THE MAGIC NUMBERS – The Magic Numbers It's summertime...

(Heavenly 2005)

Le premier album des Magic Numbers fut la bande-son parfaite de l’été 2005. Leur musique, ensoleillée et enjouée, est de celles qui redonnent le sourire dans les moments difficiles. Le « quatuor le plus gras du rock » comme l’a très maladroitement surnommé un animateur de Top Of The Pops (ils ont quitté le plateau sur le champ…) évoque autant Abba et les Mamas & The Papas (pour les choeurs féminins et la mixité du groupe) que les groupes folk-rock américains des seventies (CSN, Canned Heat, America entre autres). Comme beaucoup de leurs compatriotes, les anglais des Magic Numbers ont la tête tournée vers l’ouest, le cerveau branché sur les précieux 33 tours de leurs hippies de parents.

A vrai dire, l’album ne se livre pas dès les premières écoutes. On trouve l’album « sympa », on se dit qu’on va l’écouter sur la route des vacances d’une oreille distraite… Et puis par hasard, on les voit en concert et on prend une claque hénaurme. On connaît toutes les chansons qui, on ne sait comment, se sont subrepticement infiltrées dans notre encéphale. L’énergie du groupe est communicative au point qu’on est transporté dans un état de bonheur niais… et on aime ça. La force du groupe et de son leader Roméo – le mal-nommé, il parle de ses déceptions amoureuses tout au long de l’album – demeure dans la construction de chansons-édifices à la structure alambiquée, peaufinées à l’extrême et frappantes de perfection. Une chanson comme « Morning Eleven » ne s’explique pas, elle se vit. Lorsqu’après une intro emballée, le groupe freine en pleine accélération et touche les cieux grâce aux choeurs hallucinants des filles du groupe, on est transportés autre part.

A peine remis de cette émotion, le groupe envoie le single « Forever Lost » qui emeut autant qu’il donne envie de danser. La sunshine pop des Magic Numbers est empreinte d’une nostalgie et d’une puissance émotionnelle qui ne cantonne pas le groupe à l’image de faiseur de « feel good hit of the summer » qu’on aimerait le donner. Les chansons lentes comme « The Mule », « I See You You See Me », magnifiques, le confirment. Par ailleurs, quand le tempo monte, le groupe démontre qu’il n’a rien à envier aux Kings Of Leon et autres Strokes. « Love Me Like You » navigue dans les mêmes eaux surf-rock que « Soma » des new-yorkais avant de muer en odyssée folk-rock de cinq minutes. Bluffant. Quant à « Long Legs », la fratrie de Nashville ferait bien de s’en inspirer pour le successeur du mol Aha Shake Heartbreak. Ces deux morceau enlevés démontrent la dextérité des membres du groupe, notamment la fratrie Romeo/Michele qui font à peu près ce qu’ils veulent de leur instrument (guitare et basse respectivement).

Chansons parfaites, jouées par un groupe doué, chantées par des interprètes inspirés… Tout est magique ici. On leur pardonne une fin d’album inégale, ils sont jeunes et bourrés de talent. Album de l’été.

 

 

Tracklisting : 

1. Mornings Eleven  *
2. Forever Lost
3. The Mule
4. Long Legs  *
5. Love Me Like You  *
6. Which Way To Happy
7. I See You, You See Me
8. Don’t Give Up The Fight
9. This Love
10. Wheels On Fire
11. Love is A Game
12. Try

L’album en écoute sur Deezer : http://www.deezer.com/en/#music/the-magic-numbers/the-magic-numbers-303029

 

Vidéos :

« Forever Lost »

 

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

1 Comment

  1. Grand album de la part de ces quatre nounours.
    « I see you, you see me » est une des chansons de l’année.
    Pas de blousons en cuir, pas un groupe de poseurs, juste un album qui se déguste, et qu’on savoure.
    Bravo à eux.

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