TY SEGALL & MIKAL CRONIN – Reverse Shark Attack Psychedelia in garageland

(Kill Shaman Records 2010)

Attention on déconseille l’écoute au casque de cet album au risque de se percer les tympans. Ty Segall, surdoué  californien du rock DIY et des productions maison saturées, a commencé 2010 avec un album de garage-punk au son si lo-fi qu’il en devient parfois inaudible. Accompagné d’un comparse inconnu au bataillon (il joue dans des groupes dont personne n’a jamais entendu parler, tels que Charlie & The Moonhearts ou Okie Dokie), Ty Segall livre avec Reverse Shark Attack un des albums les plus surprenants du moment.

« I Wear Black » ouvre l’album dans un déluge de larsens et d’écho, érigeant avec fierté un mur de distorsion entre l’auditeur et le duo. Cette ouverture peut déconcerter, et même irriter au point d’inciter à cesser l’écoute. Il serait dommage de bloquer sur le son – certes difficile – de cet album empli de bons morceaux. Une fois l’environnement apprivoisé, Reverse Shark Attack, dévoile ses richesses : « Drop Dead Baby » est un grand morceau de rock’n’roll selon l’idiome Cramps. Les riffs pleuvent, les mélodies efficaces aussi.

Un pastiche des Ramones par ci (« High School »), une saillie à la Jay Reatard par là (« Ramona »)… l’album explose en furie rock’n’roll sur la face A qui s’achève avec brio sur une version apocalyptique de « Take Up Thy Stethoscope And Walk » de Pink Floyd. Si on a l’habitude de voir Segall reprendre des classiques 60s dans ses albums (comme « Dropout Boogie » de Captain Beefheart sur son deuxième opus), on ne s’attendait pas à le voir s’attaquer à Syd Barrett. Le morceau, noisy et déglingué, est sans doute le meilleur hommage qu’on pouvait faire au Floyd de 1967, expérimental et imaginatif.

La face B ne consiste qu’en un seul titre, un morceau de bravoure de dix minutes qui figure parmi ce que Segall a produit de plus enthousiasmant. « Reverse Shark Attack » est un chef d’œuvre de rock garage psychédélique, une odyssée sonore qui s’appuie sur une rythmique souveraine et l’enchevêtrement de plusieurs mélodies. Ouverture groovy, passage acoustique, accélération rock’n’roll, délire mariachi, final noisy : le mini-opéra garage de Segall et Cronin rend l’acquisition de cet album indispensable.

 

 

Tracklisting :

1. I Wear Black *
2. Drop Dead Baby *
3. High School
4. Ramona
5. Doctor Doctor
6. Bikini Babes
7. Take up Thy Stethoscope and Walk *
8. Reverse Shark Attack *

 

Vidéo :

« I Wear Black »

 
« Reverse Shark Attack »
 

 

Vinyle :

La photo de pochette montre les deux musiciens pataugeant dans l’eau et arborant des masques de requins. Parfait.

Ty Segall & Mikal Cronin - Reverse Shark Attack

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

8 Comments

  1. excellent!

    direct et stylé, ça c’est du rock’n’roll! la reprise du floyd est incroyable…

    tourne t’il un peu en France ce garçon ?

  2. A propos de ces Charlie & The Moonhearts cités dans l’article, un LP sort bientôt, et à l’écoute de
    leur myspace ça m’a l’air pas mal du tout. A suivre…

  3. Le LP des Moonhearts (anciennement appelés Charlie & The Moonhearts) est déjà disponible! C’est aussi brillant que Ty Segall mais ça reste très bon!



  4. excellent!

    direct et stylé, ça c’est du rock’n’roll! la reprise du floyd est incroyable…

    tourne t’il un peu en France ce garçon ?

Laisser un commentaire