THE ANIMALS – The Animals Blues Boom

(Columbia 1964)

Sorti en octobre 1964 en Grande-Bretagne par Columbia, ce disque est un instantané parfait de la situation musicale de son époque… En effet, des groupes anglais qui reprennent des morceaux de Rhythm’n’Blues américain, on en trouve à foison en ce début de décennie (les plus célèbres sont les Pretty Things, les Yardbirds et les Rolling Stones). Au début des annés soixante, ces groupes vont faire découvrir au monde le répertoire des artistes noirs américains, qu’ils soient bluesmen ou pionniers du rock’n’roll: John Lee Hooker, BB King, Muddy Waters, Fats Domino, Bo Diddley, Chuck Berry, Howlin’ Wolf… C’est dans cet extraordinaire « réservoir » de chansons que les apprentis rockers britanniques vont puiser la quasi-totalité de leurs premiers albums.

Les Animals se distinguent de leurs collègues anglais par leurs deux atouts majeurs: la voix d’Eric Burdon, le meilleur chanteur de Rhythm’n’Blues britannique, et Alan Price, organiste et responsable des arrangements musicaux (c’est sous sa direction que les Animals ont enregistré la version définitive de »The House of the Rising Sun », chanson sortie en single en juin 1964, n°1 des deux côtés de l’Atlantique, et absente de l’album original). Le groupe, fondé en 1960, s’appelait à l’origine The Alan Price Combo, et ce ne fut qu’après l’arrivée de Burdon (en 1962) et à la suite des remarques de leurs fans et des journalistes sur leurs performance live, que le nom de Animals fut adopté.
 
Leur premier album, nommé The Animals (quelle imagination) débute avec « Story of Bo Diddley », qui s’étire sur près de six minutes, et sur laquelle on entend le fameux « jungle beat », base rythmique caractéristique du plus grand génie black à lunettes auto-proclamé de l’histoire du rock. Burdon y chante une biographie du maître et une brève présentation de la scène rock’n’roll nord-américaine; l’histoire finit à un concert des Animals, où Bo Diddley commente (à sa manière, délicate et raffinée) le spectacle auquel il vient d’assister: « this show is the biggest load of rubbish I ever heard in my life« …

Le reste de l’album est exclusivement composé de reprises, par lesquels les Animals honorent les chansons de leurs idoles: « Dimples », « I’m Mad Again », et « Boom Boom » (John Lee Hooker), « Memphis Tennessee » et « Around and Around » (Chuck Berry), « I’m in love again » et « I’ve been around » (Fats Domino)… L’album est homogène, de grande qualité du début à la fin. Sur chacun des morceaux, l’orgue de Price est omniprésent, la guitare et la batterie sont impeccables, Burdon impose sa voix, et le jeu de basse saisissant – en particulier sur « I’m in love again » et « The girl can’t help it » – prouve que, quelques années avant de découvrir un certain Jimi Hendrix (puis de devenir son manager), Chas Chandler était un excellent bassiste.

Le 33 tours original est donc un très bon album (l’un des très grands albums de Rhythm’n’Blues britannique), Planetgong conseillera pour l’écoute CD la réédition réalisée par Magic Records en 1999, The Animals (Vol.1), qui offre en bonus « The House of the Rising Sun », « I’m Crying » ainsi que toutes les chansons sorties (en France) en single, et l’inévitable titre inédit: « Baby what’s wrong ».

 

 

Tracklisting :

Face A
   1. Story of Bo Diddley (Eric Burdon, Ellas McDaniel)
   2. Bury My Body (Al Kooper, Alan Price)
   3. Dimples (John Lee Hooker)
   4. I’ve Been Around (Fats Domino)
   5. I’m In Love Again (Fats Domino, Dave Bartholomew)
   6. The Girl Can’t Help It (Bobby Troup)

Face B
   1. I’m Mad Again (John Lee Hooker)
   2. She Said Yeah (Larry Williams)
   3. Right Time (Nappy Brown)
   4. Memphis Tennessee (Chuck Berry)
   5. Boom Boom (John Lee Hooker)
   6. Around and Around (Chuck Berry)

 

Vidéos :

The Animals aux NME Awards en 1965. Partie 1 : « Boom Boom », « Don’t Let Me Be Misunderstood »

 
Partie 2 : « Talkin About You »
 
 
« I’m Crying »
 
 
Le classique des classiques : « House Of The Rising Sun »
 

 

Vinyle :

The Animals - The Animals

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

3 Comments

  1. Ha ha je crois que le mec qui présente le gorupe sur la vidéo de Boom Boom est Jimmy Saville, un mec en photo dans l’un de mes LP des Stones « around & artound » (réedition age d’or des rolling
    stones). En tout cas j’ai trouvé l’ep house of rising sun en vide grenier ya une semaine. Au top ! faut que j’approfondisse dans le reste

Laisser un commentaire