THE PADDINGTONS – First comes first Motherfuckers from Hull

(Vertigo 2005)

La flamme des Libertines brûle encore, et c’est un groupe venu de Hull qui la maintient en vie. Si l’attitude et les morceaux de ce premier album rafraîchissant doivent beaucoup au quatuor de l’est de Londres, les Paddingtons ne sont pas pour autant de vulgaires copistes. First Comes First n’est pas un ersatz de Up The Bracket

Plein d’énergie et de style, cet album réussit à donner au groupe une identité propre, dans la continuité des Libertines certes, mais genre leader de la deuxième vague. Les Paddingtons se placent en héritiers – geste approuvé à la fois par Pete Doherty et Carl Barât – et perpétuent un état d’esprit et un genre musical mis à mal depuis la disparition de son groupe phare.

A vrai dire, on aurait préféré que Down In Albion de Babyshambles ressemble à ce First Comes First solide, énervé et crade. Le punk des Paddingtons est une vraie bouffée d’oxygène dans une Angleterre où seuls les groupes art-rock et les polos à rayures ont droit de cité. Attention, les vestes en cuir et les jeans troués n’ont pas dit leur dernier mot…

Dès l’excellent morceau d’ouverture « Same Old Girl » on sait qu’on va aimer cet album au format parfait : une demi-heure de musique exécutée pied au plancher. Sans jamais tomber dans la crétinerie, le groupe envoie des hymnes braillés et des refrains fédérateurs. « First Comes First », « Tommy’s Disease », « Sorry » et surtout « Panic Attack » sont des morceaux brillants qui peuvent mettre une foule en transe.

Incroyablement, ce sont les singles qui accrochent le moins. « 50 To A £ » et « 21 » sont des morceaux assez quelconques. Par ailleurs, on peut reprocher au groupe son manque de variété. Il possède une formule et s’y tient jusqu’à l’écoeurement. Le sentiment de répétition frappe surtout dans les morceaux les moins inspirés comme les singles justement cités avant, « Loser » ou « Alright In The Morning » que même un final reggae ne parvient pas à faire décoller.

Evidemment, on pense à « Don’t Look Back Into The Sun » en écoutant « Worse For Wear », on pense à « Can’t Stand Me Now » pendant « 50 To A £ » et beaucoup aux Libertines tout au long de ce disque qui a du mal à se défaire de leur ombre… mais admettons l’implacable réalité : au gré de nos écoutes quotidiennes on revient souvent à cet album qui respire la fraîcheur et la sincérité. Mieux : on trouve First Comes First meilleur à chaque fois.

Le groupe possède d’ailleurs en Tom Atkins un leader charismatique a la voix gouailleuse qui se prend pour un mannequin – il a défilé pour Hedi Slimane -, une diva comme on les aime, un poster boy parfait. Oh, et puis les Paddingtons viennent de Hull, et pour cela uniquement, ils méritent toute notre sympathie.

 

 

Tracklisting :

1. Some Old Girl *
2. First Comes First
3. 50 To A £
4. Worse For Wear
5. Loser
6. Panic Attack *
7. Tommy’s Disease
8. Stop Breathing
9. Alright in the Morning
10. 21
11. Sorry *

 

Vidéos :

« Panic Attack »

 
« Sorry »
 
 
« 50 to a £ »
 

 

Vinyle :

Eric

Rédacteur en chef, webmonstre, tête de veau, suiveur de modes, mauvaise foi.

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