ne saurait restreindre l’album The times they are a-changin’ à une réalité strictement et exclusivement contemporaine. Même si l’ombre de la guerre froide et de la menace nucléaire planent (« Now we’ve got weapons of the chemical dust / If fire we’re forced to then fire we must »), c’est à une véritable réinterprétation de l’histoire américaine depuis les origines que se livre Dylan dans ce titre fleuve de sept minutes et neuf couplets. Adoptant le point de vue du citoyen américain moyen […]

DYLANOLOGIE. The Lonesome Death Of Hattie Carroll Episode 5

21 janvier 2014 Denis 1
Ceci est l'article 5 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Une domestique noire, Hattie Carroll, misérable mère de dix enfants, battue à mort à coups de canne par un riche propriétaire blanc du Maryland nommé William Zanzinger: tel est le sordide fait divers, survenu en février 1963, qui a inspiré à Dylan l’une de ses compositions les plus déchirantes. Le chanteur-chroniqueur colle de si près au réel que son texte prend parfois des allures de compte-rendu journalistique à la précision redoutable (les détails abondent: le diamant au doigt de Zanzinger, les 600 hectares de sa ferme, ses 24 ans etc.), mais c’est surtout par sa capacité à prendre du recul […]

DYLANOLOGIE. A Hard Rain’s A-Gonna Fall L'émergence d'un ménestrel

20 septembre 2013 Denis 0
Ceci est l'article 4 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

De nombreux spécialistes de Dylan ont affirmé que la crise des missiles du Cuba de mai 1962 et la menace de fin du monde qu’elle fit peser l’avaient poussé à écrire « A Hard Rain’s A-Gonna Fall », la pluie du titre renvoyant au déluge nucléaire. S’il s’agit d’une hypothèse tout à fait crédible, tant il est vrai que le degré de paranoïa atteignit alors son point culminant, il n’en reste pas moins que l’apocalypse hante jusqu’à l’obsession l’œuvre dylanienne dans son ensemble, de « Gates of Eden » (« All and all can only fall / With a crashing but meaningless blow ») à « Things have […]

DYLANOLOGIE. Talking World War III Blues Satire dévastatrice

13 septembre 2013 Denis 0
Ceci est l'article 3 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Sur The Freewheelin’ Bob Dylan, son deuxième album, Dylan, pas si « en roue libre » et insouciant que ne le laissent entendre le titre et la pochette, jette un regard à la fois acéré et inquiet sur les maux qui rongent l’Amérique du début des années soixante. Laissant apparaître les multiples facettes de son talent et une capacité étonnante à changer de ton et de registre, il donne tour à tour dans l’intemporel et l’académisme folk (« Blowin’ in the wind », « A hard rain’s a-gonna fall »), la protest song sèchement dénonciatrice (« Masters of war », « Oxford town ») et la ballade sentimentale désabusée (« Don’t […]

DYLANOLOGIE. Song To Woody. Reprise du flambeau

5 avril 2013 Denis 0
Ceci est l'article 2 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Marcher dans les traces des anciens et tracer son propre sillon, emprunter en réinventant sans cesse, revendiquer un héritage tout en jouant les iconoclastes et les partisans de la table rase: tels sont les principes a priori contradictoires qui sous-tendent l’œuvre du plus grand songwriter que l’Amérique ait produit. Un individualiste forcené tel que Dylan, qui met un point d’honneur à se tenir à l’écart des ligues, des cliques et des meutes (« bande à part sacrebleu c’est ma règle et j’y tiens »), ne peut se choisir pour figures tutélaires que des hommes au caractère bien trempé et qui ont marqué […]

DYLANOLOGIE. Talking New York. Arrivée en ville

15 mars 2013 Denis 2
Ceci est l'article 1 sur 13 de la série DYLANOLOGIE

Dans la grande histoire du rock, on a souvent tendance à célébrer les grand bâtisseurs de mélodies, les alchimistes du son, les explorateurs de l’électronique et les briseurs de structures. Dans les pays non anglophones, le texte est ainsi souvent occulté, et les grands conteurs d’histoires sont laissés de côté. Toujours à la recherche de nouveau créneaux porteurs, PlanetGong a décidé de se pencher sur les textes de chansons plus ou moins obscures du plus grand de ces écrivains à guitare, celui qui par sa plume a révolutionné le petit monde de la pop dans les années soixante : Patrick Topaloff […]

