MONDO DRAG – Mondo Drag Résurrection

 (Kozmik Artifactz 2015)

Souvenez vous, c’était il y a une éternité, bien avant cet étonnant revival heavy psych porté aujourd’hui par Black Rainbows et Fuzz. C’était à l’époque ou chaque disque estampillé Alive Records était fantastique, la vraie garantie d’une bonne dose de rock’n’roll (oui, ça remonte). A l’époque les groupes sur le roster du label s’appelaient Brimstone Howl, Hacienda, Buffalo Killers, Black Diamond Heavies, et les derniers venus Mondo Drag venaient de publier sur l’éminent label de Los Angeles un premier album fabuleux.
 
C’était en 2010 et depuis les temps ont bien changé. Alive a changé son fusil d’épaule et a délaissé le garage et le blues crade pour une musique allant de plus en plus vers l’americana et le rock à papa, bien moins passionnante (la palme revenant aux inénarrables Waves Of Fury). De son côté le groupe a cessé de donner des signes de vie peu de temps après la tournée qui a suivi la publication de New Rituals. Silence radio pendant 5 ans. Autant dire qu’on n’attendait plus rien du groupe, on pensait même qu’il n’existait plus. 
 
Il n’en est évidemment rien, vu qu’on chronique ici ce nouvel album arrivé de nulle part. En réalité, si Mondo Drag a connu des déboires, c’est à cause de Radio Moscow. En effet, non content de nous intoxiquer avec ses solos de wah-wah qui donnent la migraine, le groupe de Parker Griggs a, lors de sa fracassante séparation en 2012, entraîné Mondo Drag dans sa chute. On le sait, lorsqu’ils ont quitté Radio Moscow, le batteur Cory Berry et le bassiste Zack Anderson ont fondé Blues Pills, groupe de blues psychédélique à peine moins barbant que Radio Moscow, mais tout aussi populaire. Ce qu’on sait moins, c’est que Berry et Anderson ont aussi trouvé refuge chez Mondo Drag à la même période. Seul souci : quand Blues Pills a pris son envol, la section rythmique est partie vivre en Suède, laissant Mondo Drag dans l’embarras alors que le groupe venait d’enregistrer un album.

Mondo Drag a mis plusieurs années à se remettre de ce départ et a connu un ballet incessant de batteurs et bassistes. Désormais basé en Californie, avec un line-up enfin stable, le groupe est de nouveau actif et a décidé en début d’année 2015 de publier les sessions enregistrées avec l’ancienne section rythmique, afin de solder le passé et de se tourner vers l’avenir. 

Mondo Drag, le résultat de ces enregistrements, est un album plus progressif que son prédécesseur qui était versé dans le heavy-psych et le blues lourd. On est frappé dès l’ouverture « Zephyr » par l’omniprésence de l’orgue, qui confère au groupe un côté Vanilla Fudge. Chant scandé, guitares sinueuses, tempo lent et guitares lourdes sont les autres ingrédients de cette version de Mondo Drag, bien moins space que jadis, mais toujours aussi planant. Une des inspirations principales de l’album semble être Pink Floyd, dont on retrouve quelques inflexions ici, en particulier ces notes de guitare étirées à la David Gilmour (qui faisaient déjà le charme du premier album). C’est sensible sur « Crystal Visions Open Eyes », et particulièrement sur « Pillars Of The Sky », qui pourrait être un inédit du groupe dans sa période Pompéi (il évoque fortement « Celestal Voices », la partie finale de la chanson « A Saucerful Of Secrets »).

L’album est plutôt court – 7 morceaux, 35 minutes – et réussit à la perfection son entreprise de mystification : Mondo Drag sonne à s’y méprendre comme un album sorti au début des années 70. Atmosphérique, psychédélique, kraut même l’espace d’une chanson (« Shifting Sands »), empli de moments de bravoure (notamment du côté des solos de guitare), mais admirablement équilibré, il annonce fièrement la résurrection d’un groupe qu’on croyait disparu à jamais et qui pourrait bien, enfin, confirmer son potentiel. Vivement la suite !

 

 

Tracklisting

  1. Zephyr *
  2. Crystal Visions Open Eyes
  3. The Dawn
  4. Plumajilla
  5. Shifting Sands *
  6. Pillars Of The Sky *
  7. Snakeskin

L’album est en écoute intégrale sur Bandcamp : 

 

Vidéo

« Zephyr »

 

Vinyle : 

Mondo drag

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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