THE MAGIC NUMBERS – Those The Brokes Flop

(Heavenly 2006)

Les Magic Numbers, une des bonnes surprises pop-rock qu’avait procuré l’année 2005, reviennent avec un deuxième album qui arrive plus tôt qu’on ne s’y attendait. Précipitation? La première écoute n’est guère enthousiasmante. Hormis quelques ballades folk-rock emballantes, l’album a l’air de reposer sur des formules éculées et un grand nombre de chansons lentes à volonté « introspective » qui alourdissent l’album et invitent à pousser la touche forward de la télécommande.

On se souvient avoir mis du temps à rentrer dans l’excellent premier album – il avait fallu qu’on les voie en concert pour avoir une révélation. On est bien décidé à leur donner leur chance; si la récompense est la même que la première fois, on est prêt à l’écouter autant de fois qu’il faudra pour l’adorer jusqu’à en être fou. Après des semaines où on fait tourner le disque dans diverses situations, dans des états d’humeurs différents, on a pu établir un verdict impitoyable : les Magic Numbers n’ont pas su, avec Those The Brokes, rééditer le petit miracle de leur premier album.

Le début d’album est très bon, pourtant. Les chansons, rythmées, frappent par leur imédiateté. « This Is A Song » plaît car elle nous replonge de manière idéale dans l’univers familier du groupe avec entrain. La mélodie est emballante, on retrouve un pont à base de chœurs feutrés dans le genre de « Mornings Eleven » du premier album, la marque de fabrique des Magic Numbers est partout sur ce morceau.

Le soufflé retombe rapidement avec la mélodie poussive de « You Never Had It » mais les choses repartent rapidement avec « Take A Chance », premier single et meilleur morceau de l’album. Une chanson pop pleine de conviction qui possède une ligne de basse inspirée et, une fois de plus, des chœurs magnifiques : ce que les Magic Numbers savent faire de mieux. La ballade folk qui lui succède, « Carl’s Song », est elle aussi magnifique, délicate et mélodique. On ne sait pas à ce moment là qu’on atteint le sommet de l’album et que celui-ci va s’embourber méchamment dans une pop larmoyante et laborieuse.

« Boy » sonne, au mieux, comme du Paul McCartney des mauvais jours et surnage grâce à son final au violon valsé. Le groupe s’égare ensuite dans une soul peu inspirée taillée pour les radios FM avec « Undecided ». Cette chanson, qui démarre admirablement bien, avec un groove solide et une mélodie agréable, s’égare inexplicablement à l’arrivée du refrain, sans saveur ni accroche.

On entre véritablement dans le ventre mou de l’album avec la bien nommée « Slow Down », berceuse insipide qui incite au sommeil et au zapping. « Most Of The Time » continue dans le même registre soporifique, avant l’acoustique et triste « Take Me Or Leave Me » chantée par la vocaliste Angela Gannon puis la très lente « Let Somebody In ».

Après ces 20 minutes interminables, on reçoit un électrochoc avec la splendide « Running Out » où on retrouve avec plaisir le groupe que l’on aime. Pourquoi a-t-on dû subir tant de ballades mornes et quasi-identiques pour avoir droit à un bon morceau? On se dit alors que l’album va redémarrer… c’est sans compter sur Roméo Stoddart qui se prend pour un chanteur soul sur « All I See » et nous ramène dans le territoire plat des chansons précédentes. L’album s’achève ensuite sur « Goodnight », qui possède une vraie mélodie et limite la casse sur la fin.

Indiscutablement, Those The Brokes possède les défauts de son prédecesseur sans les qualités. On avait déjà noté que le premier album des Magic Numbers se tassait sur les derniers morceaux. On ne retrouve plus ces chansons tendues sur un fil de The Magic Numbers, de ces moments magnifiques suspendus dans le temps.

Le groupe a-t-il voulu sortir cet album trop vite? Il ne suffit pas d’avoir une grande quantité de chansons pour faire un bon album. La moitié de la galette ici est du remplissage qui aurait mieux fait de finir en face B ou à la poubelle. Les Magic Numbers ont perdu leur dynamique en plombant leur album de ballades pesantes qui ne fonctionnent pas. L’ordre des pistes semble d’ailleurs absurde à ce propos. Quel était l’effet recherché par cette succession de chansons saoulantes en plein milieu d’album? Les Magic Numbers n’ont-ils vraiment que ça en magasin? Une grosse déception.

  

 

Tracklisting :

1 This is a song   *
2 You never had it
3 Take a chance   *
4 Carl’s song
5 Boy
6 Undecided
7 Slow down (the way it goes)
8 Most of the time
9 Take me or leave me
10 Let somebody in
11 Runnin out   *
12 All I see
13 Goodnight

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

2 Comments

  1. Je n’ai pas reussi à me faire une idée franche..faut dire qu’avec une écoute chrono chez les mégas disquaires, c’est pas top !
    Ils passent à Tourcoing fin janvier, et comme je recherche toujours du Live à me mettre sous la dent..mais faut aussi que cela me fasse vibrer !
    Du coup je suis sceptique …que faire ?

  2. ben moi si je puis me permettre, je les ai vu en angleterre au V festival cet été.
    Et bien et bien… j’ai pas été super emballée par le groupe… c’est sympatique mais voilà, pas de quoi décoiffer un chauve… c clair qu’ilsaiment la scène et tu sens qu’ils s’éclatent…
    M’enfin ça doit dépendre des filles…. et du mec qui les accompagnent…
    😉

    voilààààààààààà
    @+
    (8D)

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