WONDER BOYS A redécouvrir

8 novembre 2011 Denis 1

Film de Curtis Hanson (2001) Grady Tripp (Michael Douglas), écrivain et professeur de littérature à l’université de Pittsburgh, ne croit pas du tout au syndrome de la page blanche. Et pour cause. Encensé par la critique pour son premier roman publié quelques années auparavant, il n’a strictement plus rien pondu depuis. Panne d’inspiration? Inavouable flemme? Blocage post-succès? Que nenni. Quand Tripp s’assoit devant sa machine à écrire, il se met à taper avec une sorte de frénésie et de manière quasi-compulsive. Son problème, c’est précisément qu’il n’arrive plus à s’arrêter, et qu’à force d’empiler les pages noircies d’encre dans les tiroirs […]

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DESOLATION ROW Vol.2 Encore plus d'albums à ne pas écouter (Juillet - Décembre 2009)

9 mars 2010 Eric 7
Ceci est l'article 2 sur 5 de la série DESOLATION ROW

  Mars 2010… le moment n’est-il pas parfaitement choisi pour achever le bilan des mauvais disques de l’année 2009? « Pas du tout », nous répondriez-vous sans doute, avant d’enchaîner par quelque chose de vexant dans le genre de « vous êtes salement à la bourre, comme d’habitude. »   Que cela soit clair : dans l’hypothèse où cette conversation se produirait, vous n’auriez pas tort. BLAKROC : BlakrocQuand un des meilleurs groupes de blues s’associe à une flopée de rappeurs, il en résulte un album qui n’a réjoui ni fans des Black Keys, ni amateurs de hip-hop. Un croisement intéressant, mais qui manque […]

DON’T LOOK BACK. Dylan trace sa route

10 janvier 2010 Denis 1

D.A. Pennebaker Objet filmique hybride et novateur à bien des égards, Don’t Look Back, qui retrace la tournée de Bob Dylan au Royaume-Uni en 1965, est à l’image du personnage sur lequel D.A. Pennebaker braque sa caméra: difficilement réductible aux étiquettes et aux appellations. Ni portrait, ni documentaire classique avec voix off et témoignages à l’appui, ni recueil d’anecdotes backstage plus ou moins sulfureuses, le film propose une plongée dans l’intimité d’un artiste en pleine ébullition créatrice et en pleine mutation, qui porte en lui les germes d’une révolution musicale imminente. 1965, année charnière. Confronté pour la première fois aux attentes […]

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DESOLATION ROW Vol.1 Les occasions ratées (Janvier - Juillet 2009)

24 juillet 2009 Eric 12
Ceci est l'article 1 sur 5 de la série DESOLATION ROW

25 Juillet 2009 : Le temps passe vite, le fond de l’air est frais, il n’y a plus de saisons, c’est déjà l’été, et des flopées de disques sont sortis depuis le début de l’année dont on n’a pas parlé ici. Quelles ont été les principales déceptions de cette période ? C’est à la suite de ces réflexions lamentables et en se posant cette question que la décision d’effectuer une petite remise à niveau a été prise.   Voici donc, en exclusivité mondiale, un panorama non exhaustif des artistes qui auraient mieux fait de se casser une jambe, d’arrêter leur carrière, ou […]

BOB DYLAN – Bringing It All Back Home Révolutionnaire

2 juillet 2008 Rémi 6

(Columbia 1965) Ce disque, sorti en janvier 1965, est celui où, pour la première fois, Dylan a enregistré des morceaux en étant accompagné d’un groupe de rock. Il a ainsi abandonné le statut de chanteur folk qui lui avait pourtant valu un succès immense depuis la sortie de son premier disque, à peine trois ans plus tôt. A l’époque, la réaction est énorme : Dylan tourne délibérément le dos à la scène qui a fait de lui l’icône du protest-song, et le digne héritier de Woody Guthrie et de Pete Seeger. La scène folk de New York n’accepte pas ce […]

BOB DYLAN – Highway 61 Revisited. Qui dit mieux ?

5 avril 2006 Rémi 6

(CBS, 30 août 1965) Highway 61 Revisited, le meilleur album studio de Dylan, peut être considéré comme le disque le plus important de la décennie (et de l’histoire du rock). Lou Reed, pourtant avare de compliments, déclara: « personne ne peut concevoir ce que cela pouvait signifier d’être Bob Dylan en 1965 » . Cette année-là, en deux albums, Dylan a révolutionné la pop-musique. La sortie de Bringing It All Back Home (en janvier) avait outré la plupart de ses fans. Dans cet album, l’héritier de Woody Guthrie, prodige du folk et des protest-songs, était accompagné d’un groupe, et jouait de la guitare électrique. Beaucoup […]