DAN RICO – Endless Love Garçon sensible

(Shit In Can Records / Maximum Pelt 2016)

Chers lecteurs courageux qui avez cliqué sur le lien de cette critique en dépit de son visuel intimidant : vous ne le regretterez pas. En effet, vous êtes sur le point de découvrir que Dan Rico n’est pas qu’un homme au charme indéniable ; il est aussi un musicien digne d’intérêt. Originaire de Chicago et membre du groupe de psych-rock Ego (qu’on ne connaissait pas avant de tomber sur Rico, mais qui est suffisamment barré pour valoir le détour), Dan Rico se permet une excursion solitaire avec Endless Love, son premier album. Celui-ci est publié par Maximum Pelt et le label français Shit In Can Records – un gage de qualité, puisque ce dernier compte déjà dans son catalogue quelques beaux noms (Magnetix, The Last Rapes of Mr Teach, etc.) 

Chers lecteurs fans de Frank Michael qui avez cliqué sur le lien de cette critique dans l’espoir de découvrir un album de la trempe de Toutes les femmes sont belles : vous risquez d’être déçus. Quand bien même toutes les chansons présentes ici sont des chansons d’amour, Dan Rico produit une musique moins bellâtre que ce que son inspiration esthétique laisse craindre. Endless Love affiche comme influence principale les monuments de la power pop des seventies (Elvis Costello, The Nerves…), couplés à un son lo-fi plus propre aux enregistrements récents du genre (Warm Soda). Fort logiquement, l’album met au centre des débats les mélodies et en contient, par bonheur, plusieurs mémorables : le triptyque introductif, « Don’t Look Back » ou bien encore « Dangerous » témoignent d’un talent d’écriture peu commun. Dan Rico joue en outre de tous les instruments sur le disque, et s’avère notamment un chanteur à la voix étranglée attachante, au jeu de guitare incisif et mélodieux.

L’album est composé de deux types de morceaux : ceux dont l’énergie peut être qualifiée de punk (« Soft Feeling » et son rythme countrisant, la classieuse « Endless Love », « Kinda Wanna » et ses choeurs rudimentaires, « Wasted Youth »), et qui sont selon nous les plus convaincants du disque ; les autres, qu’on qualifiera de ballades et sur lesquelles Dan Rico fait montre d’une sensibilité troublante (« On a Tear », « Smoking Curls », « After All »). L’album, de manière générale, est interprété avec un premier degré qui en vient à nous faire douter du caractère humoristique de la pochette. Dan Rico chante ses chansons d’amour de manière totalement décomplexée, ose quelques impairs esthétiques audacieux et charme immanquablement (ou presque – certains impairs sont vraiment trop audacieux pour nos oreilles, cf. les synthés cheap sur « After All »). Endless Love est un bel album qui séduira les derniers romantiques luttant pour leur survie en ce bas monde, et qui mérite largement que les futures critiques le concernant ne passent pas trois paragraphes à faire des vannes sur sa pochette au lieu de vanter ses indiscutables qualités musicales.

 

 

Tracklisting :

  1. Soft Feeling *
  2. Endless Love *
  3. Kinda Wanna *
  4. On a Tear
  5. Smoking Curls
  6. Don’t Look Back
  7. Casual Feeling
  8. Wasted Youth
  9. Gimme a Taste
  10. Dangerous *
  11. Cool Cold Heart
  12. After All

L’album est en écoute intégrale sur le Bandcamp de Shit In Can Records :

Il est également disponible sur le Bandcamp de Dan Rico avec un tracklisting un peu différent (il contient notamment la superbe « Jade Dagger »).

 

Vidéo :

« Soft Feeling »

Léo

Scribouillard double-sévreux, enthousiaste immodéré, ex-cédéphile.

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