The LONG BLONDES – Couples Mainstream

(Rough Trade 2008)
 
 
 
Le monde a-t-il besoin d’un revival Blondie ? Si le premier album des Long Blondes contenait quelques éléments disco-punk, il était avant tout un disque d’indie pop dans la grande tradition britannique. « Couples » marque un changement de cap important pour le groupe qui semble avoir décidé de mettre en avant sa face la plus pop. En recrutant le DJ superstar Erol Alkan à la production, les Long Blondes ont fait plus qu’un choix artistique, ils ont tourné le dos à tout ce qui faisait l’identité de leur premier album (en un mot Sheffield) et ont opté pour la lumière des dancefloors de la capitale.
 
Les premières mesures du single binaire « Century » ne laissent aucun doute : « Couples » est un album discoïde. Oubliez toute accointance avec les Libertines ou Pulp, le groupe s’est offert un son clinquant, bardé de joujous électroniques, devant lequel la chanteuse Kate Jackson prend des poses de plus en plus affectées. Cette production pimpante éloigne le groupe des territoires rock qu’on lui connaissait au point qu’on trouve par moment à « Couples » des airs d’Abba ou de Cardigans. Virgin Radio et RTL2 vont adorer.
 
Que faut il retenir de cet album ? Une paire de chansons irrésistibles quand on a envie de faire danser ses amis comme la funky « Guilt » – à l’intro digne de « It’s Raining Men » – qui aurait pu figurer sur le dernier album de Madonna, ou ce « Century ». On trouve aussi un duo de chansons lentes qui tient la route (« Nostalgia », « Round The Hairpin ») et surtout un niveau d’écriture qui a considérablement baissé depuis le premier album. Moins d’éléments d’accroche, moins de mélodies immédiates. Moins de classe.
 
« Couples » est au mieux un album moyen, au contenu homogène. Certains morceaux ressemblent trop à d’autres de Someone To Drive You Home (« I Liked The Boys », voisin de « Separated By Motorways », notamment) et l’innovation n’est pas vraiment au rendez-vous. Passé la surprise du son poli, l’album étonne finalement peu et ne cesse de décevoir. Le seul morceau mémorable ici est sans doute « Guilt » qui rappelle vaguement « Giddy Stratospheres ». The Long Blondes ont choisi de virer mainstream. On leur souhaite de la réussite, mais on préférait quand même quand ils écrivaient des bonnes chansons.

 

 

Tracklisting :

  1. Century
  2. Guilt  *
  3. The couples
  4. I liked the boys
  5. Here comes the serious bit
  6. Round the hairpin  *
  7. Too clever by half
  8. Erin O’Connor
  9. Nostalgia  *
  10. I’m going to hell

 

Vidéos :

« Guilt »

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

4 Comments

  1. Je trouve votre analyse étrange… L’album n’est pas fabuleux, mais de là à pousser la comparaison avec Abba et les Cardigans. Je trouve la production plutôt minimaliste et froide ! C’est album discoïde certes pour son côté synthé répétitif, mais pas commercial !

  2. Les deux titres de l’album que j’ai entendu étaient loin d’être bons…
    Une tentative un peu désespérée d’attirer un grand public qui n’avait pas accroché la première fois ?

  3. Désolé, je ne veux pas défendre spécialement le groupe, dont je ne suis pas fan outre mesure, mais sortir un single comme Century, ne relève pas d’une attitude visant à caresser le public dans le sens du poil, il me semble.  Dans leur cas, pour assoir leur statut d’espoir anglais, il aurait été bien plus simple de sortir un morceau britpop carré avec refrain fédérateur . Ils ont oser qqch d’autre (même si seule la moitié de l’album est aventureuse). C’est plutôt courageux, selon moi. (sans agressivité, je trouve la comparaison avec le dernier Madonna vraiment à la limite du ridicule. Avez-vous seulement entendu le dernier Madonna ?)

    Quant au son soi-disant « lisse », qu’est-ce qui est le plus lisse les grosses guitares radiophoniques compressées des Killers ou de Stereophonic ou les synthés insidieux de ce disque ? J’ai quand même l’impression que Planet Gong s’insurge un peu vite quand un groupe catégorisé rock trahit le Temple et ose vivre à son époque en se faisant produire par un DJ…

    Amicalement (bravo pour ce site tout de même)

  4. sur scène ça donne très très bien.
    mais il manque une touche personnelle, on pense ,à blondie, aux Go-gos, à siouxie sur certains morceaux et, du moins en live, parfois à Joy div puis à killing joke.

    un bon groupe de scène, kate est une super chanteuse, avec une belle présence scénique,
    finalement ttou dépend de ce qu’on attend, c’est du niveau des Rakes, par exemple. C’est déjà pas mal 🙂

Laisser un commentaire