ADAM GREEN. Live in London Camden Koko, Londres ; Samedi 18 Fevrier 2006

 

Jamais a court d’idées, Carl Barat a eu la brillante idée d’organiser l’after-show des Strokes, de passage a Londres la semaine derniere, lors de sa soiree thematique Bright Young Things. On a ainsi eu droit de 20h a 3h du matin a plusieurs concerts inspires, a commencer par la tete d’affiche de la soiree, le fantasque et genial Adam Green.

Parlons d’abord des premieres parties qui furent vraiment excellentes. Premier groupe a s’executer ce soir, The Vitamins ont eu le malheur de jouer devant une sale desertique (qui sort en boite a 20h de nos jours?). On a aime le son garage-rock de ce combo mene par une chanteuse a la robe a pois et a la voix intrigante. Les Yeah Yeah Yeahs ont fait des emules… Le groupe suivant, The View (quatre gamins de Dundee en Ecosse) nous ont fait la plus grosse impression de la soiree. Encore un groupe traumatise par les Libertines, certes, mais quelle energie! Les chansons se sifflotent des la premiere ecoute, la fraicheur et la candeur du groupe nous a rendu ces jeunes gens immediatement sympathiques. Oscillant entre punk et ska-folk facon The Coral, ce groupe possede de nombreux atouts dans sa manche et confirme le retour du folk-rock enerve dans la jeune scene britannique – avec The Kooks, The Holloways et The Rifles notamment.

Le dernier groupe a preceder celui que tous attendaient fut Metro Riots qui ont fait bonne figure avec leur blues-rock agressif et leur chanteur desabuse. Les premieres parties furent a la hauteur ce soir.

Quand Adam Green arriva sur scene, il apparut assez rapidement qu’il n’avait pas bu que de l’eau entre Hammersmith (ou il avait ouvert pour les Strokes) et Camden. Apres avoir ouvert sur “My Shadow Tags On Behind” tire de son premier album solo (Garfield), il repondit a la demande du public qui insistait pour entendre “No Legs” – chanson dans laquelle il explique qu’ »il n’y a pas de mauvaises facons de faire l’amour avec une fille sans jambes”. Quand il se lanca dans le morceau sans remarquer le capot pose sur le cinquieme fret de sa guitare, ses  musiciens lui firent vite remarquer qu’il n’etait pas dans la bonne clef et qu’il jouait n’importe quoi. Reaction de l’interesse : “You mean all these years I’ve been playing the wrong chords?”. On a alors espere ne pas le voir tenter de faire le poirier comme il le fait parfois. 

Une fois qu’il a laisse les Gnomes jouer, le set fut impeccable. Adam a execute son improbable danse (qu’il qualifie lui-meme de “gay dancing”) sur “Choke On A Cock”, “Crackhouse Blues”, “Friends Of Mine”, “Emily”, “Down On The Street”, « Over The Sunrise » en prenant toujours plus de poses de crooner. Sur le cote de la scene, on pouvait distinguer Gary Powell, batteur des Libertines (et de Dirty Pretty Things aujourd’hui) chanter de facon extatique a la facon des groupies. Pas loin de lui, un autre ex-Libertines attirait les regards, Carl Barat evidemment.

Quand ce dernier est monte sur scene avec ses bonnes joues et son ventre a biere, le public n’a pas eu la reaction de folie qu’on pouvait imaginer. Le bon Carl ne beneficie pas de la meme cote aupres de la jeunesse londonienne que son glamour ex-comparse des Libertines. Cela confirme ce qu’on pensait : tous ces jeunes fanatiques qui hurlent pendant une heure aux concerts de Babyshambles le font pour les mauvaises raisons (ils venerent l’icone trash des tabloids et non la musique –  plusieurs pretendant meme dans les forums preferer l’album de Babyshambles a ceux des Libertines, on croit rever devant autant d’autopersuasion).

Adam Green et Carl Barat ont joue “Who’s Got The Crack” des Moldy Peaches (que les Libertines ont repris dans les Babyshambles Sessions) et surtout “What A Waster” qui fut le grand moment de la soiree… cette fois-ci le public a repondu avec enthousiasme devant l’evidente magie du moment. Pendant la premiere de ces deux chansons, on a entendu des gens repondre « we’ve got the spoons! » avant de lancer des cuillers sur scene. La reponse flegmatique du chanteur ne se fit pas attendre : « thanks, now I need a lighter ». On ne va pas s’etaler la dessus…

Carlos parti, Adam Green et ses musicians ont joue « Gemstones » et le nouveau single « Nat King Cole » avant de quitter la scene après moins d’une heure de spectacle (il faut dire qu’il etait deja 1h30), sans faire de rappel. Pas de “Jessica » ni de “Dance With Me” ce soir, petite deception.

Le dernier sursaut de la soiree fut ensuite cause par l’arrivee des Strokes dans les lieux, plus ou moins incognito – gros bonnets sur la tete et lunettes de soleil –, directement vers l’espace VIP. Bof.

Le concert fut court et un peu chaotique mais la qualite des premieres parties (The View sont vraiment tres bons) et l’arrivee impromptue de Carl Barat sur scene ont rendu la soiree speciale. Quant a Adam Green, cet artiste est  au sommet en ce moment et semble touche par la grace. On attend avec impatience Jacket Full Of Danger qui sort bientot.

photo : Andrew Kendall

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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