DOGS. PADDINGTONS. Live Seconde classe (Camden Koko, Londres - Lundi 13 Février 2006)

La tournée des NME Awards Show est un must de ce côté de la Manche. Imaginez : pendant deux semaines les groupes les plus en vue du moment vont se succéder dans les salles de concert les plus prestigieuses de la capitale. Ce soir, deux outsiders se partageaient l’affiche punk-garage du Koko pour tester leur popularité. Qui en est sorti vainqueur? Pas grand monde en fait. On se demande même si le meilleur groupe de la soirée ne furent pas les honnêtes Five O’Clock Heroes et leur pop sans prétention?

Dogs auront au moins eu pour eux les faveurs du public. Champions à l’applaudimètre, le quintet londonien se sera rassuré sur sa popularité grandissante : le public hyper fashion a repris à tue-tête les meilleurs morceaux de son premier album (Turn Against This Land) et lui a réservé l’accueil le plus chaleureux de la soirée. On se permettra néanmoins de poser quelques réserves devant la qualité médiocre du groupe en concert. Jeu de scène inexistant, copier/coller du son de l’album? seule la qualité intrasèque des chansons punk telles que « London Bridge », « She’s Got a Reason », « It’s Not Right », « Heading For An Early Grave »nous a rendu le moment agréable. Dogs, un peu à l’image d’Art Brut, est un groupe cérébral où les paroles passent souvent avant la mélodie (quand il y en a une). A l’inverse des est-londoniens, un concert de Dogs n’est pas un véritable show rock’n’roll mais plus une transposition scolaire de morceaux à la structure très travaillée.

Quand il s’agit des Paddingtons, l’énergie ne manque pas, bien au contraire. C’est même le gros point fort du groupe et surtout un cache-misère indispensable pour compenser la répétitivité des titres de First Comes First et le fait que ce groupe manque singulièrement de charisme. Si Tom Atkins s’est fait un nom pour sa belle gueule et ses activités en dehors du groupe, on ne peut pas dire qu’il cristallise les regards à la façon d’un Mick Jagger ou d’un Pete Doherty. Poseur, la cravate desserrée façon chic négligé, fumant des clopes, il a passé la soirée à brailler ses chansons et snober le public en ne lui adressant pas la parole. Ce dernier ne lui en a pas voulu et a pogoté à tout va, dans un élan d’auto-persuasion assez représentatif de ce que le matraquage médiatique d’un journal à grand tirage peut accomplir. Si l’intervention du violoniste des Holloways sur un morceau n’a pas apporté pas grand-chose, il faut néanmoins reconnaître que certaines chansons ont des qualités hymniques indéniables. « Some Old Girl », « Sorry », « Panic Attack » sont le tiercé gagnant du groupe qui a profité de la soirée pour présenter des nouveaux morceaux qu’on a l’impression d’avoir déjà mille fois entendu. Inquiétant. 

Lorsque la bulle médiatique autour du groupe explosera, on peut parier que les Paddingtons se réveilleront avec la gueule de bois, les fans partis pour voir la prochaine marotte du moment. On attend d’eux une réaction rapide, sous peine de se voir relégués dans le rayon has-been avec The Music et autres Bravery.

Résultat de la soirée : match nul et vierge.

photo : Gregory Nolan

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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