DYLAN SHEARER – Porchpuddles Vegetable man

(Empty Cellar 2012)

Au premier abord le nom ne laisse pas indifférent. Dylan Shearer. Le carambolage d’image provoqué par l’association du nom du plus grand songwriter de tous les temps et de celui d’un footballeur britannique au front solide est plutôt amusant. Avec un tel blaze, c’est sûr qu’on n’est pas prêt d’oublier le nom de cet artiste (ou alors on s’emmêlera les neurones avec les trop méconnus Donovan Rummenigge et Lennon Valderrama).

Dylan Shearer donc est un de ces nombreux musiciens qu’on a découvert via les conseils de nos copains de chez Raw Power Mag. Son truc à Shearer, c’est le folk, versant acide. Manifestement l’artiste a beaucoup écouté Syd Barrett dans sa vie. La filiation est apparente dès les premiers accords de « Afterwhile », chanson quelque peu ensuquée qui évoque « Wined And Dined » du flutiste aux portes de l’aube. Un arpège simple, un chant détaché, presque désintéressé, et on retrouve cette ambiance de folk somnolent qu’on aime dans l’œuvre solo de Barrett.

Ce qui est amusant, ce qu’à ainsi singer l’œuvre de l’ex-leader de Pink Floyd, Shearer finit par sonner comme un des nombreux émules de l’idole. Un titre tel que « Vacancies » rappelle ainsi les morceaux de Graham Coxon période The Sky Is Too High, à l’époque où la fixation du guitariste de Blur sur Barrett était la plus sensible dans son œuvre personnelle. Tout cela sonne extrêmement bien néanmoins, surtout lorsque les mélodies sont bien tissées. Ce n’est malheureusement pas toujours le cas sur cet album où le chant atone de Shearer peut lasser. C’est particulièrement vrai sur « Where I’ve Gone », qui plombe un peu la face A de l’album. Parfois il chante de façon tellement léthargique qu’on a plusieurs fois l’impression que les choses vont s’arrêter en milieu de morceau (on pense là à « Tardy Party », qui sonne comme une reprise sous tranxène de « Tired Of Waiting For You »). 

Shearer multiplie les suites d’accords étranges et cultive le côté brouillon de ses chansons. Quand de temps en temps une belle mélodie vient scintiller au milieu de cet univers délavé, la musique devient sublime. « Cutting Through », qui possède un je-ne-sais-quoi de Kevin Ayers en est l’illustration. « Walked Away », qui vient éclairer la fin d’album de sa splendeur, en est un autre exemple. Cet équilibre ténu entre ses tentatives mélodiques et son interprétation affectée – faussement désintéressée – fait de Dylan Shearer un artiste qui intrigue. Est-il aussi dérangé que ses modèles ? Est-il un faussaire doué ? Quoi qu’il en soit, son album est tout à fait passionnant.

 

 

Tracklisting :

  1. Afterwhile *
  2. Vacancies
  3. Tardy Party
  4. Where I’ve Gone
  5. That’s All Folks
  6. Cutting Through *
  7. Already, Alright
  8. Quartz Trails
  9. Lostlore (Tinsel Mines)
  10. Walked Away *

 L’album est en écoute via Bandcamp :

 

 

 Vidéo :

« Tardy Party »

 

Vinyle :

Dylan Shearer - Porchpuddles

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

7 Comments

  1. Ah ah ah, faut pas, ça m’a au moins occupé et fait marrer pendant la moitié d’un long voyage en voiture!

     

    Avec Donovan, t’avais l’alternative Donovan Bommel, aussi.

     

    Sinon, j’aime beaucoup Davies Keane, un chanteur vieillissant mais gouailleur.

     

    Sans oublier Johnny Vairelles.

  2. Pour une fois que je fais découvrir quelquechose  Planetgong

    sinon si même lui le dit :

    « There is a new specter among us. Dylan Shearer‘s throaty baritone seems to have been borne on the slow-moving winds off some far-away coast.
    Plaintive and honest, his voice recalls Syd Barrett, Bill Fay, Skip Spence, and others whose words and melodies never seemed in a rush to get anywhere, yet always arrived fully
    formed in the listener’s ear nonetheless. Porchpuddles, Shearer‘s second full length and first for San Francisco’s hodge-podge Empty Cellar records, is rare in
    its perfect timelessness. Sounds are heard and understood perfectly, yet the combination of these sounds is beyond a simple pop understanding. Songs of longing and songs of seeming indifference
    are bedded together seamlessly. Perhaps, questions about the record’s origin and its mysterious creator will abound, for taken at face value, Porchpuddles has little to no recognizable
    counterpart in today’s one-hit warehouse. Indeed, there is a new specter among us; let us all welcome in the ghost of the present. » – Tim Cohen

  3. vous avez fini de vous câliner tous les deux ?

     

    marrant mais le rapprochement avec Barrett ne pas semblé si éclatant, il manque une certaine flamboyance « baroque »,

    sinon, ce disque est parfait pour la sieste estival, et c’est un compliment ! j’aime beaucoup. (les trois premiers morceaux sont sublimes)

  4. ah mais je dis pas que l’influence n’est pas là, je dis juste qu’à première écoute c’est pas le truc qui m’est venu spontanément…

    bon on se câline ?

  5. Superbe album, dans la veine mélancolique éthérée, et comme dit un barbu de mes amis: « La mélancolie, moi, ça me parle ». La parenté avec Barrett est évidente, mais la voix m’évoque quelqu’un
    d’autre et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Et non, ce n’est pas Barbara.

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