THE REVELLIONS – Give It Time Métamorphose

(Dirty Water 2014) 

On avait perdu la trace des fabuleux Revellions après leur étonnant single « Sighs » en 2012. La rumeur voulait qu’ils avaient splitté, ce qui était tout de même sacrément dommage. Leur premier album nous avait, certes, un peu laissé sur notre faim, mais le groupe était incroyable à voir en concert. C’est avec une certaine joie teintée de surprise que nous est parvenue la nouvelle de leur grand retour et qu’on accueille ce mois-ci le deuxième album du groupe, sorti un peu de nulle part.

Avec leurs cuivres mariachi qui ensoleillent la plupart des morceaux de l’album et leur nouvelle approche plus west coast que véritablement garage, The Revellions ne sont plus le même groupe qu’en 2009. A l’époque, le groupe proposait une version fougueuse du rock garage sixties de Paul Revere & The Raiders, avec fuzz et Farfisa au premier plan, selon l’école Fuzztones. Aujourd’hui, The Revellions sont toujours bloqués sur la même décennie mais proposent une musique plus calme, plus californienne. Avec ses cuivres et ses guitares folk, « Sighs » évoque le Love de « Maybe The People Would Be The Times Or Between Clark & Hilldale » (période Forever Changes), on pense à The Doors sur « Somewhere In Between », et « Don’t Wait For Me » sonne comme un inédit du Sir Douglas Quintet. S’il fallait citer un groupe contemporain auquel comparer les Revellions, c’est (à notre grand étonnement) qu’on choisirait The Coral. « Somewhere In Between » pourrait être écrit par James Skelly, et certains morceaux aux relents country-rock (comme l’étonnant pastiche de Johnny Cash « Strung Out Bad »), sont dans la veine des liverpuldiens.

Cette métamorphose se double d’un certain sens de la mise en scène. Doté d’une armada d’instruments symphoniques (section de cuivres, violons), le groupe tente quelques morceaux de bravoure avec forte dramaturgie (ambiance apocalyptique, chant déchirant, chœurs appuyés). Un premier aperçu est donné avec « Give It Time » qui propose cinq minutes de furia psychédélique à la C.A. Quintet. « Drop », ultime morceau, achève l’album dans un décor morriconien. C’est ambitieux, un peu maladroit par moments, mais on prend beaucoup de plaisir à l’écoute de ces morceaux.

Dans l’ensemble, « Give It Time  » est une réussite. Quand on connait dans quelles conditions le groupe a enregistré cet album – entre allées et venues de membres du groupe –, on ne peut qu’admirer la foi de ces mecs, et saluer le fait qu’ils ont réussi à produire un album cohérent. La mutation des Revellions chagrinera sans doute les amateurs de garage pur jus (qui pleuraient déjà la défection des Urges dans une direction similaire), mais peu nous importe : on les croyait morts il y a peu, et leur résurrection s’accompagne d’une poignée de bons morceaux. On prend.

 

 

Tracklisting

1. Bitter & Twisted *
2. Sighs *
3. Don’t Wait For Me *
4. Give It Time
5. In Vino Veratas
6. Somewhere In Between
7. Strung Out Bad
8. The Waltz
9. Drip *

 

Vidéos : 

 « Sighs »

Vidéo promo de l’album

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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