PAUL DRUMMOND – The Saga Of Roky Erickson And The 13th Floor Elevators Lecture estivale

(Eye Mind 2007)

Sorti l’année dernière, ce livre indispensable à tout fan de garage 60s fera sans nul doute référence dans quelques années lorsqu’il s’agira d’évoquer les mythiques 13th Floor Elevators et la scène garage-sixties du Texas en général.

Extrêmement bien documenté, riche d’interviews nombreuses et d’une centaine de photos rarissimes, plutôt bien écrit (Paul Drummond est journaliste dans l’indispensable magazine Mojo), ce livre traite tous les aspects de la vie d’un des groupes les plus cultes de la scène psychédélique américaine. On découvre ainsi comment fonctionnait la dynamique du groupe avec un certain ébahissement : le benjamin surdoué Erickson hurlait à s’en déchirer les poumons, le guitariste Stacy Sutherland dirigeait la manœuvre autour des ses motifs de guitare hypnotiques, le joueur de jarre électrique Tommy Hall distribuait le LSD et jouait aux gourous mystique en glissant des messages opaques dans les textes du groupe.

Témoignage terrifiant du conservatisme américain dans le Texas de l’époque, ce livre narre les malheurs du groupe, de leurs arrestations diverses à la folie qui a commencé à habiter ses membres les uns après les autres. Si tout amateur de Nuggets connaît l’histoire de Roky Erickson, dont les mésaventures en asile psychiatrique ont fait la légende, la mort prématurée de Stacy Sutherland et la retraite en ermitage de Tommy Hall sont des histoires assez stupéfiantes qui donnent au groupe une dimension encore plus tragique.

Ce livre indispensable rend enfin aux Elevators l’hommage qu’ils méritent. Leur influence au cours de ses 40 dernières années ne s’est jamais démentie, et ils demeurent toujours le mètre étalon en matière de rock trippant dérangé et dérangeant. Le travail de Paul Drummond (plus de 11 années de recherches, d’interviews et d’obsession) est en tous points admirable. A la lecture de ce livre, il est impossible de ne pas écouter Easter Everywhere en boucle. Un grand livre pour un grand groupe.

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. En effet, c’est tentant comme lecture estivale, ou automnale, ou hivernale etc. Surtout que ce week end j’ai trouvé l’édition mono en vinyle chez Gibert de leur premier album.  J’essaye de trouver Never Say Goodbye sur le net, pour écouter ce que ça donne, enregistrements inédits réalisés entre 1971 et 1985, dont certains dépouillés ont été enregistrés durant le séjour en hôpital psychiatrique de Roky Erickson.  Pas encore trouvés. Une piste ?

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