CHICKEN DIAMOND – Chicken Diamond II Lourd et brûlant

(Beast Records 2012)

Environ un an après la sortie de son premier LP, Chicken Diamond rendait officielle aux mécréants que vous êtes l’annonce de la sortie d’un nouvel album. En moins de temps qu’il n’en faudrait à un aveugle pour apprendre le code de la route et ne reculant devant aucun sacrifice, la rédaction de PlanetGong a pris la décision qui s’imposait : consacrer à cet excitant one-man-band français (cela n’est pas un oxymore) un nouvel article. Hélas, les choses n’étant que ce qu’elles sont, la chronique de ce second album se fit cruellement attendre, je ne le sais que trop bien, ô sensible et exigeant lecteur : c’était dur et tu as souffert. L’heure de ton soulagement est heureusement venue : cette critique, la voici.

Sur ce disque, l’auditeur retrouvera les mêmes influences et la même « patte » du créateur : ceux qui auront eu le bon goût d’apprécier le premier album de Chicken Diamond peuvent d’ores et déjà se réjouir ; le style du second album est assez proche de celui du premier. Le travail de production semble avoir été beaucoup plus important que sur le premier disque, et les instruments sont aussi plus nombreux. Pour le reste, la rythmique est toujours très lourde et ne laisse que peu de liberté à l’auditeur qui se trouve constamment immergé dans un espace dense et parfois oppressant.

Chicken Diamond a écrit les onze chansons que contient ce disque, exception faite de « The Thrill is gone », une chanson popularisée par B.B. King, et à laquelle Chicken Diamond offre un traitement particulièrement impressionnant : sur son premier LP, il livrait avec bonheur une reprise Cramps et une du Velvet Underground ; sur son dernier disque, c’est une nouvelle réussite – peut-être encore plus grande. Dans un univers sonore très homogène, le disque présente des morceaux variés et inspirés, sur lesquelles Chicken Diamond impose sa voix sépulcrale avec une puissance démente. Après une introduction parlée qui déclame une des phrases qui résument le mieux le rock’n’roll (« One of these days, and it won’t be long, you’ll look for me, I’ll be gone »), Chicken Diamond lance les premières notes de « Disappear », et la grande orgie raw-blues peut commencer. L’album regorge en effet de riffs puissants et de morceaux mémorables (parmi lesquels « Gold Rush » et « Country Song » restent nos préférés). 

L’année précédente, nous écrivions notre impression admirative face à la maîtrise dont faisait preuve Chicken Diamond ; l’évolution qu’il a fait suivre à son projet n’a pas porté préjudice à ses productions, et l’accompagnement qu’il a organisé seul, en jouant la totalité des instruments de ce disque, est parfaitement en place (dans des styles différents, « Spitting in your face » et « High/Low Blues » sont des exemples parfaits du savoir-faire de Chicken Diamond). Ce disque est une nouvelle très belle réussite, réalisé sans compromis dans un style qui n’est pas le plus facile à appréhender pour les amateurs : félicitons son auteur et les passionnés de Beast Records qui lui ont permis d’exister.

  

 

Tracklisting :

  1. Disappear *
  2. Gold Rush  *
  3. 31 Highway
  4. Middle Class
  5. Get out of this town
  6. Spitting in you face  *
  7. The Thrill is gone
  8. Leaving in the morning
  9. Rock’n’Roll people
  10. Country Song  *
  11. High/Low Blues

 

Vidéo :

« Disappear »

 

Vinyle :

Chicken Diamond 2

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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