SONNY AND THE SUNSETS – Tomorrow Is Alright Brillant !

(Soft Abuse ; 2009)

Cet album à la pochette minimaliste est le premier LP qu’aient sorti Sonny & The Sunsets, groupe de pop mélodique basé à San Francisco. Après avoir été publié en 2009 par le label Soft Abuse, Tomorrow is Alright a été réédité l’année suivante par Fat Possum, qui vient de publier l’excellent deuxième album de Sonny & The Sunsets il y a quelques semaines (Hit After Hit). Pour ce premier disque, Sonny Smith a accueilli dans les Sunsets de nombreux artistes de la ville, dont John Dwyer (Thee Oh Sees) et Tim Cohen (Fresh & Onlys).

S’il faut situer Sonny Smith dans l’histoire du rock’n’roll, nous le placerions volontiers dans la lignée de Jonathan Richman ; lui aussi peuple ses jolies chansons de rêveries naïves et de chœurs enfantins… Côté musical, la plupart des morceaux sont ici conduits par un arpège de guitare acoustique, appuyé par des chœurs doo-wop réjouissants (« Strange Love ») ; le résultat est pour l’auditeur un album désarmant qui s’écoute avec un plaisir non dissimulé (« Planet of Women »). Plus d’une fois sur ce disque, le chant de Sonny Smith est à l’abandon ; ses textes sont remplis de paroles étonnantes, ironiques ou absurdes « It’s hard living on the planet of women » (« Planet of Women »), voire désabusées  « I would buy you lots of stuff until you had way too much » (« Stranded »). Un peu plus loin, « Chapters » est une chanson à la rythmique entraînante, qui incite à dodeliner de la tête en suivant la frappe de batterie et les claquements de mains, où des chœurs optimistes laissent la place à un couplet siffloté. Comme son titre l’indique, Tomorrow Is Alright est un disque positif, dont la simplicité ne doit pas faire oublier la qualité.

L’ensemble paraît se dérégler un peu sur « Bad Vibes & Evil Thoughts », chanson plus clairement influencée par les groupes garage-psyché contemporains de la ville. De fait, la face B est plus hétérogène : « Love among social animals » possède une structure proche de celle de « Sweet Jane », et la dernière chanson du disque, « Lovin’ on an old gal » rappelle également beaucoup le groupe de Lou Reed, mais sans prétention aucune et sans l’attitude pseudo-intellectualiste qui caractérise souvent les New-Yorkais du Velvet Underground.

Sonny & The Sunsets rend ainsi hommage à leurs influences, en se situant dans une perspective éminemment plus saine : enregistré par des artistes qui aiment la musique pour des gens qui aiment la musique, ce disque est une réussite. Ce premier album possède le même charme que les productions de l’extravagant Jonathan Richman : on retrouve chez Sonny & The Sunsets la même nonchalance revendiquée, un vrai talent d’écriture pour composer des morceaux à la mélodie délicate ; une certaine idée de l’élégance rock’n’roll, loin des poses habituelles.

  

 

Liste des chansons : 

  1. Too young to burn *
  2. Death Cream
  3. Strange Love
  4. Planet of Women *
  5. The Houris
  6. Stranded
  7. Bad Vibes & Evil Thoughts *
  8. Chapters *
  9. Love among social animals
  10. Lovin’ on an older gal

Sonny & The Sunsets sur MySpace : www.myspace.com/sonnythesunsets

 

Vidéos :

« Too Young To Burn »

 
« Death Cream »
 
 

Rémi

Rédacteur amiral, plombier polonais, dépoussiéreur d'étagères, objectivité totale.

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