WILLIE DIXON – The Chess Box Lui et les autres

(enregistrements 1951-1968, édition 2 CD Chess: 1990; réédition: 1997)

Cette compilation regroupe les meilleures chansons de Willie Dixon, interprétées par les bluesmen du label Chess pendant les années 1950 et 1960: Muddy Waters, Howlin’ Wolf, Otis Rush…

Dixon est né en 1915 à Vicksburg, dans l’état du Mississippi. Après quelques années durant lesquelles il chante dans différents groupes de gospel, il part pour Chicago au début des années 1930 pour commencer une carrière de boxeur. Après des débuts prometteurs (il obtient le titre de l’‘Illinois State Golden Gloves Heavyweight Championship en 1937), une dispute avec son manager le conduit à abandonner la boxe pour se consacrer à la musique. A partir de 1951, il va être au centre de la compagnie de disques montée par Leonard et Phil Chess à Chicago. Ses fonctions sont multiples: il est chargé de découvrir et de signer de nouveaux talents, d’écrire et de composer des chansons, de jouer (de la basse ou de la contrebasse) sur la quasi-totalité des morceaux sortis sur le label, et enfin de les produire…

Le jeu de basse de Willie Dixon est celui qui a défini le modèle de la basse rock: pour s’en convaincre, l’écoute de n’importe quel morceau de Chuck Berry des années 1950 est suffisante; Dixon tient la basse sur « Maybellene », « Rock’n’Roll Music », « Roll over Beethoven », « Johnny B.Goode » et sur tous les autres classiques du pionnier du Rock’n’Roll.

De plus, par son rôle de producteur, Willie Dixon est responsable de l’évolution du son de Blues de Chicago à partir de 1951, le son qui va devenir la référence du blues de la deuxième partie du XXème siècle: aux antipodes du country-blues acoustique, il est clairement urbain et électrique (l’évolution du style de Muddy Waters en est l’exemple parfait). Au début des années 1960, cet univers sonore va révolutionner la nouvelle scène britannique (Yardbirds, Animals, Pretty Things, Rolling Stones, etc.).

Cependant, au-delà de ses qualités de producteur et de musicien, ce sont ses compositions qui font de Willie Dixon un des plus importants artistes de Blues. Homme de l’ombre, il sait choisir l’interprète qui conviendra le mieux à chacune de ses chansons. Howlin’ Wolf lui doit quelques-unes de ses plus belles chansons: « Evil », « I ain’t superstitious », « Little red rooster », « Back door man ». Muddy Waters, autre géant du Blues, lui doit également beaucoup: « (I’m your) Hoochie-Coochie man », « I just want to make love to you », « You need love »: ces classiques de son répertoire sont toutes signées Willie Dixon. Ses talents ont également profité à l’extraordinaire inventeur du rock (autoproclamé), Bo Diddley: sur « You can’t judge a book by its cover » et « Pretty thing », l’écriture de Dixon se marie parfaitement au jungle beat, base rythmique caractéristique de Bo Diddley. De nombreux autres bluesmen, moins célèbres, ont également interprété les chansons de Dixon: les harmonicistes Little Walter, Willie Mabon et Sonny Boy Williamson (aka Willie Rice Miller), le pianiste Eddie Boyd, les guitaristes Lowell Fulson et Otis Rush, les chanteurs Jimmy Witherspoon et Koko Taylor… Chacun d’entre eux doit tout ou partie de sa carrière aux morceaux de Willie Dixon.

Au début des années 1960, la scène blues de Chicago participe à l’American Folk Blues Festival (organisé par Georgio Gomelski, le manager des Yardbirds) et donne une série de concert à travers l’Europe. Les jeunes groupes vont très vite reprendre le répertoire unique de Willie Dixon, et le faire découvrir à bien plus grande échelle. Les Rolling Stones (« I just want to make love to you » ; »Little red rooster »), les Pretty Things (hum, « Pretty thing »), Jeff Beck (« I ain’t superstitious »), Cream (« Spoonful ») et Led Zeppelin (« You shook me »; « Bring it on home »; « I can’t quit you baby ») donnent une nouvelle vie aux chansons de Dixon. Un peu plus tard, des artistes américains comme les Grateful Dead (« Spoonful »), Jimi Hendrix (« Hoochie Coochie Man ») et les Doors (« Back door man », « Little red rooster ») vont à leur tour revisiter les morceaux du bluesman le plus influent – et le plus méconnu – de la seconde partie du XXème siècle. The Chess Box est une extraordinaire compilation qui permet de saisir l’importance unique de l’œuvre de Willie Dixon dans l’évolution du Blues, puis dans le développement de la scène pop-rock.

 

 

Tracklisting : 

Disque 1
1. My Babe – Little Walter
2. Violent Love [#] – The Big Three Trio
3. Third Degree – Eddie Boyd
4. Seventh Son – Willie Mabon
5. Crazy for My Baby [#] – Willie Dixon
6. Pain in My Heart [#] – Willie Dixon
7. (I’m Your) Hoochie Coochie Man – Willie Dixon
8. Evil – Howlin’ Wolf
9. Mellow Down Easy – Little Walter
10. When the Lights Go Out – Jimmy Witherspoon
11. Young Fashioned Ways [#] – Muddy Waters
12. Pretty Thing – Bo Diddley
13. I’m Ready – Muddy Waters
14. Do Me Right – Lowell Fulson
15. I Just Want to Make Love to You – Muddy Waters
16. Tollin’ Bells – Lowell Fulson
17. 29 Ways [#] – Willie Dixon
18. Walking the Blues – Willie Dixon

Disque 2
1. Spoonful – Howlin’ Wolf
2. You Know My Love – Otis Rush
3. You Can’t Judge a Book by Its Cover – Bo Diddley
4. I Ain’t Superstitious – Howlin’ Wolf
5. You Need Love [#] – Muddy Waters
6. Little Red Rooster – Howlin’ Wolf
7. Back Door Man – Howlin’ Wolf
8. Dead Presidents [#] – Little Walter
9. Hidden Charms – Howlin’ Wolf
10. You Shook Me – Muddy Waters
11. Bring It on Home – Sonny Boy Williamson
12. Three Hundred Pounds of Joy – Howlin’ Wolf
13. Weak Brain, Narrow Mind [#] – Willie Dixon
14. Wang Dang Doodle – Koko Taylor
15. Same Thing [Live] – Muddy Waters
16. Built for Comfort – Howlin’ Wolf
17. I Can’t Quit You Baby – Little Milton
18. Insane Asylum – Koko Taylor

 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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