The WOMBATS – A Guide To Love, Loss And Desperation Let's dance

(14th Floor  2007)

Entre Klaxons et We Are Scientists, entre Bloc Party et Futureheads  le son des Wombats est assez typique de ce qui se fait actuellement dans le genre punk/new-wave dans les pays anglo-saxons (leur album commence d’ailleurs avec un morceau a capella un peu de la même façon que le premier Futureheads).

Les Wombats ne brillent pas par leur originalité, on ne peut pas dire que leur musique possède une grande personnalité… mais ces trois lascars ont assez d’énergie et de conviction pour susciter l’adhésion. Comme d’habitude dans ce genre de musique bondissante, c’est le bassiste qui se taille la part du lion. « Moving To New York » possède une ligne de 4-cordes qui guide le morceau du début à la fin et met en relief la mélodie. La formule des Wombats est assez classique : la basse fait le boulot sur les couplets, les refrains hymniques sont chantés en chœur et se retiennent dès la première écoute. La formule est utilisée jusqu’à l’écoeurement mais fonctionne sans trop lasser sur les 45 minutes de l’album. Il en résulte des bons morceaux comme « Moving To New York », « Backfire At The Disco » ou encore le tube du groupe « Let’s Dance To Joy Division » qui possède un groove irrésistible et une mélodie proche de la perfection.

De temps en temps le truc tourne un peu à vide (« Lost In The Post », « Sweet Louise », « Patricia The Stripper ») et le chanteur, dont le timbre évoque Robert Smith, a tendance parfois à trop privilégier le verbe et les braillements au rock’n’roll. On lui pardonne, car ses textes, plutôt bons (comme ce magnifique « I’ve met someone that makes me feel seasick » dans « Kill The Director ») donnent de l’épaisseur à ce A Guide To Love, Loss And Desperation. Si on aime cet album, c’est autant pour son énergie que pour ses textes tantôt drôles, mélancoliques ou corrosifs.

Un des traits particuliers des Wombats, qui fait plaisir à tous les amateurs de powerpop sucrée, sont ces woo-hoo qu’ils entonnent sur la moitié de leurs morceaux, et qui les placent dans la grande lignée de woo-hoo-istes notoires tels les Who (« Happy Jack », « Out In The Streets », « Can’t Explain ») et Supergrass (« Caught By The Fuzz », « Never Done Nothing Like That Before »). Des pièces telles que « Kill The Director » et « Lost In The Post » font beaucoup de bien à cette pratique qui avait besoin d’être réhabilitée. Un bon point pour eux. Il ne faut jamais renier sa face pop.

Dans le même registre, citons « Here Comes The Anxiety », qui commence par l’annonce « I’d say that this is the darkest song that ever wrote/ no hint of a smile or the usually quirky anecdote » et fait le lien entre la new wave estampillée 2000s du groupe et la pop anglaise de grande tradition. On n’est pas loin de Blur ou des Kooks, un vrai modèle de pop-song immédiate. C’est là l’atout des Wombats dans ce premier album très prometteur : ils sont un groupe pop qui s’amusent à jouer aux punks. Leur aptitude à écrire des chansons bien ficelées et à les interpréter avec beaucoup d’énergie pourrait les mener très haut.

 

 

Tracklisting :

1. Tales of Girls, Boys and Marsupials
2. Kill the Director  *
3. Moving to New York  *
4. Lost in the Post
5. Party in a Forest (Where’s Laura?)
6. School Uniforms
7. Here Comes the Anxiety  *
8. Let’s Dance to Joy Division  *
9. Backfire at the Disco
10. Little Miss Pipedream
11. Dr. Suzanne Mattox PHD
12. Patricia the Stripper
13. My First Wedding

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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