THE ALIENS – Luna Amazing journey

(Pet Rock 2008)

Formé en 2007 suite à la dissolution de Beta Band, The Aliens est un trio tout à fait étonnant. Ses trois membres ont tous à un moment donné fait partie du groupe d’astronautes écossais (le chanteur/guitariste Gordon Anderson est parti en 1997, le batteur Robin Jones et le claviériste John McLean en 2004) et gardent de ce groupe séminal un goût pour une pop aventureuse et atmosphérique. Leur premier album, Astronomy For Dogs, souffrait d’une trop grande révérence aux influences sixties et seventies du groupe (comme « Setting Sun », copié-collé de « All Along The Watchtower ») mais possédait ses bons moments (on pense notamment à « Robot Man » et « The Happy Song »).

Le deuxième débute de façon délirante avec « Bobby’s Song », un morceau planant sans queue ni tête comme on a plutôt l’habitude d’entendre en fin d’album chez les groupes vaguement expérimentaux. Blip-blips divers, Moog omniprésent, mélodie aérienne, ambiance rétro-futuriste légère, passages déjantés (notamment un bout de marche militaire, un air d’accordéon avec mouettes en fond, une montée en décollage de fusée) : le groupe met tout de suite l’auditeur dans le bain psychédélique de Luna. Aux premières écoutes, c’est n’importe quoi, à partir de la 16ème, on anticipe les passages avec le sourire coincé entre les oreilles.

Le reste de l’album oscille entre le brillant et le médiocre. The Aliens savent envoyer des morceaux étonnants comme « Everyone » (à mi-chemin entre les Beach Boys, Vladimir Cosma et T-Rex), « Magic Man » (qui pourrait être un générique de dessin animé repris par Kasabian), le magnifique ballet lunaire « Blue Mantle » ou la mélopée « Sunlamp Show » (imaginez Jean-Jacques Perrey jammant sur « Sympathy For The Devil »). Le groupe fourmille d’idée qu’il disperse à tout va dans ses chansons, sans retenue aucune, pour le meilleur et pour le pire. Il en résulte une ou deux atrocités, comme la guimauve de « Theramin », digne du dernier Air, ou le rock pompier de « Billy Jack » qui fleure les années 80, du son de batterie au solo gluant. The Aliens sont la preuve vivante qu’entre le sublime et le ridicule il n’y a souvent qu’un pas.

Malgré ces quelques faux-pas, l’inventivité, l’enthousiasme du groupe et l’ambiance potache qui se dégagent de cet album ne peuvent que séduire. The Aliens proposent une invitation à un voyage interstellaire, parfois traversé de ceintures d’astéroïdes mais le plus souvent confortable et étonnant. Luna ne ressemble à aucun album que vous écouterez en 2008. Les fans du Pink Floyd space, de Moon Safari et de SF kitsch adoreront.

  

 

Tracklisting :

1. Bobby’s Song *
2. Amen
3. Theremin
4. Everyone *
5. Magic Man
6. Billy Jack
7. Luna
8. Dove Returning
9. Sunlamp Show *
10. Smoggy Bog *
11. Daffodils
12. Boats
13. Blue Mantle *

Pour écouter quelques extraits de cet album futuriste et loufoque : www.myspace.com/thealiens1

 

Vidéo :

La vidéo du premier single de cet album : « Magic Man »

 

Vinyle :

The Aliens - Luna

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

4 Comments

  1. Heureusement que tu as fait figurer ce disque au nombre des bonnes découvertes de l’année 2008! Parce que je te trouve un peu dur avec « Theramin » et « Billy Jack » quand tu les qualifies d’ « atrocités »! « Theramin » se rapproche plus des Beach Boys que de Air et prépare joliment l’arrivée de « Everyone » (on peut certes trouver à ce dernier une forme de parenté lointaine avec Vladimir Cosma, mais avoue que la référence n’est pas très flatteuse); après plusieurs écoutes, je dirais que les deux s’enchaînent très bien au point de constituer une espèce de diptyque. Quant à « Billy Jack », je ne trouve pas que cela fleure les années 80. Je remonterais d’une décennie. Il y a des réminiscences prog et quelques solos limites Thin Lizzy/Lynyrd Skynyrd, mais rien de vraiment honteux. C’est quand même pas « 1984 » de Van Halen!

  2. Heureusement que tu as fait figurer ce disque au nombre des bonnes découvertes de l’année 2008! Parce que je te trouve un peu dur avec « Theramin » et « Billy Jack » quand tu les qualifies d’ « atrocités »! « Theramin » se rapproche plus des Beach Boys que de Air et prépare joliment l’arrivée de « Everyone » (on peut certes trouver à ce dernier une forme de parenté lointaine avec Vladimir Cosma, mais avoue que la référence n’est pas très flatteuse); après plusieurs écoutes, je dirais que les deux s’enchaînent très bien au point de constituer une espèce de diptyque. Quant à « Billy Jack », je ne trouve pas que cela fleure les années 80. Je remonterais d’une décennie. Il y a des réminiscences prog et quelques solos limites Thin Lizzy/Lynyrd Skynyrd, mais rien de vraiment honteux. C’est quand même pas « 1984 » de Van Halen!

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