(Curation Records 2025)
Le premier album de Silver Synthetic cochait toutes les cases du disque culte : gavé de tubes au doux fumet sixties, au croisement de la quiétude du Velvet Underground de Loaded (“In The Beginning”) et du rock’n’roll marécageux de Creedence Clearwater Revival (“Around The Bend”), publié sur une maison de disques tenue par des esthètes (Third Man), le disque n’avait, de façon incompréhensible, pas fait grand bruit.
Les concerts français du groupe, souvent ponctués d’une reprise classieuse de “Cinnamon Girl” de Neil Young, témoignaient pourtant du génie du groupe originaire de New Orleans. Un festival de rock ensoleillé où les mélodies de Chris Lyons servaient de rampe de lancement aux solos harrisoniens du guitariste Kunal Prakash.
C’est peu de dire que leur deuxième était attendu, et qu’on nourrissait le fol espoir de voir le groupe tout casser. Au moment où sort ce Rosalie, Silver Synthetic semble toujours aussi sûr de son fait : les mélodies sont limpides, l’enregistrement sans fioritures, façon ligne claire, dans la lignée du premier album (en particulier le premier single “If Yr Gonna Be Happy”), mais il y a comme un air de défaite sur ce disque.
Le groupe n’est plus chez Third Man et les hymnes triomphants ont fait place à des chansons mélancoliques gorgées de pedal steel (“Rosalie”, “Age Of Infamy”). C’est beau, souvent triste, et en réalité franchement magnifique (de “Red Light” à “Right Time”, le groupe impressionne) mais on sent le quatuor comme résigné à sa destinée de groupe pour happy few. On espère vraiment se tromper, car Silver Synthetic mérite d’être connu et reconnu.
Tracklisting
- Age Of Infamy
- Yr Gonna Be Happy *
- Choose A Life *
- Rosalie *
- Red Light
- Cool Blue Night
- Only Time
- Back Home
- Right Time *
- Happy Ever After
- Say The Wrong Word
Vidéos
“Rosalie”
“Cool Blue Night”













