(Domino 2025)
Sept ans après, Franz Ferdinand fait son grand retour pour le plus grand plaisir des quadragénaires.
La trajectoire de Franz Ferdinand est classique mais remarquable : débuts prometteurs, suivis d’albums à la hauteur, avant une lente érosion de la qualité des disques, avec cette nuance assez importante : le groupe a fait preuve d’un quasi sans faute sur ses quatre premières publications. C’est assez rare et ça mérite d’être salué (ce ne sont pas les Strokes qui pourraient dire autant), tant le groupe est parvenu à réinventer son post-punk dansant durant une quinzaine d’années.
Evidemment, c’était inévitable, Franz Ferdinand avait fini par marquer le pas en 2018 avec Always Ascending, disque confus manquant un peu d’idées et souffrant du départ du fabuleusement funky guitariste rythmique Nick McCarthy. Sept ans après ce coup de mou, la bande d’Alex Kapranos revient avec plus d’allant. La grande nouveauté de cet album, c’est la présence d’Audrey Tait aux fûts, à la place de l’édenté Paul Thomson. Ne restent plus que le bassiste rondouillard (et désormais à chapeau) Bob Hardy et l’emblématique Alex Kapranos du quatuor original.
Dès ses premières secondes, “The Human Fear” montre un groupe qui a retrouvé de son mordant. Mieux, avec “Audacious”, Franz Ferdinand réussit son meilleur morceau depuis des lustres, porté par un riff instantanément mémorable, des couplets superbement tournés et un gros refrain pop. Admirablement arrangé, ce morceau lance l’album de la meilleure des manières. “Night And Day”, avec ses cascades de piano et son refrain gagnant, rappelle à quel point Franz Ferdinand a toujours eu un formidable sens du refrain, et on se réjouit de voir le groupe retrouver sa science du groove sur des titres comme “Cats” (qui rappelle le son du groupe à l’époque de “Ulysses”), “Build It Up” ou “The Birds”.
Parfois, la machine tourne un peu à vide (“Bar Lonely” ou “The Doctor” auraient terminé en face B il y a vingt ans), on a du mal à être convaincu par le sirtaki pataud de “Black Eyelashes” à une époque où saz et bouzouki sont omniprésents dans le spectre psychédélique (n’est pas Altin Gun qui veut). Au final, ce sont les morceaux les moins tapageurs, comme “Tell Me I Should Stay” ou “Everydaydreamer” qui font la richesse de cet album qui n’atteint pas les sommets de jadis mais, même s’il se révèle au final assez léger et inconséquent, semble remettre le groupe sur de bons rails.
Liste des chansons :
- Audacious *
- Everydaydreamer
- The Doctor
- Hooked
- Build It Up *
- Night Or Day
- Tell Me I Should Stay
- Cats *
- Black Eyelashes
- Bar Lonely
- The Birds *
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