THE FRESH & ONLYS – Early Years Anthology Trip nostalgique

(Castle Face 2015)

Peu de gens l’ont vécu sur l’instant mais ceux qui ont suivi de près leur trajectoire s’en souviennent : entre 2008 et 2012, les Fresh & Onlys furent le groupe le plus passionnant de la planète. Durant un bref instant, il semblait qu’aucune mauvaise chanson ne pouvait sortir de la guitare de Tim Cohen, que ce soit avec les Fresh & Onlys ou en solo. 
 
En 2009, les Fresh & Onlys étaient les fers de lance du renouveau qui a touché la scène californienne, et San Francisco en particulier, ces dernières années. Le premier album du groupe fut la première publication de Castle Face, le deuxième un des disques qui a permis à Woodsist de se faire connaître. The Fresh & Onlys avaient des dizaines de superbes chansons en stock et les interprétaient avec un style reconnaissable entre mille : voix chaleureuse de Tim Cohen légèrement saturée, riffs anguleux, guitares spaghetti et rythmique mécanique.  
 
Au fil des années, l’esthétique lo-fi s’est évaporée. L’aspect mélodique ayant pris le pas, le groupe a poli sa pop garage pour aller vers des sonorités psychédéliques douces (Play It Strange) puis vers une new wave grisâtre digne des Smiths (House Of Spirits). Tim Cohen s’est un peu noyé entre ses divers projets, les disques sont devenus moins passionnants, moins rock’n’roll. 
 
Alors que le groupe s’est reformé il y a peu pour quelques concerts avec son line-up original,voici que Castle Face publie Early Years Anthology, une compilation de morceaux n’ayant pas été jugés assez bons à l’époque de leur conception pour figurer sur le premier album du groupe.  
 
A l’époque, Tim Cohen et Shayde Sartin, les deux têtes pensantes du groupe, travaillaient à Amoeba Records à San Francisco. Ils concoctaient ensemble sur leur temps libre ce qui allait être la formule Fresh & Onlys. La principale joie que procure Early Years Anthology est celle de retrouver la patte du groupe des deux premiers albums du groupe, avec le line-up original comprenant les Sandwitches (Heidi Alexander et Grace Cooper) aux choeurs et percussions. 
 
Certes les chansons sont moins fortes que sur ces disques – il n’y a pas de mystère, les mecs ont fait le bon choix au moment de faire le tri – mais tout est ici d’un excellent niveau (plusieurs groupes de la Bay Area auraient donné cher pour écrire un truc tel que « I’m A Puppet » ou « Stranger In My House »). On s’étonne même pour une ou deux d’entre elles qu’elles n’aient pas été revisitées plus tard, à l’image de « Pile Of Bones », une des plus belles ballades de Tim Cohen.  
 
Le plus étonnant ici demeure ce sentiment de voyage dans le temps que procure l’album, prompt à une certaine nostalgie. Les fans des Fresh & Onlys devraient apprécier ce saut dans le temps, on invitera plutôt les néophytes à commencer à creuser la discographie du groupe par un de ses trois premiers albums, bien plus percutants et immédiats que cette compilation certes excellente, mais loin des sommets du groupe. 
 
  
 
Tracklisting

1. Tongue In My Cheek *
2. Don’t Look Down *
3. Seven Directions
4. Summer Wheels *
5. Double Sided Woman
6. Sunglasses
7. I’m A Puppet
8. Deviants Within
9. Bomb Wombs
10. Ooh I Got Got
11. Stranger In My House *
12. Pile Of Bones *

L’album s’écoute chez Consequence Of Sound

 
 Vinyle

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Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

2 Comments

  1. Moi ,ce qui m’épate c’est le nombre de groupes talentueux que vous nous faites découvrir . Qualité des compositions et de l’interprétation . Depuis des années par exemple un Anton NEWCOMBE
    soulève mon admiration . Merci pour cela et malgré tout ce qui se passe autour de nous ,cette « putain » de musique n’a pas fini de nous faire vibrer !

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