(Atlantic 2007)

Que ceux qui ont aimé en 2005 la pop de supermarché de Hard-Fi se réjouissent, leur groupe favori revient avec la même soupe dans un emballage différent – ou sans emballage plutôt car le groupe vient d’affirmer qu’il a “tué la pochette de disque” avec son album sans visuel intitulé Once Upon A Time In The West. Le monde entier est secoué par cette nouvelle, merci beaucoup. Quelqu’un a-t-il pensé à prévenir le groupe que les Beatles ont déjà fait le coup il y a 40 ans ?

Minimalistes sur la pochette, Hard-Fi ont plutôt tendance à avoir la main lourde en studio (chœurs féminins, violons horripilants, trompettes de fanfare, écho caverneux…). On tient assurément avec eux un des groupes les plus pompiers du moment. On comprend leur succès auprès du grand public : un morceau comme “Suburban Knights”, s’il est dénué de mélodie et multiplie les effets faciles, possède une accroche plaisante dans le refrain. Idéal pour les stades de foot. Le tout reste néanmoins très superficiel et extrêmement répétitif. Le groupe a une formule bien rodée depuis le premier album – cette pop emplie d’écho aux contours dub – qu’il cuisine à toutes les sauces, masquant la vacuité de son propos en modifiant de temps à autre les arrangements des morceaux : une dizaine de violons par ci, des grosses trompettes par là, un synthé au son eighties pour meubler un peu… Le pire morceau dans le genre est sans doute “Little Angel”, qu’on vous invite à écouter pour la rigolade.

Quand le groupe s’essaie à la ballade pleurnicharde, on tombe dans des clichés monumentaux que même Keane n’ont pas osé rééditer dans leur second album. Un truc aussi niais que “Television” devrait être interdit en 2007, d’autant que les paroles de cette chanson (anti-TV waouh !) sont d’une platitude peu commune. Le groupe ne s’arrête pas là et propose d’autres horreurs soi-disant introspectives comme “Tonight”, “Help Me Please” ou “The King”.

Dans le meilleur des cas, Hard-Fi sonne comme un sous-Kasabian, dans les moments les plus faibles, comme notre pire cauchemar : de la pop britannique prétentieuse et sans fond. A oublier.

 

 

Tracklisting :

   1. Suburban Knights
   2. I Shall Overcome
   3. Tonight
   4. Watch Me Fall Apart
   5. I Close My Eyes
   6. Television
   7. Help Me Please
   8. Can’t Get Along (Without You)
   9. We Need Love
  10. Little Angel
  11. The King