DRUGDEALER – Raw Honey

L'art de la chose bien faite

(Mexican Summer 2019)

Après un premier album qui avait pris les amateurs de pop classieuse par surprise en 2016 (The End Of Comedy), le deuxième album de Drugdealer était très attendu.

Et le moustachu Californien Michael Collins — à ne pas confondre avec son homonyme Mike Collins des Gories — n’a pas déçu, proposant avec Raw Honey un florilège de chansons pop à l’emballage vintage, un pied dans les années soixante d’Harry Nilsson, flirtant par moments avec la powerpop de Badfinger et — attention, gros mot — le soft rock.

Dans cette entité qui tient plus du faux projet solo à dimension variable que du véritable groupe, une des grandes forces de Collins est de savoir s’entourer de collaborateurs doués (comme l’homme à tout faire Benjamin Schwab, aussi leader du formidable projet folk psyché Sylvie, ou le guitariste solo Michael Long qui illumine l’album de son jeu épuré) et d’invités de prestige.

C’est apparent très rapidement à l’écoute de l’album quand, après l’intro instrumentale “You’re Got To Be Kidding”, sur laquelle dialoguent un clavecin et un violon, l’album enchaîne sur la mélancolique “Honey”, où Natalie Mering (alias Weyes Blood) chante avec l’élégance qu’on lui connaît. Sur ce titre, les harmonies divines assurés par les frères D’Addario des Lemon Twigs envoient le morceau dans la stratosphère. On retrouve à nouveau Brian, l’aîné des frangins, aux choeurs et au piano sur “Lonely”, qui sonne comme si le Steely Dan période “Can’t Buy A Thrill” avait demandé à Ringo Starr de venir faire un guest. Enfin, sur la ballade “Wild Motion”, aux déchirantes guitares harrisonniennes, c’est le crooner country Dougie Poole qui vient poser sa voix chaleureuse.

Au delà de ces interventions magnifiques de mélomanes qui apprécient l’art de la chose bien faite, le génie de Drugdealer réside dans un songwriting inspiré, à la hauteur des ambitions de Collins, et cette sensation d’écouter ici le best of d’un groupe de la fin des années 60, hit after hit, et de s’émerveiller que le 21e siècle puisse encore nous proposer des morceaux aussi magnifiques que “Fools”.

 

Tracklisting

  1. You’ve Got To Be Kidding
  2. Honey
  3. Lonely
  4. Lost In My Dream
  5. Fools
  6. If You Don’t Know Now, You Never Will
  7. Wild Motion
  8. London Nightmare
  9. Ending On A Hi Note

 

Vidéos

“Fools”

“Honey”

 

 

 

 

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