(RCA 2007)

Voilà le type même de groupe dont la carrière a été marquée par un phénomène qu’on pourrait qualifier de “syndrome NME”. The Cooper Temple Clause, cinq lads de Reading au son hésitant entre shoegazing à la mancunienne et prog lourd aux guitares grossières, sont subitement devenus populaires en 2002, grâce au magazine anglais qui aimait leurs coupes de cheveux et cherchait désespérément une réponse anglaise aux Strokes, White Stripes, Hives, Vines… Cette vague garage qui réveillait le rock’n’roll était alors la cause d’une grande frustration outre-manche : aucun groupe anglais n’émergeant, le NME créa ses propres idoles. Si de cette campagne sortirent des groupes aussi brillants que The Coral et les Libertines, quelques coquilles vides comme The Music ou The Cooper Temple Clause furent célébrés comme les sauveurs du rock anglais.

Depuis cette époque, les deux albums anecdotiques sortis en 2002 et 2003 (sous les hourras du magazine) prennent la poussière sur des milliers d’étagères. Inutile de dire que le même sort attend ce troisième opus encore moins consistant que les deux précédents. Le son oscille désormais entre Keane ou Placebo pour les ballades (l’electro-pop à vomir de “Connect”, le single beuglard “Waiting Game”), Muse dès que les limites du mauvais goût et de la surenchère sont dépassées (l’insupportable stoner pompier de “Homo Sapiens”). On ne retiendra de cet album que la ballade folk “Take Comfort” (malgré sa mélodie pompée sur les couplets d'”I Want You” de Bob Dylan) et peut-être l’ouverture “Damage”, qui peut accrocher dans certains moments de faiblesse.

De l’avis de tous, cet album est sans intérêt. Le NME, qui depuis 2003 a trouvé des idoles plus vendeuses que The Cooper Temple Clause, l’a bien évidemment descendu (phase 2 du syndrome NME), arguant que le groupe aurait perdu son âme avec le départ du fantasque bassiste Didz Hammond pour les Dirty Pretty Things de Carl Barât. Ridicule. Avec ou sans Hammond, The Cooper Temple Clause n’ont jamais été qu’un groupe baggy de deuxième division avec un chanteur singeant pathétiquement Liam Gallagher. Si l’histoire les retiendra pour leur bassiste et une paire de morceaux décents, l’intérêt d’acheter cet album insignifiant est nul.

Malgré cela, on encouragera grandement le groupe à ne pas lacher le morceau et à continuer de sortir des albums comme celui-ci : il replace les albums d’Oasis, de Kasabian et des Stone Roses dans une certaine perspective et nous rend compte à quel point ils sont bons. Sans mauvais groupes, il n’y en aurait pas de bons. Merci à The Cooper Temple Clause d’exister.