THE BEES – Octopus L'arrivée du printemps

(Virgin 2007)

Ce troisième album du groupe de l’Ile de Wight emmené par Aaron Fletcher et Paul Butler est une des disques les plus attendus de l’année. Après un premier album très agréable (Sunshine Hit Me, 2002), suivi deux ans plus tard par l’extraordinaire Free The Bees, voici donc Octopus. Ce disque dispose de la richesse d’orchestration que son prédécesseur; Butler et Fletcher s’entourent du même groupe que pour Free The Bees, et Kris Birkin (guitare), Michael Clevett (batterie), Tim Parkin (trompette) et Warren Hampshire (orgue Hammond) sont désormais membres « officiels » des Bees.

Le groupe joue une musique pop inventive et débridée, et se place volontairement en dehors de la scène pop-rock : la vague eighties qui accable une grande partie de la scène britannique depuis quelques années n’a heureusement pas atteint le nouveau studio du groupe. La première piste du disque, « Who cares what the question is ? » donne le ton de l’album ; enjoué et entraînant, dans la lignée de morceaux tels que « Wash In The Rain » ou « No Atmosphere », « Who cares…? » est une chanson à l’efficacité immédiate et à la  construction implacable. Les choeurs du groupe sont parfaitement soignés, et accompagnent le chant sur la plupart des morceaux (ils sont véritablement impressionnants, en particulier sur une chanson comme « The ocularist »). L’album est impeccable : les trompettes règnent sur « Got to let go » et le reggae sous-marin « Listening Man », les percussions donnent du relief à la singulière ballade « Stand », et le morceau soul lancinant « (This is for the) Better Days » est un autre exemple de la qualité d’écriture du duo Aaron Fletcher – Paul Butler. Ce duo sait se hisser à la hauteur d’un Ray Davies période Something Else By The Kinks sur la magnifique « The Ocularist ».

Le groupe est rodé, et sonne résolument sixties : la base rythmique est parfaite, les guitares ne se perdent jamais dans d’inutiles solos, les trompettes sont délirantes, et l’orgue Hammond plus pertinent que jamais. Le disque se poursuit sans faiblir jusqu’à la chanson « End of the Street » , qui conclue l’album ; il s’agit d’un boeuf, sur lequel le groupe ponctue les fins de phrases de coups de klaxon, cris de canards, sonnettes, hurlements, cloches, etc. : un grand moment de n’importe quoi, improbable et réjouissant, qui prouve que The Bees sont un groupe unique, et qu’ils souhaitent le rester.

Avec leur troisième album, The Bees ont franchi un nouveau palier ; ce groupe est définitivement plus talentueux que la plupart de ses contemporains, et cet Octopus restera comme un des excellents disques de l’année 2007. 

 

 

Tracklisting :

1. Who cares what the question is ? *
2. Love in the harbour
3. Left Foot Stepdown *
4. Got to let go *
5. Listening Man
6. Stand
7. (This is for the) Better Days *
8. The Ocularist *
9. Hot One
10. End of the Street *

 

Vidéos :

« Who Cares What The Question Is »

 
« Listening Man »
 

 

Vinyle :

The Bees - Octopus

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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